Bénin : législatives de 2023, tamis d’épuration des clubs électoraux

9 mars 2022

Une dizaine de partis politiques au plus. C’était à l’origine, l’objectif visé par la réforme du système partisan. Erreur. Si la législation est devenue plus contraignante en ce qui concerne le processus de création et d’homologation des formations politiques par le Ministère de l’intérieur, malheureusement, les mentalités n’ont pas changé. Conséquence, en dépit de toutes les obligations rendues nécessaires par les lois électorales notamment la Charte des partis politiques en son article 27 qui prévoit la nécessité aux partis de prendre part aux élections législatives, communales et locales puis de ne pas rater la participation à deux élections législatives consécutives sous peine de la perte de leur statut juridique, le rythme de la course à la création de micro partis n’a pas totalement ralenti.
En effet, si ces derniers jours, l’opinion publique nationale a eu droit à l’avènement officiel du parti ‘‘La Nouvelle Alliance’’ du transfuge de la Fcbe, Théophile Yarou, il faut cependant noter qu’avant elle, la liste en était déjà à 15 sans oublier qu’il y a des regroupements politiques qui sont dans l’antichambre de la réception de leur récépissé provisoire. Cela suppose que si malgré toutes les barrières, en moins de 5 ans, l’échiquier politique national a enregistré une quinzaine de partis, sans la réforme du système partisan, le changement de mentalité escompté aurait été tout simplement un leurre.
D’ailleurs à propos, nombreuses sont ces partis politiques enregistrés avant les législatives de 2019 sur lesquels plane la sanction de l’article 27. Parmi eux, Restaurer l’espoir de Candide Azannaï, le Prd de Me Adrien Houngbédji, Moele-Bénin de Jacques Ayadji, Fcdb de Soumanou Toléba et la Flamme Renouvelée de Gilbert Eda qui avaient une existence légale mais étaient restés à quai lors de la course à la 8ème législature. Pour ceux-ci, les législatives du 8 janvier sont un rendez-vous capital à moins qu’ils aient choisi de voir le Ministère de l’intérieur leur retirer le précieux sésame qui leur a donné tant de mal avant d’être officiellement reconnus. Ce qui est certain, avec les lois électorales en vigueur, la participation aux prochaines élections législatives n’est pas moins un chemin de croix. Car, comme dans un jeu d’échec, il faudra non seulement trouver des candidats dans toutes les circonscriptions électorales mais aussi s’acquitter de la caution exigible et surtout avec les 10% du suffrage national exprimé exigible au parti avant l’obtention des sièges, s’assurer au bout, que la participation ne sera pas en pure perte.

Un second filtre dans 3 ans
En dehors des législatives de 2023 qui pointent déjà à l’horizon et qui, d’une manière ou d’une autre sonneront le glas de l’existence légale de certains partis politiques, il y a celles de 2026 qui ne tarderont pas à suivre. A ce niveau, il y a d’abord lieu de voir si des partis portés sur les fonts baptismaux après le scrutin de 2019 pourront conjurer en janvier prochain, le sort subi par leurs prédécesseurs dans leur quête d’être dans le starting-block des législatives passées. Ainsi, la Fcbe de Paul Hounkpè, Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement de Valentin Aditi Houdé, Les Démocrates de Eric Houndété, le Mouvement populaire de libération de Expérience Tébé, le Parti pour l’engagement et la relève de Nathanaël Koty, La Nouvelle Alliance de Théophile Yarou sans oublier Nouvelle Force Nationale et le Parti pour l’engagement ont indubitablement, le défi de la participation à relever le 08 janvier prochain s’ils ne veulent pas être en danger en 2026. Ceci, puisque durant trois ans sans financement public, il paraît plus difficile dans le contexte sociopolitique actuel au Bénin, de maintenir et de faire rayonner au-devant de la scène politique, un parti appelé à couvrir tout le territoire national.
Ce faisant, dans l’optique d’un militantisme à toute épreuve et de l’enracinement des partis d’envergure nationale, il y a deux tamis successifs à savoir celui de janvier 2023 puis de janvier 2026 chargés de l’épuration des clubs électoraux. En somme, si des acteurs politiques font encore de la résistance aux désidératas de la réforme du système partisan, il leur reviendra de démontrer qu’ils ont les moyens de leur politique. Autrement, les lois électorales les contraindront à la sagesse et ce sera tant mieux pour l’animation de la vie politique qui a besoin de partis forts et non des clubs circonstanciels appelés tôt ou tard à mourir de leur belle mort.





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