Garba Yaya, maire de la commune de Bembereke : « Si on ne nous permet pas de conduire nos budgets, on nous évite la CRIET »

Patrice SOKEGBE 22 octobre 2021

La récente réforme sur la décentralisation n’a pas laissé indifférent Yaya garba, maire de Bembèrèkè et Président de l’Association pour le développement des communes du Borgou (Adecob). A travers l’interview ci-dessous, le maire a apprécié à sa juste valeur la pertinence de ladite réforme. Selon lui, elle permet aux premières autorités communales d’éviter la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Mieux, il a apporté sa touche personnelle afin de rendre plus performante et efficiente cette réforme. Il n’a pas manqué de faire le tour d’horizon, notamment en ce qui concerne sa commune. De la filière coton à la gestion de la pandémie du coronavirus en passant par la mobilisation des ressources propres, l’insécurité foncière, les réformes au plan communal, la montée vertigineuse des eaux, l’ancien député de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) a rassuré que Bembèrèkè dispose de tous les atouts pour se hisser au rang des meilleurs communes du Bénin.

Que pouvez-vous dire pour celui qui ne connait pas Bembèrèkè ?
Bembereke est une commune dans le département du Borgou avec 3345 km². Nous sommes à 105 km de Parakou et de Kandi. La frontière, c’est N’dali, Kalalé, Sinendé, Gogounou

Quelle est la particularité de cette commune en terme culturel ?
Comme presque toutes les communes de Borgou, Bembèrèkè, c’est le vivrier, notamment le maïs, l’igname, le soja et accessoirement le coton.

Avec l’avènement du régime de la rupture, le Bénin a réalisé de belles performances sans précédent au plan régional et même continental. Quelle a été la contribution de la commune de Bembèrèkè dans cette performance ?
Je dois dire que le Gouvernement a déployé une politique globale d’amélioration de la production du coton sous toutes ses formes. Il a mis en place à bonne date des intrants et a fait un suivi plus rigoureux de la culture avec comme action la sensibilisation au quotidien. Et pour corroborer tout ceci, le gouvernement met en place les moyens pour payer les décades. Cela a fait que le coton a été véritablement boosté. Egalement dans la commune, c’est ces dernières années que nous avons connu beaucoup plus le soja. C’est la commune qui était le fief du Soja. Aujourd’hui, le soja est cultivé en hectare par les populations.

Qu’est-ce que cela apporte au budget de la commune ?
On bénéficie de ce qu’on appelle la Taxe de développement local (TDL). Je puis vous dire que c’est minimum 113 millions FCFA que nous avons par rapport au coton seul. Nous recevons également la TDL vivrière qui pousse l’économie locale à travers les TDL dans la mobilisation des ressources propres.

Avez-vous l’impression que les producteurs en bénéficient ?
La vérité, c’est que la filière coton est une chaine. Plus vous allez vers le bas, plus il y a de la souffrance. Les producteurs sont au bas de l’échelle. Ils vont souffrir un peu plus que les transporteurs qui souffrent moins que les égreneurs. Et ces derniers moins que ceux qui commercialisent. C’est la nature même de la filière. Mais, l’avantage est que, à partir du coton, on ‘arrive à faire les autres cultures. Et ça, on ne l’envisage pas dans les bénéfices indirects. Si vous ne vendez pas le coton, vous éprouverez des difficultés à faire les autres cultures, parce que c’est grâce aux intrants du coton qu’on fait les autres cultures. Ça, c’est un bénéfice indirect. Sinon, c’est difficilement que le paysan recouvre directement tout ce qu’il a investi comme énergie au niveau du coton. Mais si vous comptabilisez les autres cultures, vous verrez qu’ils en tirent profit.

