Anselme Amoussou CSA Bénin sur la revalorisation des salaires : « Une augmentation du point d’indice de 3% va impacter tous les agents de l’Etat et tous les retraités de l’Etat »

7 décembre 2022

Trois heures d’échanges avec le Chef de l’Etat. Une séance qui a démarré à 17h qui s’est achevée au-delà de 20 heures dans une ambiance plutôt conviviale. Mais ce qui est important, c’est le contenu de nos échanges et sur cette question, nous avons abordé la question de la revalorisation des salaires des agents de l’Etat et le gouvernement a proposé deux niveaux d’augmentation. Dans un premier temps, une augmentation du point d’indice de 3% qui va frapper tous les agents de l’Etat et tous les retraités de l’Etat. Donc les pensions et les salaires seront impactés. Le deuxième niveau de revalorisation va prendre la forme d’un montant fixe qui varie de 40.000Fcfa à 10.000Fcfa en partant des salaires les plus bas vers les salaires les plus élevés de la fonction publique et ce sursalaire sera également pris en compte dans l’augmentation de la revalorisation du salaire des agents de l’Etat. Ce sursalaire ne concerne pas les retraités mais le point d’indice, son augmentation concerne les retraités et les salariés de la fonction publique. Sur cette question, nous avons insisté pour dire qu’il fallait que le gouvernement veille non seulement à ce que les agents du privé et les retraités du privé puissent sentir les efforts du gouvernement mais également que sur la question du SMIG, il faut que nous allions rapidement à une application étant attendu que le gouvernement a pris du temps et que le montant proposé en avril dernier parait un peu caduc au regard de la situation sociale est encore plus difficile mais le gouvernement avec les employeurs ont insisté pour dire qu’il fallait d’abord respecter les 52.000Fcfa convenus en avril dernier et que nous en sommes tenus à cela. Les syndicats ont insisté sur la question de la hiérarchisation des salaires et cela a été un long débat où nous avons déployé nos arguments pour montrer au gouvernement qu’il ne s’agit pas d’une politique salariale de l’entreprise mais qu’il s’agit d’un mécanisme de justice, de solidarité et d’ajustement des salaires qui permet donc aux employeurs du privé de faire les efforts qu’il faut pour une simple question de justice sociale. Sur cette question, nous n’avons pas pu nous entendre parce que le chef de l’Etat et son gouvernement sont restés sur leur position et à leur entendement il ne faut pas imposer systématiquement une hiérarchisation des salaires. Nous avons insisté sur la question des agents du privé et le gouvernement a décidé de faire le plaidoyer pour que les employeurs trouvent le mécanisme pour suivre l’Etat dans les efforts qui ont été faits vis-à-vis de ces agents. Sur la question des aspirants au métier d’enseignant, nous avons trois niveaux de proposition et qui semblent arranger un peu la situation des AME. Premièrement deux mois pendant les vacances, ils auront des sessions de formation, de renforcement de capacité pour améliorer leur niveau pédagogique et leur prestation en classe. Ensuite ils pourront désormais aspirer à être des contractuels de l’Etat pour ceux qui auraient au moins de contrat en tant qu’aspirant et qui auront subi avec succès un test d’évaluation qui leur permettre d’accéder au corps des contractuels de l’Etat. Le troisième niveau concerne la durée de contrat et le paiement. La durée de contrat va passer désormais de 9 mois à 12 mois mais avec 11 mois de paiement de salaire c’est-à-dire que les deux derniers salaires qui sont les salaires qu’on va leur payer pendant les deux mois de renforcement de capacité seront des demi-salaires. Nous avons insisté pour demander au gouvernement d’achever ce qu’il a commencé en leur donnant des salaires pleins mais sur cette question, nous n’avons pas pu nous entendre pour faire évoluer la proposition du gouvernement. Sur la date d’effet, la question a été posé par les partenaires sur la date d’effet des mesures qui nous ont été proposées et le gouvernement a insisté pour que cela prenne effet à partir de 2024 dans un premier temps et suite à notre réaction, on est revenu à janvier 2023 pour la date d’effet. Nous avons insisté pour qu’on regarde la situation sociale, qu’on tienne date à laquelle le gouvernement avait pris les engagements en 2022 et que le gouvernement puisse effectivement commencer cette amélioration à partir de 2022. Le gouvernement est resté sur sa position. Le chef de l’Etat face à notre insistance a accepté de discuter avec son gouvernement pour voir d’ici le conseil des ministres ce qui pourrait être fait éventuellement. On peut donc espérer que la position du gouvernement évolue sur cette question de la date d’effet. Nous attendons de voir ce que va donner le conseil des ministres de demain.





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