Royaume-Uni : derniers préparatifs avant le début de la vaccination contre la Covid-19

6 décembre 2020

Pays le plus durement touché en Europe par la pandémie avec plus de 61 000 morts, le Royaume-Uni est le premier dans le monde à avoir autorisé le déploiement du vaccin développé par Pfizer et BioNTech et sera aussi le premier pays occidental à entamer sa campagne de vaccination, ce mardi 8 décembre.

Le ministre britannique de la Santé Matt Hancock a désigné récemment le premier jour de la campagne de vaccination comme le « V-day », soulignant que la semaine à venir allait être « un moment historique ». « Nous faisons passer en premier les plus vulnérables et les plus de 80 ans, le personnel des maisons de retraite » et du service public de santé, qui « seront parmi les premiers à recevoir les vaccins », a-t-il ajouté ce dimanche dans un communiqué.

Son personnel « travaille tout le week-end pour préparer le lancement du programme, les premières vaccinations intervenant à partir de mardi », a précisé le NHS, le service de santé britannique. Pour ce faire, des « hubs » sont mis en place dans 50 hôpitaux anglais, puis 1 000 centres de vaccination seront organisés, selon le ministère de la Santé.

Les contraintes induites par ce vaccin, qui doit être stocké à -70°C, représentent un défi logistique, soulignent les autorités sanitaires : ils doivent être transportés par une entreprise spécialisée et leur décongélation prend plusieurs heures. Le pays a commandé 40 millions de doses de ce vaccin, permettant de protéger 20 millions de personnes, deux injections étant nécessaires. 800 000 doses seront disponibles dans un premier temps au Royaume-Uni.
Des avions militaires pour acheminer le vaccin ?

Par ailleurs, des avions militaires pourraient acheminer le vaccin anti-Covid au Royaume-Uni en cas de congestion dans les ports après le 1er janvier, affirme le journal dominical The Observer. Le média explique que le gouvernement britannique craint en effet des retards causés par le Brexit, même en cas d’accord commercial avec l’UE, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

En effet, qu’un accord soit signé ou non, tout va changer le 1er janvier prochain avec la fin de la période de transition. Pour pouvoir circuler entre Londres et les pays de l’UE, des contrôles seront effectués et un certain nombre de documents nécessaires. Ces nouvelles formalités demanderont plus de temps et risquent de provoquer retards et engorgements aux frontières.

D’où le Plan B concocté par Londres. Selon The Observer, les ministères de la Santé et de la Défense se sont déjà mis d’accord sur la possibilité de transporter des millions de doses du vaccin Pfizer / BioNTech, fabriqué en Belgique, par avions militaires. L’option considérée comme la plus fiable en cas de congestion du trafic ferroviaire, routier et maritime mais aussi dans les aéroports commerciaux.

Déjà 800 000 doses acheminées par Eurotunnel
Ces préparatifs révèlent un gouvernement britannique préoccupé par les conséquences du Brexit sur les transports. Les 800 000 premières doses ont été acheminées sans aucun accroc jeudi par Eurotunnel. Et il n’est pas question de risquer que des cargaisons entières de vaccins restent bloquées entre Calais et Douvres après la date symbolique du 1er janvier. Cette vision serait du plus mauvais effet pour le gouvernement de Boris Johnson et sa promesse d’un avenir radieux après le Brexit.

Selon certains journaux britanniques, le reine Elizabeth II, 94 ans, et son époux le prince Philip, 99 ans, seront vaccinés prochainement, le Mail on Sunday affirmant qu’ils comptent le rendre public afin « d’encourager le plus grand nombre à se faire vacciner », alors que les autorités redoutent que les militants anti-vaccin ne sèment le doute dans la population.
Source : rfi





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