Buhari-Talon-Issifou : La rencontre décisive

Arnaud DOUMANHOUN 14 novembre 2019

De l’ombre à la lumière. La rencontre tripartite annoncée ce jour entre les chefs d’Etats béninois, nigérian et nigérien est porteuse d’espoir pour des milliers de leurs compatriotes. Si le rapport de force n’est en faveur ni du Bénin ni du Niger, les populations nigérianes souffrent cependant autant de la fermeture des frontières imposées par leur gouvernement.
Depuis le 20 août 2019, la situation perdure et décime l’économie locale. Elle fait la préoccupation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et des chefs d’Etats et de gouvernement qui ont d’ailleurs évoqué le sujet à la dernière session extraordinaire de l’institution à Niamey le vendredi 8 novembre.
« La Conférence a été informée d’une réunion tripartite entre le Nigéria, le Bénin et le Niger pour trouver une solution, le 14 novembre 2019 à Abuja. Les Chefs d’Etat ont encouragé les parties à poursuivre les concertations en vue d’aboutir à un résultat acceptable pour toutes… ». Tel est le message des pairs. Sera-t-il entendu ce jour ? Une chose est claire, des couloirs diplomatiques à une rencontre d’Etat, le verdict devrait avoir un goût moins amer.

Les multiples appels à l’endroit du président Muhammadu Buhari, sont sans doute tombés dans des oreilles responsables, pour des avancées considérables. Les Etats sont souverains et s’il est admis que le Nigeria est en droit de protéger son économie notamment des affres d’une invasion de son marché par des produits provenant des puissances étrangères, il est tout aussi vrai que l’espace communautaire est régi par des normes, doté d’instances capables de gérer les différends entre Etats.
Il s’agira sans doute au cours de la rencontre tripartite de ce jour de faire des concessions, mais surtout de veiller à ne pas perdre la face au point d’hypothéquer l’avenir des générations futures. Face au géant, les présidents béninois et nigérien ont leur mot dire. Ils devront certainement donner les garanties d’un contrôle plus rigoureux des produits en transit vers le pays de Buhari.
Du côté du géant de l’Est, il est un secret de polichinelle que les produits de contrefaçon de son territoire envahissent les marchés de ses voisins. Un sujet qui sera peut-être abordé ce jour.

Toujours est-il que Patrice Talon et son homologue nigéria ont fait du chemin pour parvenir à cette table de dialogue, parce que subissant le lourd préjudice de cette situation inconfortable et incompréhensible au regard des accords communautaires sur le libre-échange.
Cependant, il faudra garder la tête haute. Jean-Jacques Rousseau disait que « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir ».





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