Création du Haut-commissariat à la prévention de la corruption : Les députés en symbiose avec le gouvernement

Karim O. ANONRIN 21 avril 2020

Les députés à l’Assemblée nationale viennent de donner une nouvelle arme au gouvernement du président Patrice Talon dans sa politique de lutte contre la corruption au Bénin. Réunis en séance plénière ce lundi 20 avril 2020, ils ont adopté la loi portant création, mission, fonctionnement et attribution du Haut-commissariat à la prévention de la corruption. Aux dires du président de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme du Parlement, Orden Alladatin qui a présenté le dossier à la plénière, le Haut-commissariat à la prévention de la corruption au Bénin est un organe qui se veut beaucoup plus performant que l’Autorité nationale de lutte contre la corruption consacrée par la loi portant lutte contre la corruption et les infractions connexes adoptée il y a quelques années et qui avait à la fois la mission de prévention et celle de la répression.
Plus précisément, la loi portant création, mission, fonctionnement et attributions du Haut-commissariat à la prévention de la corruption composée d’une douzaine d’articles, vise la prévention et la dénonciation des faits de corruption. Ainsi, pour diriger le Haut-commissariat, il sera nommé un Haut-commissaire pour un mandat de cinq ans non renouvelable et qui sera chargé de recevoir les plaintes, de les analyser et d’établir leur véracité ou pas quitte à la justice de jouer sa partition en ce qui concerne la répression. Par ailleurs, elle participe à l’amélioration de la gouvernance à tous les niveaux. Le Haut-commissaire sera comme un haut fonctionnaire de l’État avec obligation de réserve.
Le Haut-commissaire à la prévention de la corruption aura également dans ses attributions, le droit de donner son avis facultatif pour la nomination de certaines personnes à de hautes fonctions au niveau de l’administration publique. Le Haut-commissaire à la prévention de la corruption est dirigé par un Haut-commissariat nommé par le président de la République par décret pris en conseil des ministres sur proposition du Ministre de la justice et choisi après enquête de moralité parmi les Magistrats, les juristes, les officiers supérieurs de police, les administrateurs des impôts, les administrateurs de finances, les administrateurs civils et les experts comptables de grande réputation professionnelle justifiant d’au moins quinze années d’expérience.





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