A quatre mois de la présidentielle de 2021 : Le mercure monte entre l’opposition et la mouvance

Moïse DOSSOUMOU 29 décembre 2020

« Ce sera du marquage à la culotte ». Ce lundi 28 décembre, Gaston Zossou a donné le ton. Ce qu’il qualifie de « démarrage laborieux de l’industrie à mensonges et à calomnies » n’a pas trouvé grâce à ses yeux. C’est pour cela qu’au lendemain de la sortie du Collectif de l’opposition, il s’est joint à Orden Alladatin pour apporter la réplique aux contempteurs du gouvernement. Dans son sévère réquisitoire porté à l’attention de l’opinion ce dimanche 27 décembre, Eric Houndété, président du parti « Les Démocrates » et porte-parole du collectif de l’opposition réclamait l’exécution immédiate des décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp), la neutralité des forces de l’ordre (militaires et police républicaine), la convocation en urgence des assises nationales pour réexaminer les conditions du vivre ensemble avec la participation effective des détenus politiques et exilés dûment amnistiés et enfin la fin du mandat de Patrice Talon au 5 avril prochain à minuit.

Balayés du revers de la main, ces griefs n’ont pas ému les partisans de Patrice Talon. Très en verve comme à l’accoutumée, Orden Alladatin souligne que la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) que rejette l’opposition a pour géniteur Boni Yayi qui l’a mis en place au forceps. Implicitement, le député estime que le fait que l’opposition ne soit pas représentée au sein du Conseil d’orientation et de supervision (Cos) n’est pas un obstacle susceptible de remettre en cause la crédibilité de cet outil sensible qu’est la liste électorale. Quant aux assises nationales réclamées à cor et à cri, le parlementaire martèle que « nous ne sommes pas dans le chaos ». Pour enfoncer le clou, pour ce qui est des décisions de la Cadhp, le député considère que cette juridiction qui fait beaucoup parler d’elle ces derniers temps ordonne au Bénin de renier sa constitution. « Ce que l’opposition demande, c’est d’instaurer un Etat de non droit ».

Tous aux abois
Timorés il y a encore quelques semaines, les acteurs politiques ont commencé par donner de la voix. A quatre mois de cette échéance majeure, ils ont décidé de se faire entendre, chacun selon son étiquette. La preuve, toutes les récriminations énumérées par les opposants sont liées au scrutin présidentiel. Il a fallu à peine 24h pour que les défenseurs du chef de l’Etat sortent du bois pour apporter la réplique. A en croire Gaston Zossou, très à l’aise dans sa tunique d’orateur, ce sera du tac au tac. L’opposition incarnée par Eric Houndété reçoit du renfort et fera également parler d’elle. A tous les coups, ce ne sera pas un jeu d’enfant. Les positions, cristallisées de part et d’autre, permettent de penser que le jeu politique sera très animé au cours des prochaines semaines. Pourvu que le débat gagne en qualité !





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