Course à la magistrature suprême : Talon donne l’avant-goût de la présidentielle de 2021

Angelo DOSSOUMOU 30 décembre 2020

Sur ce point, l’opposition l’attendait et ne rêve plus que de le prendre au mot. Du moins désormais, après le discours du président Patrice Talon sur l’état de la Nation et les assurances données non seulement à toutes les tendances qui l’ont écouté hier quant au respect du jeu démocratique mais aussi lors de sa tournée à l’intérieur du pays, elle peut espérer. Logiquement, malgré la barrière du parrainage, selon les dires de l’actuel locataire de la Marina dont la quasi-totalité des députés et des maires qualifiés pour ce fait sont ses soutiens, le prochain grand rendez-vous électoral sera une fête de la démocratie où les électeurs auront le choix entre plusieurs projets de société. Aussi, a-t-il souhaité que la finalité de cette compétition soit plus que jamais au service du développement durable du Bénin commun. Visiblement, l’actuel locataire de la Marina qui, à travers son discours dégageait une certaine sérénité, est prêt à en découdre avec ses challengers de l’opposition. Histoire certainement d’éprouver davantage les nouvelles règles électorales et de démontrer la justesse des options faites sous sa gouvernance pour une démocratie qui privilégie les masses populaires.
Mais jusqu’ici, rien ne prouve qu’à la fête du 11 avril prochain, tous les prétendants seront invités. D’ailleurs, le nombre de candidats qui pourront trouver place sur la ligne de départ ne dépassera pas 9. Un maximum induit par les réformes électorales qui suppose qu’au niveau des parrains, la bataille sera rude. Devant cette situation, les invités à la fête de la démocratie peuvent bien être des inconnus sur l’échiquier politique national. Face à cette possibilité, il est clair que le scepticisme demeurera jusqu’à la publication par la Cena de la liste des candidats retenus pour briguer la magistrature suprême en 2021. A tout point de vue, et pour une fois, la fête de la démocratie risque fort bien de ne pas l’être pour tous les Béninois. Car, dans un pays où le multipartisme intégral a longtemps régné et où des candidatures fantaisistes avaient même du charme, les restrictions quant aux prétentions présidentielles ne seront pas sans impact surtout en fonction de l’identité des recalés.
En définitive, la fête de la démocratie, comme l’a souhaité le président Talon dans son discours sur l’état de la Nation serait, quoi qu’on fasse, relative. Avec une opposition actuellement aux abois, les assurances données par le chantre du Nouveau départ sur la participation de toutes les dépendances au scrutin du 11 avril devraient, en principe, apaiser les esprits. Mais, une fois encore, tout devrait dépendre de la répartition des fameux parrainages. Une équation dont seuls les députés et les maires ont la solution. D’où, une impatience des prétendants sans élus qualifiés qui ne fera que grandir au fur et à mesure que le processus électoral avancera. En attendant que les lanternes ne soient véritablement éclairées, la seule certitude, c’est que Talon a parlé d’une fête. Alors gare à la volaille et au mouton qui se feront prendre.





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