Bénin : Les observations du bâtonnier Jacques MIGAN sur l’actualité politique

15 octobre 2021

Le bâtonnier Jacques Migan, acteur politique et Membre du bureau politique du Bloc Républicain s’est prononcé sur l’actualité politique nationale.

Me Jacques MIGAN, la rencontre entre le chef de l’Etat Patrice Talon et l’ancien président de la République Boni Yayi continue d’enregistrer des réactions. La toute dernière est celle du président du parti "Les démocrates’’ Éric Houndété qui dans un entretien télévisé s’est prononcé sur cette rencontre entre les deux personnalités. Il a dit que sa formation politique partage les préoccupations exposées par Boni Yayi à cette occasion mais a tenu à rappeler qu’il n’y était pas en tant que président d’honneur de son parti. Quelle est votre appréciation de cette position ?
Je trouve que c’est une adhésion non assumée du parti à la rencontre du 22 septembre 2021 entre Patrice Talon et Boni Yayi. Même le président Boni Yayi a beau martelé au terme de cette rencontre que sa démarche était personnelle, cela ne suffit pas pour convaincre l’opinion d’une différenciation entre Boni Yayi l’ancien président de la République et Boni Yayi le Président d’honneur du parti "Les démocrates " en de pareilles circonstances, d’autant plus que toutes les doléances soumises par celui-ci à son successeur sont d’abord au profit de citoyens militants de ce parti ou de personnalités responsables du même parti. Je ne comprends pas que l’on puisse vouloir aller au paradis sans mourir d’abord. Le parti est prêt à bénéficier des retombées éventuelles de cette rencontre mais essaie de se dissocier de la démarche. Il y a une logique dans cette posture, c’est celle de l’hypocrisie. Comme j’ai eu à le dire à d’autres occasions, cette rencontre est une bonne chose et prouve à suffisance que le Président Patrice Talon est un homme de dialogue, un homme d’ Etat ouvert et profondément animé par l’esprit d’écoute et de concertation.

Vous avez sans doute appris la fusion entre l’Union Démocratique pour Bénin nouveau (UDBN) et le Bloc Républicain (BR). Quelles sont vos impressions suite à cette annonce ?
Tout d’abord, je dois vous dire que je suis très heureux de cette fusion. Vous savez très bien que l’un des objectifs de la réforme du système partisan est de faire animer la vie politique par des partis politiques ayant une envergure nationale, des partis grands et forts pour tourner définitivement la page de micro partis et de partis parasites. Ca fait maintenant trois ans que nous avons enclenché la mise en œuvre de cette réforme et je peux vous dire qu’avec cette arrivée de L’UDBN dans le Bloc Républicain, on peut être fier d’avoir été un ardent défenseur de cette révolution. Vous savez, le résultat que nous recherchons à travers la réforme va être obtenu dans le temps. Comme l’UBBN est en train de le faire avec le Bloc Républicain, d’autres formations politiques ayant une existence légale le feront aussi avec d’autres grands partis politiques établis. Il n’y a même pas de préparation particulière pour accueillir nos nouveaux camarades. Nous avons l’avantage d’avoir déjà en commun l’appartenance à la majorité présidentielle et le soutien aux nombreuses actions de développement que mènent le président Patrice Talon et son gouvernement. Les militantes et militants de ce qu’il conviendrait prochainement d’appeler ex UDBN sont chez eux. L’acclimatation et l’appropriation de nos valeurs devraient se faire à un rythme très accéléré, j’en suis convaincu.

Un nouveau code de l’administration territoriale est en étude au parlement. Il consacre une réforme structurelle de la décentralisation avec notamment l’instauration d’un poste de secrétaire exécutif, ordonnateur du budget communal, dans les collectivités territoriales. Que pensez-vous de ce pan de la réforme ?
Je pense que l’avènement du secrétaire exécutif dans l’administration communal va régler le problème d’exécution approximative et inefficace du budget communal car tout repose sur le budget. Pas de collecte de taxes et autres ressources publiques, Pas d’investissements, pas de réalisation d’infrastructures sociocommunautaires sans le budget. Une chose est de se doter d’un budget, une autre chose est de l’exécuter convenablement. L’adoption du budget est politique et sa mise en œuvre est technique. C’est une vérité universelle. La réforme permet aux politiques d’avoir toujours le contrôle de l’élaboration du budget car c’est le conseil de supervision, un nouvel organe politique crée par la réforme, qui l’adopte et le conseil communal le valide. Une fois validé, il revient au secrétaire exécutif de l’ordonner et le mettre en œuvre. C’est génial. C’est une thérapie à la mal gouvernance budgétaire dans presque toutes les communes de notre pays. Je souhaite vivement que les députés adoptent ce nouveau code de l’administration territoriale et que les Béninoises et les Béninois soutiennent son application.





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