Après sa fusion avec le Br et la perte de sa personnalité juridique : L’insolite résurrection de l’Udbn

Angelo DOSSOUMOU 18 août 2022

Au Bénin, si le ridicule pouvait tuer ! Sans aucun doute, les politiciens seraient les plus nombreux à passer de vie à trépas. Heureusement, que certains d’entre eux sans être Jésus, excellent dans l’art de mourir et ressusciter quelques mois plus tard. A ce sujet, c’est l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN) antérieurement présidée par l’actuelle présidente de l’Institut national de la femme, Claudine Prudencio qui a réussi le miracle divin d’accepter de fusionner au Bloc Républicain (BR) et donc de perdre sa personnalité juridique au regard de la nouvelle charte des partis politiques puis de revenir des mois après sur sa décision et ceci en brandissant une identité déjà perdue. Ç’auraient été des anciens caciques de la défunte Udbn qui démissionnaient du BR en tant qu’individus pour d’autres destinations politiques ou pour créer un autre parti que personne ne trouverait rien à redire. Mais, méconnaissance des textes relatifs aux nouvelles lois électorales oblige, les pirouettes et gymnastiques les plus insolites ont eu raison de la tranquillité des analystes et observateurs de l’animation de la vie politique au Bénin.
A tout point de vue, en ne mesurant pas les conséquences juridiques qui découlent de l’acte de mariage scellé avec le Br et en clamant son divorce et son départ tel qu’elle y est entrée, l’Udbn vient de montrer à la face de l’opinion publique nationale et internationale que le chemin qui mène au changement de mentalité en adéquation avec la réforme du système partisan au Bénin est encore loin. D’ailleurs, à l’orée des législatives de janvier 2023, les multiples soubresauts observés dans le microcosme politique béninois avec des démissions par-ci et des adhésions par-là, prouvent assez bien qu’entre la volonté politique et la réalité sur le terrain, le fossé est grand.

Incohérence totale !
En attendant que les uns et les autres soient sur la même longueur d’onde d’information, il est important de rappeler aux acteurs politiques qui continuent de ramer à contre-courant des nouvelles dispositions légales que la charte des partis politiques en vigueur au Bénin n’autorise plus des alliances de partis. Cela sous-entend que le législateur a clairement indiqué qu’il est désormais impossible d’appartenir à un parti politique et continuer de détenir une ancienne identité. Alors, la défunte Udbn qui a surpris son monde en ressuscitant à travers une correspondance au Br aux fins de signifier son retrait de ce parti a vraisemblablement tout faux.
Mais, puisque les juridictions compétentes auront certainement à se prononcer sur ce divorce politique acté et que chaque parti aura à développer ses arguments, autant s’en remettre au verdict des autorités compétentes qui, à coup sûr, édifieront plus d’un.

UP-Prd, des leçons à tirer avant la fusion
Actuellement, de ce film Udbn-Br qui se joue sous nos yeux, les plus intéressés ne peuvent qu’être les militants des partis Union Progressiste (UP) et Parti du renouveau démocratique (Prd). En effet, d’ici la fin de la semaine, ils scelleront un mariage à l’image de celui du Br et de l’Udbn. Encore une fois, il est à espérer que les deux partis qui, à la fin du processus de fusion, ne peuvent que former un seul parti et non une alliance, soient effectivement sur la même longueur d’onde. De toute façon, au Bénin et ce sont les législateurs qui en ont décidé ainsi, la fusion d’un parti dans un autre fait en principe disparaître le premier. Apparemment, l’Udbn ne l’entend pas de cette oreille. Pourtant, la leçon est censée être bien sue par tous. Au Prd et à l’Up de démontrer que les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets.





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