Clarifications de Sévérin Quenum, ministre de la Justice « Ne continuez pas de croire que la Criet est dirigée contre une catégorie de citoyens »

Arnaud DOUMANHOUN 3 octobre 2018

On en sait davantage sur l’importance et l’utilité de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), objet de polémique dans l’opinion nationale ces derniers jours. Face à la presse hier, le Ministre de la Justice, Séverin Quenum a essayé de remettre les pendules à l’heure reprécisant le rôle et les missions de cette juridiction. « La loi même a indiqué que c’est une juridiction spéciale. Il y a aujourd’hui quatre fléaux qui gangrènent le monde (la corruption, la drogue, le blanchiment des capitaux et le terrorisme). Dans un contexte de réformes où nous devons faire en sorte d’attirer les investissements, nous avons l’obligation d’apporter les solutions qu’il faut contre ces fléaux. Cette Cour a été créée par la loi du 2 juillet 2018 et installée le 27 août 2018 avec déjà deux audiences où il y’a eu des condamnations pour trafic de drogue. La Criet a une compétence en délictuelle et est nationale », a-t-il souligné. Sévérin Quenum a aussi répondu à ceux qui se plaignent du degré de juridiction. Pour lui, le double degré de juridiction n’est pas absolu et il en veut pour preuve le cas de la Cour constitutionnelle.

Pas d’acharnement politique
Ainsi, pour le ministre de la Justice, la création de la Criet ne répond nullement à un besoin d’acharnement contre les opposants au régime. « Dire que la Criet est instaurée pour constituer un outil d’acharnement contre les opposants, n’est pas du tout vrai. Ne continuez pas de croire que la Criet est dirigée contre une catégorie de citoyens », a-t-il martelé. Le Garde des sceaux est alors revenu sur les raisons de la convocation du député Valentin Djènontin, au sujet de la divulgation de courrier confidentiel, sur les réseaux sociaux. « Des investigations, il en ressort que c’est le beau-frère de l’honorable, le nommé Barnabé Linsoussi qui a pris la photo du document confidentiel et l’a expédié à Valentin Djènontin. Il a été régulièrement convoqué par l’Ocrc et a reconnu les faits lors de l’enquête préliminaire. Donc, le dossier pour lequel l’honorable est convoqué n’a aucun rapport avec des faits commis dans l’exercice de ses fonctions de ministre », a-t-il expliqué. Les populations sont aussi averties par rapport aux publications tous azimuts sur les réseaux sociaux en violation du code du numérique. Le cas Ajavon n’a pas été occulté au cours de cette conférence de presse. « La Criet a compétence pour connaître des affaires de corruption, de terrorisme, d’enrichissement illicite et de la drogue. Par rapport à l’affaire Ajavon, elle a compétence pour connaître de ce dossier et nous avons des juges souverains qui auront la liberté de dire le droit », a-t-il précisé. Le Ministre de la justice a saisi l’occasion pour réaffirmer une fois encore la volonté du Président Talon de lutter contre la corruption.





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