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Tendance vestimentaire des femmes : La révolution du nu sous les vêtements

Faisant partie de notre premier vêtement, le slip nous a été imposé, par nos parents. A les en croire, sans le slip, on a l’impression d’être nu, quel que soit l’habit que l’on porte. Toutefois, d’après un constat fait à Calavi et ses environs, les jeunes filles ont tendance à banaliser ce sous-vêtement. Si certaines continuent à le porter, d’autres ne le mettent plus du tout ou le portent seulement en cas de besoin.

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Il est 8h30 ce 20 août 2018. A l’entrée principale de la gare routière de la commune d’Abomey-Calavi, notamment au carrefour Kpota, un groupe de conducteurs de Taxi moto communément appelés " zémidjan" attend les premiers clients. Une trentaine de minutes après, apparait une jeune dame vêtue d’une robe moulante de couleur bleu-nuit avec un boléro par-dessus et des escarpins. Son élégance attire l’attention des autres passants, surtout celle des conducteurs de ‘’zémidjan’’ réputés pour les indiscrétions. En réalité, cette robe que porte la parfaite inconnue aux fières allures nourrit bien de curiosité, parce qu’elle ne laisse entrevoir aucune trace de sous-vêtements. Tellement les seins et le derrière relevés, le "fendu" de l’entre-jambe, livrent des précisions sur leurs postures.
Mais personne ne détourna le regard, comme si les uns et les autres attendaient l’ultime moment. Et ce fut arrivé, lorsque la jeune dame fit appel à un ‘’zémidjan’’ et entreprit de monter sur l’engin. Aussitôt, entre deux mouvements d’entre-jambe, le voile est levé, et l’on découvre qu’en dessous, il n’y avait rien. Elle était nue. Visiblement, ce fut un instant de bonheur chez les autres conducteurs de taxi-moto. Des sourires, des chuchotements. Quelques instants après le départ de la jeune dame, le même scénario se reproduit, avec cette fois-ci une adolescente. Ainsi, si ce ne sont pas des robes moulantes, alors ce sont des collants ou des pantalons taille basse qui donnent déjà une vue sur la partie intime de la femme.
La pratique est courante et laisse perplexe plus d’un. Pourquoi certaines femmes n’aiment plus mettre leurs camisoles ? Sonia, une étudiante en Sciences juridiques affirme : « j’éprouve une certaine fraicheur lorsque je ne mets pas de dessous. Aussi, quand j’insiste et je le mets, j’ai plus tard des irritations ». Elle avoue ne pas faire attention aux "provocations" de son derrière lorsqu’elle est sur une moto, avant d’ajouter que : « les strings et autres laissent des odeurs indésirables après une journée. Je ne les supporte pas. C’est pour cette raison que je n’en porte plus ». Si pour elle, il s’agit d’une question liée à l’hygiène, d’autres filles avancent tout autre argument. Pour Wisland, esthéticienne, c’est tout simplement un atout de séduction : « C’est presque une mode pour moi, de ne rien mettre sous mes jeans, et c’est plaisant de savoir qu’on excite tout autour de soi ».
Les raisons du rejet du slip par certaines jeunes filles sont donc diverses. A en croire Floride, une jeune étudiante, le slip est gênant et il est impensable qu’elle le porte : ‘’quand je porte un slip, j’ai l’impression que mon bas est emprisonné. Il me gêne, je ne peux pas me mouvoir avec aisance. Et si je le porte, j’aurai tout le temps envie de le réajuster, c’est pourquoi je n’en mets pas", se justifie-t-elle. Elle poursuit : "Pour moi, ce n’est pas une mauvaise habitude, mais je dirai plutôt une mode et un choix de vie. Chacun est libre de s’habiller comme il le veut. Je porte le slip uniquement quand je sens venir mes menstrues".

Attention aux menstrues !
Evelyne Lima, une jeune mariée a un avis mitigé sur le port du slip. Elle fait savoir que le port de ce dessous dépend du climat. « Il est vrai que c’est de la perversion que de ne pas le mettre. Mais, une femme ne doit pas porter de slip chaque jour, ce n’est pas bon, cela provoque des infections vaginales, surtout quand on ne prend pas le soin de le sécher au soleil. Normalement, une femme ne doit porter de slip que quand elle voit ses règles », soutient-elle. Et pour elle, il n’est pas possible de porter un jean avec en dessous un slip : « Porter un jean et y ajouter un slip, c’est du suicide. Un jean avec slip peut te donner une infection vaginale ». À l’en croire, les médecins interdisent le port de slip à certaines femmes en état de grossesse.
« Aux femmes en état de grossesse, les médecins interdisent le port de slip. Mais, si une jeune fille doit porter de slip chaque jour, elle doit le repasser ou le sécher au soleil », explique Evelyne Lima. Elle va plus loin en faisant savoir que nos mamans ne connaissaient pas le slip.

Quand le slip provoque
Alou est un jeune étudiant. Pour lui, c’est une mauvaise habitude de ne pas porter de slip. Il explique que ce sont les filles qui sont à l’origine de certains maux de notre société, notamment les viols. « Ne pas porter de slip, ça frise de la provocation. Non seulement elles ne portent pas de slip, mais en plus, leurs vêtements ne sont pas décents. Elles savent très bien que les hommes sont faibles quand ils sont confrontés à ces genres de situations. Parfois, si tu vois une jeune fille sans slip, ton esprit peut aller loin, jusqu’à imaginer des choses inhumaines comme le viol », déplore Alou.

