JISTNA 2022 : L’appel à la lutte pour la libération de l’Afrique

10 août 2022

La Journée internationale du souvenir de la traite négrière et son abolition sonne comme un appel aux peuples africains pour rendre en main leur destin. Une nouvelle fois, cette journée sera célébrée du 19 au 23 Août prochain à Ouidah pour briser le silence qu’il y a autour de l’histoire de l’esclavage et de la traite négrière. Tel un signal fort, l’édition 2022 aura lieu un mardi comme en 1791 la nuit où a éclaté la révolte de l’élite des déportés africains de Saint-Domingue. En prélude à cette commémoration, le comité d’organisation a lancé un appel à travers un message.

Message du comité de commémoration du 23 Août

SEULE LA LUTTE LIBÈRE !
L’Africain mis en esclavage dans les colonies commence parfois la révolte dès le voyage.
La révolte est la forme de résistance la plus énergique et la plus redoutée des maîtres colons ; d’où la très lourde répression qui s’en suit pour décourager toute initiative en la matière. La première révolte dûment constatée et lourdement réprimée date de 1639. En cette année, plus de 60 africains déportés de Saint-Christophe ont osé quitter leur habitation pour gagner les hauteurs et organiser l’insurrection.
La répression de tout complot éventré entraîne des pendaisons et des exécutions à bout portant...
Malgré tout ceci, l’audace, la détermination nourrie de la volonté de briser à tout prix les chaines de l’esclavage demeure plus que jamais vivace dans les cœurs d’hier à aujourd’hui. Mêmes les dénonciations les plus fallacieuses ayant pour prime l’affranchissement des "mouchards" n’émoussent guère les ardeurs. Bien au contraire.
À partir de 1789, les troubles et conspirations se multiplient et s’accentuent dans toutes les colonies. En Martinique par exemple, les écrits de la Société des amis des Noirs circulent parmi les déportés qui s’assemblent pour en faire une lecture à haute voix suivie de commentaires. Le 29 août 1789, le nègre libre Casimir finit sa lettre au gouverneur Vioménil en ces termes : "Nous terminons nos réflexions, en vous déclarant que la nation des esclaves noirs, réunie ensemble, ne forme qu’un même vœu, qu’un même désir pour l’indépendance et tous les esclaves d’une voix unanime ne font qu’un cri, qu’une clameur pour réclamer une liberté qu’ils ont justement gagnée par un siècle de souffrance et de servitude ignominieuses."
Dès le 31 août 1789 à Saint-Pierre, persuadés que les maîtres colons des plantations empêchent le gouverneur de promulguer la liberté générale, ils étaient 300 à 800 à se rassembler et à manifester sur la place publique. Les chefs et meneurs de ce mouvement qui n’a pas pu aller à terme, sont jugés, condamnés et exécutés.
En lieu et place d’une prétendue accalmie sociale que ces propriétaires souhaitaient obtenir, la crainte imminente d’une insurrection civile devenait de plus en plus grande dans les colonies comme dans les habitations.
C’est dans cette ambiance délétère que le dimanche 14 août 1791, à la grande réunion secrète des commandeurs, cochers et autres membres de "l’élite" des déportés africains de Saint-Domingue, la décision fut prise d’agir et une grande révolte éclate dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 août 1791 après le pacte et les rituels Vodoun du Bois Caïman.

L’insurrection de Saint-Domingue a eu des répercussions irréversibles dans toutes les colonies.
Aujourd’hui plus que jamais, il apparait clairement que pour rompre les liens de l’esclavage moderne, il est important de nous rappeler que "l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère." Thomas SANKARA
Joignez-vous à nous pour célébrer la Victoire de nos Aïeux déportés pour une prise de conscience de notre capacité à vaincre tout obstacle sur le chemin de notre liberté, symbole de notre dignité.





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