Condamnation de Ajavon à 20 ans de prison : Me Ahouangonou : « Ce n’est pas de l’acharnement politique »

Fulbert ADJIMEHOSSOU 22 octobre 2018

Le verdict de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) dans l’affaire de 18 kg de cocaïne continue de susciter des réactions. Alors que d’aucuns y voient un acharnement politique contre Sébastien Ajavon venu 3e à l’issue de la présidentielle de 2016, tel n’est pas le cas, selon Me Générick Ahouangonou. L’avocat de la Douane a expliqué comment ce dossier ayant déjà fait l’objet d’un procès pourrait refaire surface : « Après le procès du 4 novembre 2016, le Procureur Général a relevé appel le 26 décembre 2016. Ce qu’il faut comprendre est que les parties au procès disposent de 15 jours pour relever appel. C’est donc normal qu’ils sont allés chercher après ce délai une attestation de non appel. Mais la loi permet au Procureur Général de le faire dans un délai de deux mois. Ce qui est constant est que l’appel a été relevé au greffe. Et toute décision auquel appel a été relevé n’est pas définitive ». Ainsi, à l’en croire, il revenait à la Criet désormais compétente en matière de dossiers portant sur les stupéfiants de connaître de cette affaire. « Ce n’est pas de l’acharnement politique. Au moment où on a découvert la cocaïne, il n’était pas dans l’opposition et avait trois ministres au Gouvernement », a-t-il martelé.
20 ans de prison, pas étonnant
Ces clarifications apportées, l’invité de Zone Franche ne s’étonne pas de la peine infligée à l’homme d’affaires et à ses coaccusés. Il s’en tient à la jurisprudence de la Criet. « Toutes les peines sont jusque-là de 20 ans. On veut décourager le trafic de stupéfiants chez nous. Cela n’honore pas notre pays », a-t-il déclaré. Néanmoins, des interrogations subsistent sur les éléments qui sont intervenus entre le procès de Novembre 2016 et celui d’octobre 2018. « La décision en première instance était en flagrant délit. Avec la tension qui prévalait, on n’a pas eu le temps de décortiquer les éléments. Cette fois ci, ça a été fait en toute sérénité », a-t-il justifié. Puis il ajoute : « Ce qui est capital, c’est l’histoire de plomb. Au débarquement du container, le numéro du plomb est relevé d’office par le manutentionnaire et inséré dans le système. La preuve a été apportée que le conteneur n’a pas été violé à Cotonou ». Toutefois, le dossier n’est pas totalement clos, puisque les avocats des condamnés n’entendent pas laisser faire.





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