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Impensable de sortir sans slip
Miracle et Sylvia, toutes deux élèves en terminale discutent gaiement tout en prenant leur petit-déjeuner. Interrogées sur le port ou non de dessous, elles sont catégoriques. Ne pas porter de slip, pour elles, c’est de la provocation pure et simple. « Ce n’est pas bien parce que c’est une mauvaise habitude. Je ne peux pas concevoir qu’une femme s’habille sans slip », affirme Miracle. Selon elle, le slip est indispensable pour la jeune fille. « C’est un manque d’éducation. Mais on ne peut forcer personne à le porter. Je ne pense pas sortir de chez moi sans slip, même pas en rêve. Le slip nous a été inculqué depuis le bas âge. On ne peut pas s’en passer », estime-t-elle.
Sylvia partage cette opinion : "Une fille sans slip, c’est comme une maison sans toit. Une femme ne devrait pas sortir sans slip. Si on parle de slip, on fait allusion aux femmes. Donc, elles ne devraient pas s’en passer. Une femme respectable doit toujours porter son slip n’importe où et n’importe quand".

Rendre visite à un homme sans slip
Pour John, c’est à cause des jeans qu’elles portent que les jeunes filles ne mettent pas le slip. " Si les filles ne portent pas de slip, c’est à cause des jeans, et c’est une mauvaise habitude. Ce n’est pas bien, c’est de la provocation. Et pire, si elles s’assoient, une partie de leur intimité est devinée, parfois même en étant debout dans les bus ». Il y trouve un manque de respect total pour la société et une atteinte aux valeurs culturelles et aux mœurs. Pour illustrer ses propos, il raconte une anecdote : ‘’Un jour, à bord d’un bus, j’ai vu de mes propres yeux, un homme jouir sur les fesses d’une jeune fille. La fille croyait que c’était à cause du monde que le garçon s’est positionné de cette façon derrière elle. Mais, le jeune homme avait d’autres intentions. Il s’est approché d’elle exprès pour se masturber sur la fille qui n’a pas porté de slip. Il a fini par jouir sur les fesses de la jeune fille. Quelques instants après, une dame fait remarquer à la fille les souillures laissées sur son corps. Elle rétorque par une injure à l’égard de l’homme qui était descendu juste après son acte.
Malheureusement, la fille a eu la honte de sa vie et est descendue avant sa destination", raconte-t-il. Mais, John ne va pas en rester là, il laisse entendre que sa copine est libre de porter sa petite culotte ou pas, mais il aurait préféré qu’elle n’en mette pas. "De préférence, je veux que ma copine vienne chez moi sans slip", dit-il.

Quid des secrétions vaginales ?
Contrairement aux férus de la mode "Nu sous les vêtements", Estelle, étudiante à l’Université d’Adjarra est contre cette pratique. Pour elle, le corps de la femme est très complexe. « Nous avons des secrétions, il ne faut pas qu’on se le cache. Aussi, avec un peu de stress, on peut changer de cycle et voir venir ses règles à l’improviste. Sans des serviettes ou même un slip, tu peux te retrouver dans la merde ».
Selon elle, il s’agit d’une question d’hygiène. Gloria, étudiante en médecine à Cotonou affirme qu’elle met toujours des sous-vêtements, sinon elle ne se sent pas à l’aise. « Pour moi, cette pratique de "sans dessous" est à décourager. Il faut au moins mettre le string » a-t-elle affirmé. « Je préfère porter des sous-vêtements sous mes pantalons et autres car je mouille plus rapidement », a-t-elle ajouté.

Crise des valeurs ou manque d’éducation ?
Une chose est certaine, les jeunes vivent cette situation l’air impuissant ou alors ils manifestent leur indignation par des injures à l’endroit des femmes qui prennent des taxi-motos ou qui conduisent en laissant leur entre-jambe entrouverte. Boniface, chauffeur, confie qu’un matin, pendant qu’il allait au boulot, au niveau de Zogbo, une belle femme à l’allure d’une sirène a dû s’abaisser pour récupérer un objet à elle tombé par terre, coup de spectacle la fente de sa jupe s’est défaufilée et a laissé entrevoir son entrecuisse. C’était désolant et indigne. Lorsque l’enfant n’a pas un bon comportement dans la société, c’est aux parents qu’on s’en prend. Pour Raymond Assogba, sociologue « Ce problème constitue un fait social puisqu’il est contraignant et se généralise. L’enfant une fois au dehors subit les affronts de la société, ce qui enfreint à son éducation » a-t-il fait savoir. Il urge que l’éducation des enfants soit une priorité.

"Nu sous les vêtements" à condition d’avoir une hygiène indiscutable
Pour le Gynécologue-Obstétricien Stéphane Hountovo, le côté hygiène ne doit pas être banalisé. Il confie : « j’ai une patiente qui se plaignait d’infection urinaire, mais depuis que je lui ai dit de suivre un traitement sans slip, elle préfère ne plus porter de slip. Cela peut se faire, à condition que le patient ait une bonne hygiène de vie ». Aussi ajoute-t-il « Si tu te laves et changes de vêtements ou même de sous-vêtements régulièrement, tu n’auras aucun problème ». Ces propos devraient édifier les adeptes du "nu sous les vêtements. Etre à la mode oui, mais l’hygiène avant tout.
Marina HOUNNOU (Coll.)

10-10-2018, Isac A. YAÏ


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