En prélude aux municipales, communales et locales : La mouvance écume le terrain, l’opposition muette et absente

Moïse DOSSOUMOU 11 novembre 2019

Les élections municipales, communales et locales, c’est dans quelques mois. Courant juin 2020, le corps électoral sera convoqué pour renouveler les membres des organes délibérant aux plans municipal, communal et local de même que les premiers responsables des communes. Ces consultations électorales qui se tiendront pour la quatrième fois à l’ère du renouveau démocratique, seront l’occasion pour les électeurs de désigner ceux et celles qui auront la charge de mener la politique de développement de proximité à leurs côtés. Dans la perspective de ce scrutin, les partis soutenant les actions du chef de l’Etat ne perdent pas de temps. Très actifs, le Bloc républicain et l’Union progressiste marquent leur présence sur le terrain. Toutes les initiatives, tous les prétextes sont saisis pour s’exhiber sur le terrain. Le but, c’est de se rapprocher au maximum des populations pour obtenir leurs suffrages.
Fragilisée et divisée depuis les législatives d’avril 2019, l’opposition, dont l’essentiel évolue dans la clandestinité, est encore à la recherche de ses marques. Restaurer l’espoir, l’Union sociale libérale et le Parti communiste du Bénin pourraient encore essuyer les revers des législatives si leurs dossiers respectifs ne connaissent aucune évolution au ministère de l’intérieur. L’obtention du fameux récépissé provisoire est un obstacle fondamental qui se dresse sur leur chemin. Pendant ce temps, la Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) qui n’est pas dans le format de soutenir les actions du gouvernement et les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) en proie à des querelles internes, sont muets et absents. Pour l’heure, ce sont les deux partis reconnus par le ministère de l’intérieur et qui sont dans une posture d’opposition. Puisqu’ils ont été exclus des législatives, il leur faudra batailler dur pour arracher le maximum de sièges au terme des municipales, communales et locales. Un autre parti dit d’opposition, la Force cauri pour le développement du Bénin (Fcdb) qui se trouve dans un clair obscur, a du mal à se faire accepter comme tel.

L’attentisme dont ils font montre actuellement alors que leurs adversaires font feu de tout bois pour leur ravir la vedette sur le terrain leur sera préjudiciable. Avec la récente introduction du parrainage pour tout candidat à la présidentielle dans le droit positif béninois, ils ont l’obligation d’engranger beaucoup d’élus qui feront valider les candidatures à la magistrature suprême dès 2021. Rater ce coach serait suicidaire pour les contempteurs du régime en place qui ne pourront hélas participer à la prochaine présidentielle. Or, la tradition démocratique du Bénin a consacré les élections inclusives, hormis la triste parenthèse de avril 2019. Pour éviter que cet accident de parcours se perpétue, l’opposition, malgré sa fragilisation devrait donner de la voix, descendre sur le terrain et participer activement à l’animation de la vie politique nationale. Ce n’est qu’en agissant ainsi qu’elle aura voix au chapitre et inverser le cours des événements avec la bénédiction du corps électoral. Rester bras croisés pendant que les adversaires sont au front, leur réservera encore des surprises désagréables dans quelques mois. Une élection se gagne à l’avance. Comme le dit l’adage, « qui veut aller loin ménage sa monture ».





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