Il leur arrive de vous exposer des difficultés. Quelles sont ces difficultés ?
Généralement, c’est la mise à disposition à temps des intrants, car il peut y avoir rupture. Mais en dehors de cela, il y a aussi que le coton même est difficile à produire, parce qu’il demande un suivi rigoureux. Quand nous étions élève, nous avons fait le coton. Mais aujourd’hui, le ministère de l’agriculture est de plus en plus organisé pour faire le suivi et faire en sorte qu’il y ait moins de difficultés que par le passé. Le second aspect, c’est l’enlèvement du coton, parce que les pistes rurales ne sont pas bien entretenues. Avant, il y avait les pistes-coton que les gens utilisaient. Mais aujourd’hui, le coton peut périr dans la brousse. Parce que les pistes ne sont pas aménagées pour permettre l’enlèvement du coton. C’est même cela la difficulté majeure des paysans. Comme les transporteurs ne sont pas aptes à aller dans les villages reculés ou difficiles d’accès, les paysans sont parfois obligés de leur payer le prix fort pour qu’ils acceptent d’aller chercher le coton. Si vous prenez Bouanri, il n’y a qu’un seul pont par lequel le coton et les vivriers sortent. Ce pont est défaillant. On a tenté de le réfectionner mais ce n’est pas assez solide. Aujourd’hui, l’évacuation du coton et des vivrier de ce village posera problème. On est obligé d’y faire face.

Il y a également la question des incendies ?
Les incendies existaient. Ce ne sont pas des faits nouveaux. Maintenant, les paysans sont plus organisés autour des tas et savent faire des pare-feu pour empêcher ces incendies. Quand vous prenez un véhicule qui n’est pas en forme, l’incendie peut survenir. Mais ces faits existaient depuis longtemps. Malheureusement, si l’incendie survient avant que le coton ne monte un sur pont-bascule, les paysans sont perdants. Parce qu’ils n’ont pas encore mesuré. Dès que ça monte sur le pont-bascule, et que c’est lors de l’évacuation vers l’égrenage que l’incendie survient, c’est la Sodeco qui prend alors en charge les dommages. Face à ces situations, il n’y a pas de solution miracle. Il faut faire juste attention.

Si je vous résume, c’est que, dans le concert des communes qui produisent le coton, Bembèrekè a une place non négligeable. Aux plans environnemental et sanitaire, ne craignez-vous pas l’appauvrissement du sol, les intoxications alimentaires ou des maladies graves dans le rang des populations du fait de l’utilisation des engrais chimiques ?
Non. De manière traditionnelle, tout le monde sait que ces produits sont toxiques. Et lorsque vous allez faire des champs au niveau des cours d’eau, il y a un véritable risque de contamination. Pour l’appauvrissement des sols, c’est normal. Aujourd’hui, il y a des projets qui donnent des astuces pour favoriser la fertilisation du sol. Il y a des plants de soja et autres cultures ménagères pour donner de la vitalité au sol. A partir de ce moment, je crois qu’on n’a pas de solution miracle. Lorsque vous utilisez un objet, il doit s’appauvrir. C’est la même chose que la terre. Malheureusement, on ne peut plus laisser des terres en jachère. La terre manque. Il y a plus d’utilisateurs de sols que la terre. La terre n’augmente pas de taille. La population augmente. Et avec les facilités des intrants, on ne sarcle plus de nos jours. Il y a des produits pour désherber. A partir de ce moment, quelqu’un est capable de faire 20 à 30 hectares. Le problème de terre se pose.

On a constaté la montée vertigineuse des eaux au Bénin, notamment dans le Nord-Bénin. Votre commune a-t-elle été touchée ?
Non, pas au point de crier au secours. Mais c’est partout. Quand la pluie est abondante, elle peut causer des dégâts. On a connu quelques dégâts, mais cette année, c’est beaucoup moins que la sécheresse intervient.

