Interview avec Bravo, Ecrivain-poète : « L'écriture m'a sauvé et fait éviter le pire »

La rédaction 30 août 2022

MABOUDOU Abdou Rahim alias Bravo est un jeune écrivain, poète et promoteur culturel. Il s’essaie à la poésie moderne et au Slam. A travers cette interview, il nous parle de son recueil "Dr Li" et de comment est née cette aventure.

Pourquoi vous avez opté pour le pseudonyme “Bravo” ?
C’est un surnom tiré du ” Manuscrit Chancelor” un polar écrit par le célèbre Robert Ludlum où un groupe (Inverbrass) d’agents secrets sont engagés pour mettre la main sur l’assassin du directeur du Fbi Edgard Hoover. Bravo est l’un de ces agents. Je dois ce surnom à Eudorès Rodolphe Cakpo alias Génèse (hommage vivant et vibrant à mon frère), grâce à qui j’ai découvert ce roman et par ricochet, le fameux agent secret Bravo. Donc, en clair, depuis 2008, classe de 4ème, je portais déjà ce surnom. Il s’est imposé à moi avec le temps comme une quête perpétuelle de l’excellence, de la perfection et des ovations. Bravo sort d’un livre pour prendre corps et sortir des livres.

Vous allez lancer dans quelques jours votre nouveau livre. Que doit-on en savoir ?
Oui, je lance le 10 septembre mon second ouvrage. Ce qu’il faut savoir est que ce sera à la bibliothèque Bénin excellence de Godomey à 15h. L’œuvre est intitulée "Dr.Li". C’est de la poésie.

Vous vous êtes lancé en tant qu’écrivain avec la poésie. Pourquoi êtes-vous resté dans le même sillage avec ce nouveau livre ?
Je pense que c’est beaucoup plus pour confirmer mon titre de poète.

Pourquoi le titre Dr Li ?
Dr.Li est le surnom d’une femme qu’un jeune homme a aimé éperdument. C’est leur histoire qui est retracé du début jusqu’à la fin mais en des poèmes.

Votre premier livre le chant des vers avait sa couverture inspirée d’un tableau de l’artiste Paterne Dokou. Aujourd’hui, la couverture de ce nouveau livre est inspirée d’un tableau aussi. Qu’est-ce qui justifie ce choix ?
J’ai toujours rêvé d’être artiste plasticien, peintre. Et puis, plus loin, je suis facilement emporté par les tableaux. J’adore la peinture. A défaut de l’être, je préfère encourager ceux qui le sont, ceux qui gagnent leur vie avec. J’aime les collaborations jeunes. Et puis, je veux que cela reste comme ma signature d’écrivain.

Votre couverture est dominée par le blanc. Pourquoi ce choix ?
C’est le signe de ma perpétuelle quête de quiétude, de paix.

Combien de parties comportent le livre ?
Le livre fait 82 pages et est subdivisé en 4 chapitres : - Murmures de muse , C’est 7h du matin , Goumin ( ou l’être à la Nuit) et Na siara !

Quels sont vos modèles en matière d’écriture ?
A vrai dire, je n’en ai pas. Et si je dois essayer de répondre, je dirai que mon modèle c’est la vie, la nature et tout le bazar de notre quotidien de vie.

Comment arrivez-vous à impacter les gens à travers vos œuvres ?
Grosse question. Rires. Je vends mes œuvres. Je les déclame aussi afin de leur donner de la voix. Tout ceci peut se faire à travers des soirées dédicaces, des causeries littéraires etc...

Quelle est l’histoire derrière votre passion pour l’écriture ?
Je perdais la mémoire en 2018 suite à un accident où j’ai eu un choc à la tête. Les médicaments n’ont rien pu. L’écriture m’a sauvé et fait éviter le pire. J’ai appris à écrire mon quotidien afin de ne rien n’oublier. Il ne se passe pas un jour sans que je n’écrive. Aujourd’hui, je me souviens de beaucoup de choses. Je pense que l’écrivain est la mémoire d’un peuple et l’écriture sa propre mémoire.

Quel est l’avenir reservé à ce nouveau livre ?
L’avenir sera beau. Et comme avec le précédent, beaucoup de causeries littéraires, beaucoup de spectacles, salons etc...

En quoi votre culture (Baatonou) apporte une plus-value à votre poésie ?
Mes racines sont profondément ancrées et encrées baatonou. Tout ce qui coule en moi et qui en ressort, écrit ou oral, même vestimentairement parlant, porte la sève de ma culture. D’une certaine façon, j’écris (en filigrane) en baatonou, juste que c’est avec la langue de l’autre.

Pour ce livre, vous n’avez pas lancé de crownfunding. Comment s’est alors déroulée sa chaine de production ?
Oui, je n’ai pas voulu en lancer. Simple choix. Je réserve ma carte de crowdfunding pour un autre projet plus lourd. Et à ce moment, je lancerai la collecte. Je n’ai pas eu de souci pour la production. J’ai glané dans mes petites économies. C’est ça qui explique pourquoi l’ouvrage n’est disponible uniquement que sur commande. Je n’ai pas de capital pour investir dans les exemplaires et me mettre à courir derrière les gens pour acheter. Non. Je n’ai pas d’argent et c’est rien de le dire. Celui qui veut se procurer son exemplaire paie et on le lui imprimera. Maintenant, si des gens sont prêts à investir pour me soutenir, c’est une bonne chose. Allons en affaire. Chacun sortira gagnant.

Vos projets à courts termes ?
À courts termes, je serai au Meeting International du Livre et des Arts associés (MILA) du 25 au 28 octobre à Abidjan. Et du 07 au 09 décembre, je vais prendre part au festival international dénommé LES FOUS DU LIVRE, à Yaoundé au Cameroun.

Votre mot de la fin
C’est de vous remercier pour tout ce que vous faites. Merci pour l’accompagnement et la visibilité que vous donnez aux jeunes talents comme nous. Ceux qui veulent se procurer l’ouvrage peuvent précommander auprès de la structure Bookconekt. Merci beaucoup et rendez-vous le 10 septembre à 15h dans les locaux de la bibliothèque Bénin excellence de Godomey. Infinie "Na siara" à tous.
Propos recueillis par : Marina HOUNNOU (Coll.)





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