Entretien avec Clémentine MICHODJEHOUN AKOTEGNON, Directrice de l’Ecole du parti Moele-Bénin : « Nous allons œuvrer à l’entrée de nos langues nationales au parlement »

22 mars 2022

Que pensez-vous de la décision de la Cour Constitutionnelle qui a pris de court certaines chapelles politiques ?
Vous dites que des chapelles politiques ont été prises de court par une décision de la Cour constitutionnelle alors même qu’elle n’a fait que confirmer une disposition prévue de longue date par le code électoral ? En tout cas, ce n’est pas le cas de Moele-Bénin. Par contre, nous avons effectivement noté une certaine effervescence ou fébrilité au niveau de quelques partis politiques au lendemain de la décision de la Cour constitutionnelle qui a confirmé la date du prochain scrutin législatif au 8 janvier 2023.
Mais contrairement à ces formations politiques, l’annonce ou la confirmation de cette date ne nous a guère ébranlés à Moele-Bénin. Nous avons travaillé depuis des mois à être prêts à tout moment pour aller à ces élections législatives. En réalité, seuls ceux qui ne se sont pas préparés conséquemment semblent être pris de court par la décision de la Cour constitutionnelle. En plus, notre parti refuse de se laisser distraire par des polémiques inutiles ou des débats vaseux. Nous voulons rester focus sur notre principal objectif qu’est l’entrée en masse de députés aux couleurs de Moele-Bénin à l’Assemblée nationale. Pour nous, 2023 c’est maintenant !

Votre formation politique est régulièrement enregistrée. Mais, le constat est là. En 2019, tous les partis ayant une existence légale n’ont malheureusement pas pu prendre part à la compétition. En 2023, seriez-vous sur la ligne de départ de la course au Palais des gouverneurs ?
Bien évidemment que le parti Moele-Bénin sera en 2023 dans le starting-block pour la course au Parlement. Nous attendons d’ailleurs ce moment avec beaucoup d’enthousiasme. Et comme nous vous le disions tantôt, nous nous préparons en conséquence. Mieux, des échecs d’hier, nous en avons tiré tous les enseignements et les utilisons aujourd’hui à bon escient pour les succès de demain. Autrement, pour notre parti, l’absence de la course législative en 2019 ne constitue pas un handicap. Bien au contraire, elle est une source de motivation pour l’ensemble de nos militants et sympathisants, plus déterminés que jamais.

Le leitmotiv d’un parti politique, c’est la conquête du pouvoir d’Etat par la voie des urnes. Cela suppose une idéologie, un discours et un programme d’actions. Pouvez-vous nous lever un coin de voile sur ce que vous envisagez vendre aux électeurs afin qu’ils soient acquis à votre cause ?
Nous voudrions rappeler à toutes fins utiles qu’à Moele-Bénin, nous mettons un point d’honneur à travailler pour la patrie dans la vérité. C’est cela qui nous distingue, sans fausse modestie, dans l’arène politique nationale. De ce point de vue, notre parti s’est toujours gardé de vendre du vent ou des illusions à nos compatriotes. Notre posture paraît utopique dans un environnement politique où les contre-vérités sont très usées mais nous avons fait le choix de la vérité.
Pour votre information, le parti Moele-Bénin dès sa création a adopté la social-démocratie de libéralisme participatif solidaire. Elle est une approche politique propre à Moele-Bénin dans un contexte où la solidarité nationale et internationale tend à disparaitre des valeurs qui fondent les sociétés humaines. C’est sur ce socle que nous élaborons et peaufinons notre programme de législature en associant étroitement toutes les couches sociales y compris les personnes vulnérables.
Au moment opportun, nous rendrons publics les chantiers sur lesquels nos élus travailleront une fois installés à l’Assemblée nationale. Mais déjà, retenez que nous allons œuvrer à l’entrée de nos langues nationales au parlement, de sorte que les débats parlementaires ne soient plus limités seulement au français pour permettre au peuple dans son ensemble de les suivre et à tous les députés quel que soit leur niveau de participer convenablement aux débats à l’hémicycle. De même, nous allons travailler pour que les Béninois de l’extérieur soient représentés à l’Assemblée nationale. Nous allons nous atteler aussi à changer le mode de scrutin pour les élections législatives afin de mettre un terme au scrutin de listes qui apparaît à nos yeux comme une escroquerie du peuple. Car nous estimons que le scrutin uninominal à deux tours ou le scrutin de liste avec les communes comme circonscriptions électorales permet au peuple de savoir pour qui il veut voter réellement.
A cela, deux autres chantiers majeurs nous tiennent beaucoup à cœur. Il s’agit pour nous de lancer le débat sur la revue de notre système démocratique pour l’adapter à nos réalités socio-culturelles. Nous envisageons également faire proscrire le caractère facultatif de l’ancrage idéologique des partis et l’inscrire comme une exigence de la loi. Parce qu’un parti politique sans idéologie est un parti sans valeurs fondatrices, un parti sans âme.