Vous êtes maire de la commune depuis un an et plus. Quel bilan peut-on mettre à votre actif en termes de réalisation ?
Il faut d’abord remercier mes prédécesseurs, parce qu’ils ont fait ce qu’ils peuvent avec les moyens dont ils disposent. Mais dès que je suis venu, il y a quand même eu des réformes pour booster la mobilisation des ressources. Et ça, il faut l’avouer, après 3 constats. Le premier, c‘est que nous avons remarqué que les équipes qui m’ont précédé n’ont pas assez exploité tous les gisements fiscaux. Il y a des gisements qu’ils n’ont pas pu toucher. Il y a des bonnes dames qui louent et qui ne payent pas. Pas de suivi à ce niveau. Secundo, il y a l’évasion fiscale. On a remarqué qu’on payait les commissions aux collecteurs à partir de ce qu’ils ramènent. Tertio, il n’y avait pas une bonne collaboration avec le bureau des producteurs du coton. Cela fait que le recouvrement de la TDL coton posait problème. Les gens pensent qu’en remettant la TDL, c’est à des fins inavouées. La première était d’aborder tous les gisements et de faire en sorte que l’argent entre par là. Secundo, c’est que nous avons fait un inventaire des marchés pour avoir le nombre exact des contribuables dans les marchés. Aujourd’hui avec précision, nous avons émis des cartes des marchés. Nous avons remis des numéros aux Zémidjan. Tous les secteurs sont contrôlés en termes de quantité et de gain. A partir de ce moment, lorsqu’un collecteur ira pour le recouvrement, il ne pourra plus nous apporter ce qu’il a trouvé. On sait ce qu’il doit ramener, parce que nous connaissons le nombre de contribuables et nous savons ce que chacun paie. Donc, nous avons fini avec l’évasion. Plus personne ne peut mettre l’argent dans la poche. Enfin, nous avons repris langue avec les producteurs du coton. Et aujourd’hui, c’est l’harmonie entre nous. Nous intervenons pour la sensibilisation et ils payent aussi ce qu’ils doivent à la mairie. Il faut aussi rappeler que nous avons mis en place un mécanisme qui utilise les acteurs des structures. Si vous prenez les gros porteurs, ils apportaient volontiers 100.000 FCFA par an. Mais lorsque nous avons mis en œuvre cette réforme, nous avons collecté environ 2,3 millions FCFA en 8 mois.
Tout cela nous a permis de booster l’économie locale. Avec ces ressources, nous avons mis en chantier beaucoup d’infrastructures. Nous avons refait la place publique. Nous avons construits des dispensaires isolés. Nous avons équipé certains dispensaires qui ne l’étaient pas. C’étaient des éléphants blancs. Nous avons construits des hangars dans les marchés afin de mettre à l’aise les bonnes dames. Nous avons construit des écoles. Nous avons réfectionné des pistes rurales. En un an, je ne peux pas dire que je suis satisfait, mais la population l’est et en parle.

A quel seuil La commune était-elle à votre arrivée en termes de mobilisation des ressources propres ?
Le 5 juin 2020, j’ai pris fonction. J’ai mis 6 mois pour mettre en place les réformes. Mais déjà en 2021, en 8 mois, nous avons engrangé près de 22 millions de FCFA de surplus par rapport à l’année précédente. Nous avons fait des recettes accidentelles. Je n’en parle pas. Lorsque vous prenez la voie Sinendé-Fogbourou dont les travaux ont démarré, nous avons des recettes accidentelles de 41 millions Fcfa. Bref, c’est pour dire que les réformes sont en train de prendre déjà et elles portent leurs fruits.

Quelles sont les relations de coopération que vous entretenez avec les communes voisines ?
Vu que je suis le président de l’Adecop, j’ai mis en place une politique pour que les communes marchent ensemble. Nous essayons de faire la tricherie positive, par rapport aux initiatives qu’elles mènent et qui portent des fruits. Elles aussi viennent copier un peu ce que nous faisons en termes de réformes.

