Entretien avec Christhelle Houndonougbo, Directrice de l’administration de l’UP : « Nous souhaitons que tous les partis participent aux élections »

23 mars 2022

Que pensez-vous de la décision de la Cour constitutionnelle qui a pris le personnel politique de court en fixant la date des prochaines législatives au 8 janvier 2023 ?
L’Union progressiste ne peut pas s’inscrire sur la liste des partis qui ont été pris de court. L’UP reste à la date d’aujourd’hui le plus grand parti du Bénin. L’UP a la majorité à l’Assemblée nationale et contrôle le plus grand nombre de communes dans notre pays. En tant que tel et par rapport à l’organisation, à la structuration de l’UP et le travail qui se fait dans les villages, quartiers de ville, arrondissements et communes sur toute l’étendue du territoire national, notre parti ne peut pas être pris de court par rapport à l’annonce de la Cour constitutionnelle. Ce que notre parti fait, c’est de prendre les dispositions nécessaires pour mieux participer aux législatives du 8 janvier prochain. Notre parti est habitué aux échéances électorales et en tant que tel nous sommes prêts pour les élections. Ceci étant, il faut dire que la Cour constitutionnelle n’a fait que mettre en exécution les dispositions de la loi sur le processus électoral. Donc c’est une interprétation de la loi suite à la requête du président de la Commission électorale nationale autonome (Cena). Nous reconnaissons tous que cette période est très importante pour chaque béninois puisque cela tombe sur les fêtes de fin d’année. En tant que parti politique, nous avons le devoir de commencer par sensibiliser les populations, les électeurs par rapport à cette période électorale exceptionnelle que nous allons connaître dans quelques mois. Chaque parti politique devra prendre les dispositions nécessaires pour que, ensemble, nous puissions montrer aux populations, que, outre les fêtes, cette période est également importante et charnière pour notre démocratie. Ce sont ces élections qui nous permettront de faire la transition vers les élections générales en 2026 et il va falloir comme nous l’avons fait par le passé que nous fassions montre d’un grand engagement dans ce processus de préparation. En tout état de cause, l’UP avec son président, la direction exécutive et les responsables à divers niveaux prendront les dispositions nécessaires pour une brillante participation à ces élections. Nous étions déjà aux législatives de 2019. Vous savez ce qui s’est passé lors des municipales et communales de 2020 où le code électoral contraignait chaque parti à présenter des candidats dans tous les arrondissements. Nous avons déjà fait cette expérience et nous avons une équipe bien rôdée dans ce sens. Pour la dernière présidentielle de 2021, nous avons été sur le terrain avec notre organisation, notre machine. Par conséquent, l’UP est prête pour participer au scrutin législatif du 08 janvier prochain.
Nous ne pouvons pas aujourd’hui comparer la situation de 2019 à celle de 2023. Aujourd’hui, le ministère de l’intérieur a reconnu officiellement certains partis politiques régulièrement constitués et qui iront devant la Cena avec leurs dossiers. A l’UP, nous souhaitons que ce processus engage tout le monde afin que toutes les formations politiques qui le désirent puissent aller à la compétition. C’est la compétition qui permettra à chaque parti politique de connaître et d’accepter sa place sur l’échiquier politique national. Ce serait une bonne occasion pour l’UP de confirmer sa position de leader sur le plan politique. Notre souhait est que tous les partis qui remplissent les conditions puissent participer à ces élections.

Serez-vous candidate à ces élections ?
Je suis dans une position à l’UP. Nous avons nos instances de décision et le parti, par rapport à sa vision et ses perspectives installera et confirmera chacun de nous dans la place qui nous permettra de contribuer au développement de notre pays, d’être aux côtés du gouvernement pour la réalisation des grandes œuvres qui offriront le meilleur à tous nos concitoyens. A l’UP, notre conception, c’est de mettre chacun dans une position qui nous permette de construire une nation forte qui se développe.

Peut-on avoir une idée sur votre discours de campagne ?
L’UP a pour idéologie, la social-démocratie. En tant que tel, nous sommes à cheval sur toutes les actions qui mettent l’être humain au cœur du développement. Nous prônons la justice, le travail, la fraternité, la solidarité. Notre devise est : « patriotisme-travail-solidarité ». Nous irons sur le terrain pour expliquer aux Béninois que nous soutenons et accompagnons le chef de l’Etat dans ses réformes qui permettent aux populations d’avoir l’instruction, de bien se soigner, de s’épanouir dans son secteur d’activité. Nous leur dirons que nous soutenons les actions du gouvernement en faveur de la protection de la femme et de la jeune fille. Nous irons dire aux Béninois qu’à l’Assemblée nationale, nous voterons les textes qui feront du Bénin une nation forte qui a à cœur le développement de chacun et de tous. Nous dirons aux Béninois que nous sommes à une phase de transition, à une étape qui nous permettra de construire un avenir meilleur pour nos enfants. Nous allons solliciter leur soutien pour faire face aux situations que nous vivons aujourd’hui à savoir l’insécurité à nos frontières. Nous devons rester soudés avec le gouvernement pour régler ces problèmes. Nous avons également le problème de la cherté de la vie et nous allons accompagner le gouvernement à le régler. Nous allons progresser dans les actions porteuses. Notre pays est à un tel niveau aujourd’hui qu’il serait dommageable à nos progénitures de reculer. Nous allons corriger ce qui n’a pas été porteur, ce qui n’a pas été rassembleur pour que nous puissions aller de l’avant. C’est ce discours que nous allons développer sur le terrain. Nous dirons aux populations que l’UP est le seul parti qui puisse porter leurs préoccupations aux oreilles du gouvernement pour améliorer leur quotidien.

