Etude du Projet de budget de l’État gestion 2020 : Les Ministres Assouman et Mathys devant la Commission budgétaire

Karim O. ANONRIN 19 novembre 2019

La Commission budgétaire de l’Assemblée nationale présidée par le député Gérard Gbénonchi, a reçu hier lundi 18 novembre 2019, deux membres du gouvernement dans le cadre de l’étude du projet de budget général de l’Etat, gestion 2020. Il s’agit de la Ministre de l’industrie et du commerce, Shadiya Alimatou Assouman qui est allée défendre un projet de budget de 3.381.188.000 Fcfa pour son département ministériel et de la Ministre du travail et de la fonction publique, Adidjatou Mathys qui est allée défendre un projet de budget de 7.068.000.000 FCFA pour le compte dudit ministère au titre de l’année 2029. Globalement pour ces deux membres du gouvernement du président Patrice Talon, l’année 2020 sera celle de mise en œuvre de certaines réformes et celle de la concrétisation de plusieurs projets déjà mûris puis lancés. En dehors de la Ministre Shadiya Alimatou Assouman et sa collègue Adidjatou Mathys, la Commission budgétaire du Parlement a aussi reçu le Ministre d’Etat, Chargé du plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané et la Cour constitutionnelle représentée par son vice-président, Amouda Razaki Issifou.

Les déclarations des Ministre Assouman et Mathys ainsi que celle de Amouda Razaki Issifou)

Shadiya Alimatou Assouman, Ministre de l’industrie et du commerce

« …Pour l’année 2020, nous aurons un budget de 3.381.188.000 Fcfa à exécuter sur 3 grands programmes à savoir le programme commerce, le programme industrie et le programme soutien aux services. Par rapport aux grands axes d’utilisation de ce budget, nous allons commencer le E-commerce qui est un projet phare du Programme d’Actions du gouvernement (PAG). Nous allons réécrire notre politique industrielle, l’adapter à la réalité commerciale mondiale d’aujourd’hui, renforcer le droit du consommateur à travers l’élaboration d’un code des consommateurs pour continuer notre programme de vérification de la qualité des produits sur nos marchés. Nous avons un grand projet de transformation de nos produits locaux et un projet important sur le coton à travers le programme international appelé ’’la route du coton’’ qui consiste à mettre en place des outils pour l’optimisation des sous-produits coton. Nous avons également un plan sur la recherche des marchés nouveaux puisque nous avons la chance d’avoir au moins 3 produits avec chacun une identification géographique tels que le ‘’Agonlin Mi’’, l’ananas pain de sucre et le ’’gari sohoui’’ de Savalou qui nous permettent d’aller sur des marchés plus grands. Nous avons désormais un label de qualité maîtrisé.
Les députés ont pris connaissance du communiqué final de notre dernière réunion tenue à Abuja par rapport à la fermeture des frontières terrestres avec le Nigéria, une réunion qui nous donne beaucoup d’espoir. Quelque part, cette situation nous réveille sur notre politique commerciale et les députés en sont conscients. Ils l’ont évoqué et ils voulaient être rassurés. Nous les avons rassurés sur l’activation que nous avons dans nos projets de recherche de marchés nouveaux. Cela ne veut pas dire que nous abandonnons toutes relations avec nos voisins. Le vivre-ensemble est obligatoire. Il faut juste prévoir les termes du vivre-ensemble. Au sujet des marchés nouveaux, je vais prendre l’exemple de la Chine qui vient d’accepter notre soja. Contrairement à ce que les gens croient, nous sommes dans des relations commerciales. On dit libre-échange, c’est plutôt ‘’je t’aime bien, mais je me préfère’’. Nous pouvons commercer ensemble selon certaines règles. Le Bénin est en train de prendre conscience de son potentiel suite à la fermeture des frontières avec le Nigéria… »

Adidjatou Mathys, Ministre du travail et de la fonction publique

« …Je viens de présenter le projet de budget de l’année 2020 du ministère du travail et de la fonction publique qui s’élève à 7.069.000.000Fcfa contre 7.218.000.000 Fcfa au titre de l’année 2019. Il a connu une baisse de 2,06%. Vous savez que le ministère du travail et de la fonction publique qui a travaillé jusqu’en décembre 2016 de façon manuelle a engagé plusieurs réformes de modernisation de l’administration publique, de modernisation et la dématérialisation de la gestion des ressources humaines de l’Etat (…) Il y a d’autres modules que nous allons développer au cours de l’année 2020. Depuis quelques années déjà, pour réduire les tracasseries des fonctionnaires de l’Etat qui sont obligés de perdre du temps et de l’argent pour venir à Cotonou, nous avons enclenché la mise en ligne des actes de suivi de leur carrière. L’agent qui se trouve à Boukoumbé peut constater une amélioration de son salaire sans avoir besoin de venir le vérifier au niveau du ministère des finances à Cotonou. Nous poursuivons également la réforme des pensions. C’est une préoccupation essentielle du Chef de l’État, le président Patrice Talon, qui ne veut plus que les agents admis à la retraite et qui sont d’un âge avancé continuent de subir des tracasseries. Nous voulons créer l’école de formation pour renforcer les capacités des agents. Il y a aussi la réhabilitation des archives qui va se poursuivre au cours de l’année 2020.
Il y a un certain nombre de préoccupations qui ont été soulevées par les députés et auxquelles nous avons essayé de répondre. En ce qui concerne les recrutements, nous avons déjà dit que ce n’est plus systématique parce que nous ne devrions pas dépasser 35% en masse salariale par rapport à l’assiette fiscale. Or, aujourd’hui, nous avoisinons les 42% voire 44%. D’ici là, nous allons évaluer les compétences et les effectifs de la fonction publique. Est-ce que tel service X a besoin d’autant d’agents ? Est-ce que tel autre service n’en a pas besoin plus qu’un autre ? Nous ferons un redéploiement systématique au lieu de recruter d’année en année alors qu’on n’en a pas besoin. Ils ont évoqué le problème de résorption du chômage qui devra trouver sa solution dans la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, un gros projet que le gouvernement va bientôt lancer pour permettre aux jeunes de s’auto-employer… »

Amouda Razaki Issifou, Vice-président de la Cour constitutionnelle

« …Le budget de la Cour constitutionnelle pour 2020 s’élève à la somme de 1 milliard 561 millions 469 mille FCFA. Ce budget connaît une légère amélioration par rapport au budget de 2019 qui était de 1 milliard 301 millions 101 mille FCFA. Cet accroissement est dû essentiellement à la prise en compte des mesures à l’endroit de quelques membres du personnel pour améliorer les conditions de travail. Une bonne partie du budget prend en compte les dépenses du personnel et les dépenses de matériels. Nous n’avons pas de travaux en vue. Les travaux en vue, c’est la réfection du bâtiment de la Cour constitutionnelle qui est prise en charge par le budget national, notamment par le ministère de l’économie et des finances.
Les députés ont reconnu et ont déploré la faiblesse du budget, compte tenu du travail qui se fait au niveau de cette haute juridiction. La Cour constitutionnelle même n’a pas manqué de déplorer cela. Mais nous essayons d’être en phase avec les ressources de l’Etat. Nous apprécions déjà le léger accroissement dont nous avons pu bénéficier. Nous pensons que dans les années à venir, le budget ira en s’améliorant. Les députés l’ont déploré mais nous faisons avec. Nous pensons qu’avec ce budget nous pouvons faire l’essentiel de la mission qui nous est dévolue… »
Propos recueillis par Karim Oscar ANONRIN





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