Parlons sécurité. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a conflit entre agriculteurs et éleveurs. Dans votre commune, il vous est certainement arrivé de régler ces genres de situations. Quel est véritablement l’état des lieux aujourd’hui ?
Il faut constater que le foncier est un problème qui existe en permanence. Comme je le disais tantôt, la terre n’augmente pas, mais la population augmente. Tous les jours, il y a des conflits de terre. J’évite de m’en mêler, parce que le maire n’est pas là pour régler les problèmes fonciers. Dès que ça vient, j’envoie la commission chargée des questions foncières. Si elle tente de régler le problème et ça ne marche pas, le dossier est envoyé au tribunal de conciliation. Si ce dernier ne s’en sort, c’est le tribunal qui s’en occupe. C’est pour vous dire que le problème de terre est permanent. Aujourd’hui, c’est accru avec les techniques de culture. Le simple fait de faire 50 hectares pose problème. Jadis, 5 hectares suffisent pour toute une famille. Mais cette fois-ci, c’est le plus riche qui veut s’accaparer d’une grande superficie. Donc, c’est un problème permanent. Mais à travers les réformes de l’Etat qui veut qu’on fasse des Attestation de détention coutumières (ADC), ce problème commence par être réglé. Si la terre t’appartient, viens prendre le papier qui l’atteste et tu en seras le présumé propriétaire. Nous encourageons les gens à faire cela. Et d’ici là, si toutes les terres ont un propriétaire, il n’y aura plus de bagarre sur les terres.

Le coronavirus a changé les comportements à tous les niveaux. Comment les populations de Bemberèkè et vous vivez cette situation ?
C’est un problème réel. Vous savez que c’est un problème mondial. Ce n’est pas seulement à l’échelle du Bénin. A Bembèrèkè, nous avons tout le temps demandé de respecter les gestes barrières. Cela va vous étonner. Il n’y aura pas de réticence à Bembèrèkè. Il y a au moins 100 à 200 personnes qui se font vacciner tous les jours à Bembèrèkè. Je suis même surpris. Quand je suis allé dans un centre de vaccination, j’ai vu une longue queue. Je suis très heureux d’apprendre que ma population comprend très vite l’enjeu de se faire vacciner.

Quelle stratégie avez-vous mis en place pour une telle mobilisation ?
Nous avons procédé à une série de sensibilisations, notamment à travers les radios communautaires, les marchés et autres. Lorsque les fonds Covid-19 sont arrivés, nous avons pris une bonne partie pour faire de la sensibilisation, des sketchs. Nous avons envoyé des équipes au niveau des arrondissements. Cela n’a pas raté. Beaucoup se sont fait vacciner de manière spontanée sans craindre tout ce que racontent les gens sur les réseaux sociaux. Je crois que la Covid-19 va être maitrisée dans nos régions dans nos régions principalement à Bembèrèkè.

Quelles sont vos relations avec la tutelle ?
Nous entretenons une bonne relation avec la tutelle. Le préfet peut le témoigner. Le fait que je sois président de l’Adecop a accentué nos relations. S’il y a un message à passer aux maires, le préfet me fait l’amitié de me donner la primeur et c’est à moi de dire à mes collègues que le préfet a besoin de nous. Aujourd’hui, les relations sont vraiment au beau fixe. Je n’avais pas connu d’autres préfets, mais c’est le meilleur qui soit.

Lors de sa tournée de reddition de comptes, le Président de la République a fait des promesses. Qu’a-t-il promis à Bembèrèkè ? Avez-vous l’impression que ces promesses sont tenues à 100% ?
Franchement à 100%. Premièrement, dans mon discours, j’ai évoqué la situation de la voie de Bouanri qu’on avait démarrée et qui était aux arrêts. Après mon discours, 15 semaines exactement, les travaux ont repris et c’est terminé aujourd’hui. Le stade de Bembèrèkè d’environ 4 milliards FCFA posait le problème d’avenant d’un milliard FCFA. Mais ce problème a été réglé aujourd’hui, et le stade est terminé. Le camp militaire et le prytanée qui mouraient ont été entièrement réfectionnés. J’ai posé le problème d’eau, mais là, c’est dans un programme global où l’agence nationale de l’eau s’en occupe. Et le budget est d’environ 33 milliards FCFA, ceci jusqu’en 2035. Mais ce qui m’a le plus intéressé, c’est que, 2 semaines après, les ministères sectoriels m’appellent pour dire d’envoyer notre discours pour qu’ils s’imprègnent des doléances que nous avons faites. Cela m’a positivement marqué. Cela veut dire que, une fois de retour, le Chef de l’Etat a laissé des instructions fermes pour que chaque ministre, selon son domaine de compétence puisse voir comment mettre à exécution ces instructions. Puisqu’on me l’a demandé, je suis sûr que les autres maires ont bénéficié de la même attention.

