Course à la Marina en avril prochain : 2021 année cruciale pour l’enracinement des réformes

Angelo DOSSOUMOU 5 janvier 2021

Une présidentielle apaisée. Une nouvelle expérience, avec les réformes politiques, économiques, judiciaires et sociales réussies. C’est à cet ultime test qui, sans doute sanctionnera l’enracinement d’un système démocratique que sont invités les acteurs politiques le 11 avril prochain. Car, sans qu’on ait besoin de le démontrer, la prochaine présidentielle s’assimile à un référendum d’approbation ou de rejet de la gouvernance du Bénin ces cinq dernières années. Autrement, des réformes politiques, judiciaires, sociales, économiques qui, il faut le rappeler, ont, pour la plupart, fait l’objet de divergences. Du coup, si après lesdites réformes, les législatives de 2019 n’ont pas comblé les attentes pour ne pas dire sont carrément à ranger dans les poubelles de l’histoire politique du Bénin et que les communales ont été pour beaucoup de partis, une expérience douloureuse, il va sans dire que ce troisième test post-réformes à l’ère de la Rupture à savoir la présidentielle d’avril prochain, permettra de tirer des conclusions plus idoines.
Mais avant, faudra-t-il d’abord que la compétition soit réellement ouverte et que les détracteurs desdites réformes puissent vraiment être dans le starting-block de la course à la Marina. Sinon, il ne s’agira plus d’un test mais plutôt d’une imposition et ainsi, nul ne pourra évaluer l’appréciation qu’ont les populations notamment du retrait du droit de grève, de l’instauration de la Criet, de la discrimination positive introduite dans la nouvelle Constitution, du parrainage et du taux de 10% exigible aux partis avant d’avoir un siège au parlement et dans les conseils communaux tels que définis par les dernières lois électorales.
A ce sujet, pour l’instant, on s’en tient à la volonté affichée du chef de l’Etat qui, à l’occasion de son discours devant la représentation nationale sur l’état de la Nation a affirmé que la course pour la conquête du palais de la Marina sera une fête de la démocratie où, ses compatriotes auront la possibilité de choisir entre plusieurs tendances et programmes de gouvernance. En un mot, la présence de candidats de la mouvance présidentielle, de l’opposition radicale, de l’opposition constructive et des indépendants. Même si les réformes politiques ne permettent plus d’avoir une flopée de candidatures, cet échantillon pour départager la classe politique s’avère nécessaire. Dans un tel cas, le triomphe de la mouvance à la présidentielle d’avril prochain sera aussi celui de toutes les réformes votées mais contestées par une opposition absente au parlement. En clair, un match ouvert où l’échec des différents partis qui œuvrent pour une alternance au pouvoir sera tout simplement synonyme d’un désaveu du peuple. Au cas contraire, ce sera au système de la Rupture, de se rendre à l’évidence qu’il est passé à côté de l’essentiel. Dans tous les cas, s’il y a match entre la mouvance et les oppositions reconnues, l’arbitre central pourra dire son mot et chaque partie sera fixée sur l’impact de ses actions sur le terrain. Ce qui est sûr, la politique au Bénin a, à plusieurs occasions, donné la preuve qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. D’ailleurs, le slogan d’avant et pendant la campagne du régime de la refondation en 2016 est évocateur. C’est désormais un secret de polichinelle que le ‘‘Après nous, c’est nous’’ chanté à tue-tête par les soutiens et sympathisants de l’ancien président Boni Yayi n’a pas eu un écho favorable dans les urnes. En définitive, sur l’importance des différentes réformes à savoir celles du système partisan, économique, sociale, judiciaire et leur approbation, la présidentielle de 2021 est le parfait test pour départager les uns et les autres. Mais déjà, assurons-nous que sur la ligne de départ d’une course de confirmation ou de désapprobation, la qualité des candidats soit au rendez-vous. Et ça, c’est une devinette pour laquelle, il est préférable de donner sa langue au chat.





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