Centrafrique : la tension monte à quelques jours des élections, l'ONU en « alerte maximale »

19 décembre 2020

La situation sécuritaire s’est fortement dégradée le vendredi 18 décembre en Centrafrique, à neuf jours de l’élection présidentielle et des élections législatives. Plusieurs localités de l’ouest du pays ont été attaquées par des membres de divers groupes armés, selon l’ONU. La Minusca y a déployé d’importants renforts et se dit en « alerte maximale » dans d’autres régions, y compris dans la capitale, Bangui.

La Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) condamne une série d’ « attaques coordonnées », destinées à « empêcher » la tenue des élections prévues le 27 décembre. De sources concordantes, plusieurs localités de l’ouest du pays ont été investies vendredi par des hommes armés.

L’ONU dit avoir déployé des renforts à Bossemptele et Bossembele, à 150 kilomètres au nord-ouest de Bangui, et affirme que les localités de Bozoum et Yaloke ont été également été ciblées. Elle attribue ces attaques à des éléments de trois groupes armés : 3R, MPC et anti-balaka.

Selon l’ONU, deux membres de forces gouvernementales ont été tués au cours de l’attaque de Yaloke. Des actes qui ne resteront « pas impunis » selon les Nations unies. Fatou Bensouda, la procureur de la Cour pénale internationale, assure suivre de près l’évolution de la situation.
Des tensions accrues après l’invalidation de la candidature de François Bozizé et ses rencontres avec les groupes armés

Dans l’après-midi, des sources sécuritaires ont également signalés des mouvements inhabituels d’hommes en armes ailleurs dans le pays, sur différents axes qui desservent Bangui. La Minusca se dit en « alerte maximale » et s’est déployée en divers points stratégiques pour la capitale.

Dans son communiqué, elle note aussi que « les incidents sécuritaires se sont multipliés et intensifiés » en Centrafrique « suite à l’invalidation de la candidature de l’ancien président Bozizé » à la présidentielle et après les « récentes rencontres » de ce dernier avec des responsables de groupes armés.

Mercredi, plusieurs de ces groupes, parmi les plus importants, ont menacé dans un communiqué commun d’utiliser « tous les moyens de coercition » contre le pouvoir de Faustin Archange Touadera si celui-ci s’obstinait à organiser le scrutin. Ils l’accusaient de préparer un hold-up électoral. Il n’y avait pas de réaction officielle des autorités vendredi soir, mais en coulisses, diplomates régionaux et internationaux multiplient les initiatives pour tenter d’apaiser la situation.
Source : afrik.com





Dans la même rubrique