Baba Maal prône des ‘’assises’’ de la musique sénégalaise’’, voire africaines

20 juin 2021

Envoyée spéciale de l’APS Fatou Kiné Sène Saint-Louis, 20 juin (APS) – Le lead vocal du ‘’Dandé Lenol’’ Baba Maal, en concert au festival de jazz de Saint-Louis (nord), a préconisé, samedi, la tenue d’‘’assises de la musique sénégalaise, voire africaine’’, afin de soutenir les jeunes artistes ‘’durement touchés’’ par la pandémie de Covid-19.

Le lead vocal du ‘’Dandé Lenol’’ Baba Maal, en concert au festival de jazz de Saint-Louis (nord), a préconisé, samedi, la tenue d’‘’assises de la musique sénégalaise, voire africaine’’, afin de soutenir les jeunes artistes ‘’durement touchés’’ par la pandémie de Covid-19.
‘’Je le dis très fort, il faut que des gens comme moi qui travaillent dans l’industrie de la musique, de la culture que nous puissions prendre notre temps, faire un arrêt, nous assoir, faire des assises de la musique africaine, voire sénégalaise pour nous ouvrir aux plus jeunes et leur faire comprendre ce qu’est le show biz’’, a dit l’artiste compositeur. Il l’a dit après un show ‘’acoustique’’ offert sur la scène du festival de jazz de Saint-Louis.
Il estime que les jeunes sont certes très talentueux, veulent promouvoir leur musique et s’afficher avec, mais ‘’très souvent ils ne comprennent pas comment fonctionne l’industrie de la musique, qui est producteur, qui est éditeur, réalisateur, etc.’’.
Selon Baba Maal, ‘’si on ne connaît pas l’industrie de la musique, on ne peut pas vendre son travail. C’est là où se trouve le problème’’.
La tenue de telles assises se justifient d’autant plus que des jeunes talents, très promoteurs avant le Covid-19, sont durement frappés par les conséquences de cette crise sanitaire.
‘’Ce qui m’a touché durant cette pandémie, ce sont les jeunes artistes qui avaient commencé à briller, à travailler avec des gens qui s’intéressaient à eux et tout à coup, il faut qu’ils recommencent à zéro, c’est pénible’’, a déploré l’interprète de ‘’Bayo’’.
Il a été accompagné par deux jeunes instrumentistes, Moussa Sy de la Mauritanie à la guitare solo, Franky, un Saint-Louisien à la basse et NDiaga Mbaye à la baterie.
"La pandémie nous a appris à nous adapter, et à coup sûr, la façon de faire la musique a changé’’, a relevé l’artiste-musicien.
‘’Le digitale a été une chance pour la musique africaine. Si nous l’utilisons, nous pouvons donner plus de chance à la musique africaine’’, a-t-il ajouté.
Baba Maal et son groupe ont fait voyager avec leurs mélodies et rythmes le public du Saint-Louis jazz tout au long du fleuve du Fouta Djallon, en Guinée, en passant par le Mali, le Sénégal et la Mauritanie.
‘’Ce fleuve n’est pas seulement de l’eau à boire, c’est un trait d’union entre les peuples, ce fleuve est ce qui va nous permettre de nous développer, c’est un levier pour le développement avec l’agriculture, la pêche et l’élevage’’, a expliqué l’artiste qui de plus en plus revient en force avec l’acoustique.
‘’C’est un format assez atypique initié un peu partout dans le monde, je reviens à quelque chose de plus simple, plus dénudé, cela va très bien avec le festival de Saint-Louis’’, a fait valoir Baba Maal qui appelle à soutenir le festival de jazz de Saint-Louis.

‘’Le Festival a souffert du manque de soutien, ce n’est pas un festival qui doit mourir, il doit vivre’’, a-t-il lancé.
Il invite le Mali à donner ‘’plus de force’’ à la culture et à la musique pour adoucir les mœurs et rappeler aux populations, à savoir les leaders politiques le rôle joué par la culture depuis la charte de Kouroukan-Fouga ou charte du Manden ( ensemble de règles juridiques proclamée en 1236 par l’empereur du Manden Sondjada Keita, 1190-1255).
‘’Il faut que nous tous nous puissions lever la voix et dire qu’il faut d’abord promouvoir la culture. Le Mali a tant donné sur le plan culturel, nous tous nous nous sommes inspirés de la musique malienne, guinéenne’’, fait savoir Baba Maal.
Et d’ajouter : ’’Je me disais que la musique malienne allait revenir avec Toumani Diabaté, Oumou Sangaré, Fatoumata Diawara, Salif Keita, etc., et tout d’un coup il y a eu cette situation d’insécurité et la culture malienne en a souffert’’, déplore-t-il.
Source : aps





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