Echanges commerciaux avec le géant de l’Est : Les frontières nigérianes verrouillées

Arnaud DOUMANHOUN 22 août 2019

Intégration régionale. Surprise, déception, impuissance. Le géant de l’Est a verrouillé ses frontières depuis la nuit du mardi 20 août. Les usagers de l’axe Cotonou-Lagos en feront l’amer constat à l’aube du mercredi. Une longue file d’attente à la frontière Sèmè-Kraké et la nouvelle s’est vite répandue : ‘’le Nigéria a fermé ses frontières’’. Mais le Directeur du commerce, Jean Bernard Favi va rectifier le langage sur la Radio nationale (Ortb) en cours de journée. « Le Nigéria n’a pas fermé ses frontières. On parle de verrouillage ou interdiction stricte des produits de la contrebande tels que le riz, les véhicules d’occasion et d’autres produits qui sont des produits interdits d’entrée par le Nigéria… », a-t-il expliqué.
A l’en croire, le pays de Mahamadou Issoufou a mis en place une politique pour développer la production locale, et ne veut plus que certains produits rentrent sur son territoire. « Alors qu’il y a quelques-uns de ces produits qui sont réexportés sur le Nigéria. La frontière n’est donc pas fermée, mais c’est plutôt une mesure pour sécuriser davantage… », a déclaré Jean Bernard Favi.
Ainsi, une quarantaine de produit réexportés à partir du Bénin, ne pourront plus franchir la frontière nigériane. Ceci relance le débat sur la dépendance vis-à-vis du géant de l’Est, mais surtout sur la nécessité d’augmenter la production intérieure.

Pourquoi seuls le Bénin et le Niger ?
Le Nigeria est un pays bordé à l’est par le Cameroun et le Tchad tandis que l’Ouest est lié par le Bénin, et le nord par le Niger. Pourtant, seuls le Bénin et le Niger sont bien souvent victimes de cette politique protectionniste de l’économie nigériane, qui reste une grande puissance sur le continent. D’où davantage l’intérêt pour ces deux pays de repenser non seulement leur politique, mais aussi de respecter les accords de coopération avec le géant. Sinon, l’épée de Damoclès ne prévient pas. En tout cas, en ce qui concerne le Bénin, les couleurs étaient annoncées depuis le 08 juin 2019.
Au cours de la Table ronde consultative sur la croissance de la Central Bank of Nigeria (CBN) à Lagos, le milliardaire homme d’affaires nigérian Aliko Dangote déclarait : « Ce qui nous tue le plus, c’est la contrebande. La contrebande est ce qui a réellement tué la plupart de nos politiques. Aucun pays ne peut survivre avec un voisin comme la République du Bénin. Leur principal travail est de faciliter la contrebande ».
La décision du verrouillage ne devrait donc pas surprendre. Libre échange d’accord, mais responsabilité d’abord. Si le Bénin ne peut rigoureusement respecter les termes d’échanges, le Nigéria a pris à juste titre ses responsabilités. C’est cela les grands Etats. Le Bénin et le Niger devraient aller à cette école.





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