La 9ème législature comptera 109 députés et au moins 24 femmes issues des 24 circonscriptions électorales. Cela fait beaucoup de dossiers à présenter et sans doute, un casse-tête dans le positionnement des candidats. Au niveau de votre parti, comment comptez-vous gérer la guerre des ambitions et être à jour ?
Il est un fait que Moele-Bénin n’était pas présent aux dernières élections législatives et communales. Mais cela ne veut aucunement dire que nous n’avons pas une culture ou une pratique des élections. Depuis 2018, nous avons participé régulièrement à toutes les échéances électorales avec des fortunes diverses.
D’ailleurs, pour nous prémunir d’éventuelles mauvaises surprises, les instances du parti ont décidé de la création d’une direction dédiée aux élections. Elle est composée de cadres compétents et outillés du parti. Vous comprenez alors qu’au niveau de Moele-Bénin, le nombre de dossiers à présenter n’est pas pour nous un casse-tête, encore moins un obstacle.
De même, la structuration du parti n’admet pas une quelconque guerre ou cacophonie des ambitions. Pour ce faire, nous mettons un accent sur la stricte application de nos textes qui ont prévu le mécanisme de la désignation des candidats à une élection. Et même en cas de conflit, les instances habilitées du parti sauront arbitrer en tenant compte de l’intérêt général.

Il est reproché à la 8ème législature de n’avoir pratiquement pas joué son rôle de contre-pouvoir indispensable pour tirer le meilleur d’une gouvernance. Que faut-il pour corriger cet état de chose ?
Permettez-nous de vous dire que nous ne percevons pas les choses de la même manière. Pour nous à Moele-Bénin, les députés de la 8ème législature jouent, dans les limites de leurs prérogatives, leur partition. Nous n’en voulons pour preuve que les lois audacieuses qui ont été votées relativement à la protection et à la promotion de la femme, aux réformes du système partisan, à la lutte contre la corruption, etc. A cela s’ajoutent les commissions parlementaires aux fins de vérifier la gestion de certaines entités publiques et l’interpellation régulière du gouvernement pour éclairer l’opinion publique et la représentation nationale sur des sujets d’intérêt national.
Certes, aucune œuvre humaine n’est parfaite. C’est dans cette optique que nous veillerons au niveau de Moele-Bénin à corriger les éventuels biais et à insuffler un nouveau dynamisme à la pratique parlementaire au Bénin.

Avant la campagne, la précampagne a déjà commencé avec son cortège de promesses électorales. En toute sincérité, que valent aujourd’hui les promesses des acteurs politiques quand on sait que généralement après les votes, c’est l’indifférence ?
Au début de cet entretien, nous vous disions qu’à Moele-Bénin, nous travaillons pour la patrie dans la vérité. De ce fait, nous nous interdisons de faire des promesses électoralistes à nos compatriotes. Nous n’en avons d’ailleurs pas besoin car nous sommes convaincus que la majorité de nos compatriotes partagent et adhèrent aux idéaux et aux valeurs de Moele-Bénin. De plus, et vous pouvez en faire le constat sur le terrain, Moele-Bénin est l’un des rares partis politiques à être aux côtés des populations au quotidien. Nous n’attendons pas les élections avant d’aller vers les populations dans leur milieu de vie. Oui, nous sommes fiers de le dire, Moele-Bénin est un parti de proximité.

Votre mot de la fin ?
Nous saisissons cette opportunité que vous nous offrez pour lancer un appel à la mobilisation à l’endroit de nos vaillantes et laborieuses populations. Nous les exhortons à participer massivement aux opérations de l’Anip relatives surtout à l’affichage des listes et au recensement des électeurs.





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