Réaction de quelque secréaires généraux après la décision de la Haac

La rédaction 25 mai 2018

Kassa Mampo, Sg/Cstb

« Si la presse est atteinte, c’est un danger »
Nous ne sommes pas surpris. Après la fermeture des autres organes presses, c’est le tour maintenant de La Nouvelle Tribune qui, qui pratiquement fait partie des journaux qui rendent compte de ce qui se passe dans le pays. La Haac décide de fermer ce journal parce qu’on veut nous amener à une vision monolithique. On veut réduire toutes les opinions opposées à la gouvernance Talon, c’est suffisamment grave. Cette démocratie est en danger. La démocratie grâce à laquelle Patrice Talon est devenu Président. Si la presse est atteinte, puisque c’est grâce à la presse que le peuple s’exprime, c’est un danger.
Tout le monde se plaint de la gouvernance de Talon et les journaux ne font que relayer. On dirait que nous sommes dans un Etat de non droit et il ne reste que la désobéissance civile. C’est à dénoncer, et la Cstb dénonce cela. Nous avons trop souffert de manque de liberté et il revient au peuple de se lever pour dire non à cela. Nous protestons contre la fermeture de La Nouvelle Tribune que nous félicitons au passage. Parce que Nouvelle Tribune fait partie des journaux qui dénoncent, qui rendent compte de la gouvernance de notre pays, qui disent ce qui se passe, qui rendent compte de ce que la mouvance dit et de ce que l’opposition dit. Donc, on ne peut pas parler de harcèlement. Si le chef de l’Etat a été diffamé, il n’a qu’à se plaindre. C’est de l’abus et c’est inadmissible. C’est la restriction des libertés d’expression parce que c’est grâce à la presse que nous nous exprimons. Si vous ne m’avez pas interrogé, personne ne peut savoir ce que je dis. Notre pays est en danger, et les travailleurs doivent se lever pour dire non à cela.

Noël Chadaré, Sg/Cosi-Bénin

« L’acte posé par la Haac est un déni d’une liberté fondamentale »
L’acte posé par la Haac est un déni d’une liberté fondamentale, la liberté d’information qui est un droit constitutionnel. C’est une violation de notre Constitution. Les citoyens ont droit à l’information et à l’information plurielle. On a quelques rares presses écrites qui donnent un son de cloche différent de la majorité qui donne des informations dans le même sens. Les Béninois ont droit à une presse qui équilibre l’information, donne un autre son cloche de l’information publiée par la majorité des journaux. Et donc, en prenant cet acte, on prive les Béninois du droit à la pluralité de l’information. C’est une violation des libertés. Ce n’est pas une bonne chose de poser des actes pareils. C’est un peu une porte ouverte aux dérives à l’atteinte aux droits des populations.
Propos recueillis par Serge Dèfodji (Stag)





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