Entretien avec Guy MITOKPE du parti « Restaurer l’espoir » : « Il faut recoller les morceaux dans le sens de la reconstruction de notre démocratie »

22 mars 2022

Que pensez-vous de la décision de la Cour constitutionnelle qui a pris le personnel politique de court en fixant la date des prochaines législatives au 8 janvier 2023 ?
Comme la plupart de nos concitoyens, j’ai aussi appris que les prochaines élections législatives sont prévues pour le dimanche 8 janvier 2023. Est-ce qu’il faut vraiment se prononcer sur la décision de la Cour ? Ce que je sais, c’est que les élections législatives, c’est pour le renouvellement de l’instance qui s’occupe de légiférer, donc c’est un moment très important qui montre que nous devons aller vers la dynamisation de la démocratie. Les populations doivent s’organiser pour choisir ceux qui parleront en leur nom. Pour moi, c’est un élément important qui va nous renseigner sur la qualité de notre démocratie. Le 8 janvier prochain, si la Providence nous donne la grâce de la santé et de la vie, nous devons pouvoir nous réconcilier avec notre peuple et avec les élections qui constituent pour moi, un moment de fête et de convivialité.

En 2019, votre parti n’a pas pu prendre part aux législatives. Cette année, serez-vous en lice ?
Pour ce qui est de ma participation personnelle à ces élections, pour le moment, je n’ai pas les moyens ou les outils qui vont confirmer ma participation. Mais je sais une chose. Nous devons tout faire pour que notre démocratie sorte grandie de ces prochaines consultations électorales. Comme je l’ai dit, le plus important est que nous puissions renouer avec les périodes électorales de fête où chaque citoyen se sent valorisé parce qu’il a la possibilité de s’exprimer sur ce qu’il pense des performances des dirigeants. Pour moi, c’est une question de structure, c’est une question de renouvellement de cette instance et cela va au-delà de l’individu que je suis.

Peut-on avoir une idée sur votre discours de campagne ?
Si les conditions démocratiques qui permettent aux uns et aux autres de s’exprimer sont garanties, il faut rester dans la posture de celui qui pense soit qu’il a déjà apporté quelque chose, soit qu’il a quelque chose de nouveau à apporter. Pour ceux qui ont déjà pris par là, ça doit être un moment d’évaluation. Pour les autres, si le peuple leur fait confiance, ce sera une nouvelle expérience. L’argument principal, c’est de mettre d’abord le Bénin en exergue. Il ne s’agit pas de travailler pour sa propre cause. Ce dont il est question, c’est que nous puissions travailler pour la construction d’une nation plus moderne et plus grande. Si le jeu démocratique est réellement ouvert, si on donne la possibilité aux uns et aux autres de s’exprimer, je pense que les arguments dans un camp comme dans l’autre ne manqueront pas. Le plus important, c’est que non seulement celui qui est à la conquête du suffrage doit savoir que le mensonge ne sera pas admis. Il y aura forcément deux types de personnes sur lesquelles les électeurs devront se prononcer. Le premier type, c’est ceux qui ont déjà été parlementaires. Quel bilan peuvent-ils présenter ? L’autre type, c’est la seconde catégorie, ceux qui n’ont jamais été et qui vont à la conquête du parlement. Quelles sont les promesses réalistes qu’ils feront ? A titre personnel, j’ai déjà une expérience et je suis à même de dire aujourd’hui ce que je peux contribuer à améliorer, ce que je vais donner davantage si l’opportunité se présente pour que je sois présent à ces élections. Mais le plus important, ce n’est pas ma personne, le plus important, c’est que nous puissions constater que nous avons renoué avec la démocratie.

Comment vous préparez-vous pour la bataille de positionnement des candidats sur les listes de candidature ?
Sur la base de la loi qui positionne les élections pour le 8 janvier 2023, notre parlement devrait passer de 83 à 109 membres avec d’office 24 femmes qui feront leur entrée au parlement. Pour moi, c’est déjà une bonne chose, parce que toutes les lois qui protègent les femmes, les enfants, sont à saluer. Je milite dans le sens que nous puissions aller au-delà parce qu’il y a des circonscriptions électorales aujourd’hui qui sont sous-représentées. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter le nombre d’élus, il faut passer de 83 à 109 personnes patriotes et véritablement engagées à donner le meilleur pour la nation. Il faudra apporter de la qualité au sein du parlement.

Que faut-il faire pour que le parlement joue véritablement son rôle ?
De ma position, j’ai peu de difficultés, compte tenu des antécédents de 2019, à parler de ceux qui sont là actuellement. J’estime qu’il est temps que nous puissions évoluer sur les questions et essayer de recoller les morceaux dans le sens de la reconstruction de notre démocratie. Pour moi, c’est le plus important, quand on regarde le passé, ce n’est pas pour s’y loger. Il faut regarder vers l’avenir, vers ce qui vient. Cela doit être un moment de convivialité. Il ne sert à rien de garder le statu quo sur ce qui n’a pas marché.

Quid des fausses promesses aux électeurs ?
Pour ce qui est de la question des promesses aux électeurs, il faut être conséquent avec soi-même. Je suis d’une éducation qui postule que même en politique, il faut faire la promotion de la vérité. La démagogie, ce n’est pas une bonne chose. La base de toute campagne électorale, ce sont les promesses. Mais il faut faire des promesses réalistes. Quand on est en campagne, on ne fait pas de promesses contre les intérêts de la nation ou contre le bien des populations. Je ne trouve pas d’intérêt à ne pas réaliser des promesses qui améliorent le mieux-être si on a les moyens de le faire. Je continue de croire qu’on peut faire des promesses et les tenir. Nous pouvons donner de l’espérance à ceux qui n’ont pas accès à l’eau potable, à ceux qui pensent qu’on peut améliorer la qualité des soins, de notre école. Il faut le souligner, dans un système démocratique, le parlement est le siège du développement. Ce sont les députés qui légifèrent. Le développement de toute nation est tributaire de la qualité des lois qui sont votées. Il y a également à consentir l’impôt et à contrôler l’action du gouvernement.

Avez-vous un appel à lancer ?
Pendant longtemps, je suis resté muet sur les questions politiques pour me consacrer à mes études doctorales. Je suis pratiquement à la fin de ce processus. Si je peux apporter ma pierre à la construction de la nation, je n’hésiterai pas. Je travaille dans ce sens pour que jamais ne disparaissent les valeurs et les principes qui fondent une nation forte.





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