Cameroun : un conflit entre éleveurs et pêcheurs provoque la fuite de population vers le Tchad

9 décembre 2021

Plusieurs milliers de Camerounais ont trouvé refuge au Tchad depuis le week-end dernier suite à un conflit opposant des éleveurs à des pêcheurs. Le conflit qui couvait dans la périphérie de Kousséri, la principale ville de l’extrême nord du Cameroun a touché le cœur de l’agglomération obligeant une bonne partie de sa population, à traverser le fleuve, pour trouver refuge à Ndjamena, la capitale tchadienne.

Le fleuve Chari qui sépare la capitale tchadienne de la ville camerounaise de Kousséri a eu un trafic inhabituel, ce mercredi après-midi. Le contrôle mis en place pour filtrer les traversées à cause de la lutte contre le terrorisme a fait face à un afflux de centaines de personnes débarquant en pirogues qui racontent l’horreur vécue de l’autre côté.

Pleurs
« Ils ont même brûlé des concessions, des chambres chez mon voisin comme j’habitais non loin de chez le maire de la ville, chez lui-même ils ont brûlé, toutes les maisons à côté ont pris feu », confie un des réfugiés.

La dispute a éclaté le weekend dernier à Logone Birni, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Kousséri. Du bétail serait tombé dans un trou creusé par des pécheurs le long du fleuve qui sert à retenir le poisson. S’en est suivi des heurts, une partie de la population a d’abord fui vers Koundoul au Tchad.

Puis ces violences se sont déplacées, ce mercredi, à Kousséri, ville qui fait face à Ndjamena. Plusieurs quartiers ont été attaqués par des membres d’une de ces deux communautés, des maisons ont été incendiées, le marché central a été brulé, ce qui a provoqué de nouveaux déplacements.

Au Tchad, les services de sécurités et de la protection civile, obligés de réagir en urgence ont orienté les nouveaux venus vers un site situé dans l’arrondissement de la capitale tchadienne. Les nouveaux venus, encore sous le choc racontent ce qui s’est passé au milieu de pleurs.

« Débandade »
« Quand ils sont arrivés, ils ont brûlé la ville. Un de mes oncles a été tué devant moi. Ils m’ont demandé de fuir. J’ai refusé. Ils m’ont ensuite demandé de jeter la lance que j’avais en main et leur donner l’argent que j’avais sur moi. Après ce fut la débandade. Je ne sais même pas encore où se trouve certains de mes enfants », témoigne une dame encore émue.

Selon les ONG, au moins 10 000 ressortissants camerounais sont arrivés au Tchad fuyant les violences qui opposent les communautés d’éleveurs et de pécheurs. Les autorités camerounaises parlent d’un moins deux morts à Kousséri, mais à Logone Birni, le bilan serait plus élevé. Ce conflit entre pécheurs et éleveurs est ancien. En août dernier déjà, 12 personnes ont été tués et 48 blessés lors de heurts similaires.
Source : rfi





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