Fermeture ou suppression de centres de vote : Le Cos-lépi donne des clarifications

Bergedor HADJIHOU 18 mai 2020

Il est rare de voir le jour du scrutin, deux institutions se renvoyant la responsabilité sur les couacs. Et pourtant, c’est ce qui est arrivé ce dimanche entre la Commission électorale nationale autonome (Cena) et le Conseil d’orientation et de supervision de la liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) sur la suppression ou la fermeture de certains centres de vote pendant que les électeurs se perdaient sur le terrain. A la suite de la Cena, le président du cos-lépi s’est expliqué sur l’émission spéciale Communales 2020 de Canal3 Bénin.

Jérémie Adomahou, on a constaté qu’il y a certains centres de vote qui n’existent plus. Et les électeurs se perdent. Le président de la Cena a imputé cette responsabilité au Cos-Lpi et à l’Agence nationale de Traitement (Ant), quelle est votre réaction ?
Le Cos-lépi n’en est pour rien. Nous avons constaté pendant la phase d’actualisation, qu’il y a des centres de vote qui sont fermés. En effet, depuis la décision du gouvernement de fermer certaines écoles, ces centres n’existent plus. Il y a des centres de vote qui étaient aussi inaccessibles. Nous avons donc adressé une requête à la cour constitutionnelle qui a sorti une décision pour nous demander d’identifier dans les alentours de ces centres de vote fermés ou inaccessibles, d’autres endroits pour accueillir les électeurs. Pour le compte du littoral, nous avons seulement trois cas. Nous avons un cas dans le premier arrondissement, au niveau du village de Dandji. On a un second cas au niveau de Ayélawadjè dans le troisième arrondissement et un troisième dans le 10ème arrondissement où l’école des sourds a été fermée et nous avons proposé en remplacement le CETG Assani situé au niveau du quartier de Vêdoko. Pour le premier cas Dandji, c’est l’EPP Dandji3 qui est en cause et nous avons proposé le siège du premier arrondissement pour abriter le centre de vote et le deuxième cas qui est l’Epp Ayélawadjè, nous avons proposé le collège Bon pasteur. Voilà les trois cas du littoral mais au niveau national en général, nous avons 23 cas.

Mais avant d’en arriver au niveau national, dans le littoral, on a constaté qu’au niveau de l’école primaire publique Mênontin- nord, le centre a été supprimé. Les électeurs s’y sont rendus et n’ont rien vu. Comment expliquez-vous cette situation ?
Il faut faire la différence entre les centres de vote supprimés par la loi et les centres de vote fermés ou inaccessibles. C’est deux choses différentes. Avec la loi 2015-02 portant Cartographie des centres de vote, il y a eu de nouveaux centres de vote qui ont été créés et d’autres supprimés. Le Cos-lépi a transmis à tous les partis politiques, le dictionnaire des centres de vote conformément à cette loi. Et c’est conformément à cette loi, que nous avons fait l’actualisation de la liste électorale que nous avons affichée. Donc si c’est un centre de vote qui existait dans la loi 2012 et qui a été supprimé par la loi 2015, nous ne pouvons rien, ce n’est que la relecture de la loi qui peut corriger cela. Mais si c’est dans le cadre d’une école fermée et qui ne peut plus abriter un centre de vote, on est obligé de répartir les électeurs dans les lieux proches. C’est sur une décision de la cour constitutionnelle que nous avons opéré ces réajustements. Si ce sont les centres de vote fermés par la loi, ils n’ont qu’à regarder le dictionnaire des centres de vote. Si le centre de vote est supprimé là-bas, ça veut dire que c’est la loi et on ne peut que faire la relecture de la loi pour le réhabiliter.

Vous avez parlé de situation similaire sur toute l’étendue du territoire national. C’est pratiquement les mêmes cas ?
Pour ce qui concerne la décision de la cour constitutionnelle, c’est le cas des centres fermés ou inaccessibles. Quand nous avons fait la mission sur toute l’étendue du territoire national, nous avons identifié 23 centres dans ces cas là et nous avons adressé tous ces cas à la Cena avec les propositions du Cos-lépi pour les centres de vote qui seront utilisés en remplacement des centres de vote qui sont fermés ou inaccessibles.

Mais est-ce que tout ça est vraiment porté à la connaissance de la Cena pour qu’on n’en arrive pas aujourd’hui 17 mai à cette situation où les populations ne sont pas informées de toutes ces modifications survenues en raison de la loi et autres décisions ?
Nous avons suffisamment sensibilisés par rapport à ça mais les gens ne veulent pas comprendre que le centre de vote où ils ont l’habitude de voter soit supprimé comme ça. Certains pensent que c’est la volonté de certaines institutions ou du cos-lépi mais nul n’a le pouvoir à part la loi de procéder à ces changements. Nous l’avons souligné en son temps à tous les acteurs. C’est la première fois que le fichier électoral a été harmonisé avec les deux lois de 2015 à savoir celles sur les unités administratives et celle portant cartographie. Ça créée des surprises, on comprend mais on n’a pas le choix. Comme c’est une élection de proximité, le cos-lépi avait le devoir de travailler à harmoniser les choses. Le temps qui était imparti à notre équipe ne suffisait pas pour proposer une relecture de la loi avant de travailler et sortir la liste électorale. Ceux qui vont nous suivre pourront certainement améliorer les choses. Au moment où nous faisions la sensibilisation, il y a certains, ayant constaté que leur centre de vote n’existait plus ont procédé directement à un transfert. Le cos-lépi et l’Ant avaient l’obligation de les affecter dans l’un des centres de vote situé dans les environs du centre de vote supprimé par la loi mais tous les électeurs ne se sont pas montrés réceptifs.

Nous sommes le 17 mai. Votre mission au cos-lépi, c’est terminé ?
Oui, notre mission est terminé du moment où nous avons transmis la liste électorale. Du moment où nous avons imprimé la liste d’émergement et la liste générale des électeurs que nous avons régulièrement transmises à la Cena ; du moment où nous avons imprimé les cartes d’électeurs pour les nouveaux majeurs ; les nouveaux inscrits et ceux qui ont demandé des duplicatas et que nous les avons distribués, notre mission prend fin avec les élections de ce jour et nous devrons désormais rendre notre rapport.
Propos transcrits par Bergedor HADJIHOU





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