Quelle est l’ambiance qui règne au sein du conseil communal ?
Je n’ai plus d’adversaire politique à Bembèrèkè. Je suis venu par une formation politique. J’avais une coloration politique. Dès que je suis élu maire, rappelez-vous, avec 25/25, même si c’étaient des adversaires politiques à l’époque, j’ai l’obligation de composer eux. J’ai donc leur caution, je dois leur faire confiance. Et si vous venez au conseil de Bembèrèkè, vous saurez que ce n’est pas du tout coloré. Quand il y a conseil, c’est la décision du groupe qui passe. Nous avons donc mis de côté la politique pour le bien-être de la population et pour le développement de la commune.

Je m’en voudrais de ne pas recueillir votre avis sur la réforme structurelle dans le secteur de la décentralisation. Vous aurez un secrétaire exécutif qui, visiblement, fera le gros du travail. Qu’en pensez-vous ?
Il ne devrait même pas y avoir de crainte. C’est une réforme qui est bien justifiée. Parce qu’en fait, nous sommes 77 maires. Si vous regardez ce que vous faites, vous ne savez pas ce que font les autres. A partir d’un constat, le Président de la République a dit que ce n’est pas tous les maires qui font le travail comme cela se doit. De cette indélicatesse de certains collègues, cette réforme est née. Et je pense que, à quelque chose malheur est bon. Si on ne te permet pas de conduire ton budget au niveau de l’exécutif, on t’évite la CRIET. Puisque vous savez que les crimes économiques sont imprescriptibles. Cela veut dire que 10 ans plus tard, on pourra te poursuivre. Mais si tu n’as pas géré de fonds, on ne pourra plus te poursuivre. La seule chose qui nécessite qu’on y réfléchisse, c’est que, s’il faut que les secrétaires exécutifs soient choisis de manière hasardeuse. Je ne crois pas. Dans les faits, il vaut avoir quelqu’un qui connait la maison. S’il y a un fils du village ou de la commune qui a les mêmes compétences, il vaut mieux le choisir pour que les populations aient confiance d’une part, et qu’il ait le regard de celles-ci. Quelqu’un qui n’est pas de la commune peut faire ce qu’on reproche au maire.

Oui, mais de l’autre côté, cela ne va pas permettre un brassage
Arrêtons cette affaire de brassage. Nous ne sommes pas au niveau des sous-préfectures où on nomme comme on veut. Il s’agit de la décentralisation. Ne perdons pas le fil. Cette idée de décentralisation ramène à dire que l’eau de poisson permet de préparer le poisson. Vous prenez un fils du milieu, il aura peur parce qu’il aura pitié de sa population et pourra faire le travail comme cela doit. Il ne pourra pas tricher, parce qu’il va craindre la reddition de comptes. Si c’est réglé comme cela, il n’y a pas de souci. Je veux dire que c’est cette réforme que j’utilisais. Je n’ai jamais choisi un entrepreneur depuis que je suis là. Mon problème, c’est que je suis exigeant sur la compétence. Ensuite, il faut que l’ouvrage soit de bonne qualité. Il faut aussi que l’entrepreneur soit le fils du terroir. Au pire des cas, s’il n’y en a pas, on pourra choisir ailleurs. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la qualité de l’ouvrage. Et lorsque vous êtes de connivence avec l’entrepreneur et que vous percevez 10% sur les frais d’ouvrage, il peut mal faire le travail. Vous ne pouvez pas réagir, parce que vous avez goûté à la sauce. Il faut encourager ces genres de réformes. Ne voyez pas cette privation d’intérêt aux maires, mais voyez toutes les promesses qui leur ont été faites. Il y a des maires qui ne sont pas à plus de 100.000 FCFA.
Propos recueillis par Jacques DEGBEY
Transcription : Patrice SOKEGBE





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