Dialogue politique au Bénin : « Mon Gouvernement prendra toutes les responsabilités qui sont les siennes », dixit Patrice Talon

Arnaud DOUMANHOUN 14 octobre 2019

Un pas de franchi. A la cérémonie officielle de clôture des travaux du dialogue politique, Patrice Talon a reçu les recommandations des participants et promis jouer sa partition. Ce pari n’est pas gagné d’avance mais à l’arrivée, l’hymne national à retenti ce samedi 12 octobre, à la salle bleue du palais des congrès de Cotonou, comme pour sceller un nouveau pacte autour des conclusions de ces assises inédites. Un progrès vers la décrispation de la tension sociopolitique. « Nous savons renoncer à nos acquis et nous débarrasser de nos frustrations pour ne nous laisser guider que par l’intérêt général. C’est bien la marque des grands peuples. Les propositions d’amélioration aux textes que vous avez formulées, feront l’objet d’une appréciation attentionnée de la part de mon Gouvernement qui, je vous le réaffirme, prendra toutes les responsabilités qui sont les siennes. Il en sera de même en ce qui me concerne personnellement », a déclaré Patrice Talon.
Au nombre des points ayant fait objet de consensus au cours de ces assises, on retient entre autres la nécessité de favoriser tous les partis politiques à participer aux élections prochaines à travers le toilettage des lois électorales, le maintien du principe de quitus fiscal, le vote de la loi sur le financement des partis, la prise de mesures pour plus de représentativité de la femme. Le ministère de l’Intérieur est invité à rester dans un rôle purement administratif en ce qui concerne l’obtention du statut juridique des partis. En ce qui concerne les doublures sur les listes de candidatures, les candidats doivent être tenus pour responsables et non les partis politiques ou ce candidat qui figure sur plusieurs listes purement enlevé.
Il faut noter que plusieurs points ont été objets de désaccord au cours de ces trois jours de débat politique sous l’égide du professeur Dorothée Sossa. Selon le premier rapporteur, le professeur Victor Topanou les participants ne se sont pas entendus sur la date de la tenue des élections générales quand bien même le principe est acquis. Pour les uns, il faut les faire en 2020, et les autres 2021.
Au nombre des mesures relatives à l’apaisement de la tension sociopolitique, les questions de l’arrêt des poursuites, arrestations à caractère politique et la mise en liberté des détenus dits politiques n’ont fait objets de consensus. « Ils auraient souhaité de votre part la libération de certains prisonniers, en particulier, ceux qui auraient été impliqués dans la crise électorale. Ils suggèrent, si vous en aviez la volonté, l’abandon des arrestations et des poursuites à caractères politique », a précisé à l’endroit du chef de l’Etat, le rapporteur Victor Topanou.
En recevant ce rapport des travaux, le chef de l’Etat a surtout salué l’esprit de consensus, de hauteur d’esprit des participants. « Il nous suffit de le vouloir et de nous mobiliser pour développer ensemble une autre idée du Bénin et en faire notre Grande Cause ; la seule qui détermine notre engagement et nos actions. Permettez-moi de vous avouer mon étonnement et ma fierté... Cela témoigne de ce que nous savons nous retrouver quand l’histoire ou les circonstances l’exigent », a conclu Patrice Talon.





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