Foot : il y a dix ans, l’Afrique (du Sud) accueillait la Coupe du monde

11 juin 2020

Le 11 juin 2010, l’Afrique du Sud et le Mexique s’affrontent en match d’ouverture de la première Coupe du monde organisée sur le sol africain. Ce Mondial est entré dans la légende du football, même si son attribution au pays de Nelson Mandela a fait l’objet d’accusations de corruption en 2015.

La 19e Coupe du monde de football restera à jamais dans l’histoire du football et du sport en général. Ce n’est évidemment pas à cause de la moyenne de buts marqués par match [1]. Ni en raison de la qualité de jeu très inégale lors de cette édition organisée du 11 juin au 11 juillet 2010.

Ce qui rend cette Coupe du monde 2010 si particulière, c’est évidemment qu’elle a été le premier très grand événement sportif à se dérouler sur le sol africain.

Le tournant de l’an 2000
Cette situation est en partie due à une décision prise dix années plus tôt. La Fédération internationale de football (Fifa) pose alors les bases d’une rotation entre les continents pour accueillir la phase finale [2].

Le 6 juillet 2000, à l’issue d’un scrutin controversé, l’Allemagne a devancé de très peu (12 voix à 11) l’Afrique du Sud pour organiser le Mondial 2006. Le délégué océanien, qui avait pour consigne de voter en faveur de la candidature sud-africaine, s’est abstenu. Surprise.

Colère et polémiques s’ensuivent. Quelques semaines plus tard, la Fifa évoque une idée : les six confédérations abriteront désormais le tournoi à tour de rôle, afin d’éviter d’éventuels arrangements lors de la désignation du pays hôte.

La rude concurrence du Maroc

En juillet 2001, la Fifa offre le Mondial 2010 à l’Afrique. Reste toutefois à savoir où il se jouera exactement. Plusieurs nations postulent. Certaines, comme le Nigeria ou le duo Tunisie-Libye, jettent l’éponge en cours de route.

Seuls les Sud-Africains, les Marocains et les Égyptiens sont toujours en lice. L’Égypte, qui se présente pour la première fois, a effectué une campagne timide. Tout le contraire d’un Maroc bien rôdé, qui en est à sa quatrième tentative, après les échecs de 1994, 1998 et 2006.

Le 15 mai 2004, au bout d’un seul tour, l’Afrique du Sud prend toutefois l’ascendant sur son rival du Maghreb, 14 à 10 (la candidature égyptienne ne recueille aucune voix). L’ex-président Nelson Mandela a, dit-on, pesé de tout son prestige dans la balance. En 2015, ce sera néanmoins la douche froide : la justice américaine affirmera en effet que la corruption a largement aidé l’Afrique du Sud à battre le Maroc. Comme elle a d’ailleurs fait pencher la balance en faveur de l’Allemagne pour 2006…

Un chantier titanesque
En attendant, en 2004, c’est une explosion de joie et une fierté immense pour la « nation arc-en-ciel ». Celle-ci a certes déjà abrité la Coupe du monde de rugby, en 1995. Mais rien de comparable avec un Mondial de foot.

De fait, le futur organisateur se retrouve devant d’immenses chantiers. Par rapport à la plupart de ses prédécesseurs, l’Afrique du Sud n’est pas un pays de football. Un peu à l’instar des États-Unis (Mondial 1994) et du duo Japon-Corée du Sud (Mondial 2002). En outre, les Sud-Africains ne disposent pas de tous les stades requis. La moitié des dix enceintes doivent être construites. Il faut également rénover et bâtir des infrastructures en matière de transports et d’hébergements. Enfin, contrôler la violence et la criminalité – des maux chroniques – durant le tournoi est un vrai défi à relever.
Mais la Fifa et l’Afrique du Sud travaillent en bonne entente. Et la Coupe des confédérations 2009, sorte de répétition avant la Coupe du monde 2010, est couronnée de succès. C’est un signal rassurant. Seule une grève sur les chantiers de certains stades, décrétée en juillet 2009, fait frissonner les organisateurs.

Le 11 juin 2010, date mémorable
Le 11 juin 2010, tout est prêt ou presque au Soccer City Stadium de Johannesburg pour la cérémonie d’ouverture. La veille, la chanteuse colombienne Shakira a entamé les réjouissances avec son tube resté dans les mémoires, Waka Waka.

Sur la pelouse, l’attaquant Siphiwe Tshabalala lance, lui, les hostilités d’un missile dans la lucarne du gardien de but du Mexique, pour le premier match de la Coupe du monde 2010. Explosion de joie dans les tribunes où les vuvuzelas, ces trompettes au son strident, sont de sortie. La fête peut commencer.
Source : rfi





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