Comment vous préparez-vous pour la bataille de positionnement des candidats sur les listes de candidature ?
Qui vous dit que l’UP n’est pas déjà prête en ce qui concerne la 9ème législature et le positionnement de chaque militant et chaque militante ? Comme je l’ai dit, en 2020, lors des communales, où il fallait positionner des candidats dans tous les 546 arrondissements de notre pays, nous avons relevé le pari de façon extraordinaire. Car, nous avons reçu les félicitations de la Cena pour le sérieux du travail qui a été abattu. Si nous avons envoyé plus de 3000 dossiers et que aujourd’hui, il s’agit d’envoyer des dossiers dans 24 circonscriptions électorales pour 109 personnes, vous pouvez comprendre que l’UP est très à l’aise dans cet exercice. Nous prendrons toutes les dispositions pour présenter à la Cena les dossiers conformément aux dispositions de la loi.
Pour ce qui est des positionnements, nous disposons des instances au niveau communal, départemental et au plan national qui s’occupent de ces questions. L’UP a sa méthode. En ce moment, les listes seront constituées avec la bonne méthode, car il s’agit pour nous de confirmer notre place de leader et d’aller au-delà. Quant aux femmes, la loi autorise qu’il y ait des postes réservés pour le genre. Chaque circonscription dispose d’un siège pour les femmes. En tant que première force politique du pays, l’UP se battra pour avoir le plus grand nombre de femmes à l’Assemblée nationale. En notre sein, nous disposons dans toutes les circonscriptions électorales des femmes qui sont à la hauteur pour relever ce défi.

Il est fait le constat que la 8ème législature n’a pas su jouer son rôle de contre-pouvoir. Etes-vous de cet avis et que faire pour améliorer cela ?
Il serait bon de prendre autrement les choses. On ne peut taxer l’Assemblée de monocolore parce qu’il n’y siège que des partis de la mouvance présidentielle. Je pense que l’UP reste UP et le BR reste BR. La 8ème législature est composée de deux partis politiques. L’UP reste le parti majoritaire. Aucun texte de notre République n’a parlé d’opposition et de mouvance à l’Assemblée nationale. Au parlement, on parle de majorité et de minorité. Et si on se retrouve dans le schéma où l’Assemblée nationale n’est composée que des députés de l’opposition. On nous dira qu’elle est monocolore ? Nous devons voir les choses autrement à savoir que aujourd’hui tous les partis politiques constitués puissent aller à la compétition et que ceux qui gagneront aillent à l’Assemblée. Nous n’avons pas besoin de présenter le tableau politique par rapport à nos ressentiments et nos positions. Ce que nous souhaitons à l’UP, c’est que tous les partis politiques participent à la compétition et soient représentés à l’AN pour que nous puissions tous travailler pour notre pays.

Quid des fausses promesses aux électeurs ?
Je crois fondamentalement que la valeur d’une promesse dépend de la valeur de la personne ou de l’entité ou encore de l’instance qui fait la promesse. Il faut également préciser que parfois, il y a des contingences qui ne permettent pas de réaliser les promesses annoncées. Et ce sont des éléments qui entrent en ligne de compte dans l’évaluation du respect des engagements. Il faut souligner que le politique n’a jamais d’excuse vis-à-vis des populations quant à la non réalisation des promesses. L’autre chose à préciser, c’est qu’il y en a qui vont sur le terrain et qui parlent de promesses qu’ils savent qu’ils ne peuvent jamais tenir. Mais aujourd’hui, dans notre contexte où les partis et non les individus vont sur le terrain, la chose est plus gérable. Nous autres voulons dire aux populations que, en réalité, nous n’avons pas de promesses à faire. Nous nous engageons dans la continuité des actions qui sont déjà faites, des chantiers ouverts et qui se poursuivent, des chantiers à ouvrir. Nous irons dans des engagements qui permettent une réalisation plus accélérée des choses.

Avez-vous un appel à lancer ?
Je voudrais compter sur la maturité de chaque Béninoise et de chaque Béninois afin que le rôle républicain soit joué de bonne foi. Je souhaite que nous allions à ces élections dans la concorde, la fraternité et dans la paix. Je voudrais attirer l’attention des partis politiques sur les dispositions à prendre pour que nous puissions être en règle vis-à-vis de nos textes afin d‘éviter les surprises de dernière minute. Je souhaite que nous soyons tous prêts pour aller à ces élections. Pour ce qui est de l’UP, nous serons au rendez-vous pour la construction d’une nation unie et forte qui respecte ses concitoyens. Je voudrais déjà modestement demander à chaque état-major des partis politiques de se mettre dans les starting block parce que aller aux élections de janvier 2023, c’est déjà se positionner à partir de maintenant.





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