Gestion des inondations dans les communes à hauts risques : Challenge pour les nouveaux maires

Fulbert ADJIMEHOSSOU 10 juin 2020

Encore quelques semaines, et les eaux seront à nouveau sous nos pieds. Les cris d’alertes habituels vont suivre et l’impuissance des maires dans certaines communes sera encore à nue. C’est un scénario auquel on est habitués mais dans un contexte où les bassins ne cessent de déborder, et que de nouveaux élus sont à la tête de la plupart des 21 communes à risques élevés d’inondation, mieux vaut se mettre plus tôt en ordre de bataille que d’être surpris.
Ainsi, il faut tirer leçon de la crue de 2019 qui a, au-delà de tout, montré combien les écoles sont aussi vulnérables dans les communes à risques. A Bopa, plus d’une dizaine de personnes sont décédées dans le chavirement d’une barque motorisée surchargée. Du Côté de Dangbo, le corps d’un élève a été retrouvé sans vie. D’autres cas de noyade ont été enregistrés ailleurs, dont Banikoara et Athiémé. Une sensibilisation et des mesures de surveillance sont à prioriser. Les nouveaux maires sont appelés aussi à changer de paradigme en apportant leur touche dans l’amélioration des dispositifs de veille en place. Ce ne serait pas bienséant que les médias projettent à nouveau ces images affligeantes, tout comme si des efforts n’ont pas été faits.

S’approprier les plans de contingence
On le sait. La plupart des bassins passent au rouge autour de septembre. Mais les dégâts viennent plus tôt au rythme de l’intensité des pluies. Ainsi, pour ne pas être surpris par le déluge, les maires des communes à risques, surtout les nouveaux, doivent s’approprier très tôt les plans de contingence. Quoi qu’on dise, l’opérationnalisation des dispositions règlementaires reste une préoccupation majeure en matière de gestion des risques et catastrophes à la base. Se jeter à l’eau dès maintenant, c’est une bonne manière d’éviter les confusions de responsabilités qui forcent à croire que l’Etat central est le pompier de tous les temps.

Penser aux moyens d’urgence
Si les élus parviennent à se retrouver dans les rôles établis dans les stratégies de gestion des inondations, ils devront aussi se préoccuper des moyens. Les anciens diront que s’ils ne parviennent pas à prendre toutes les mesures idoines, c’est à cause des moyens. Des moyens pour offrir des embarcations aux écoles sur fonds propres, des moyens pour prendre en charge efficacement les populations déplacées, etc. Le refrain revient à chaque période de crise.
C’est aussi là le mal des confusions sur les responsabilités de financement de la réduction des risques et catastrophes. Les communes, n’ont pas véritablement de ressources conséquentes dédiées surtout aux urgences. Le défi des nouveaux patrons des hôtels de ville, c’est de penser à budgétiser la gestion des inondations dans ces communes et d’impliquer le secteur privé dans la création d’une résilience. Mais si le manque de moyens peut s’avérer être une excuse, il ne peut en être ainsi de l’occupation des zones inondables par les populations. C’est là où les communes pèchent le plus. C’est là surtout que leur volonté politique peut être mesurée à travers les dispositions prises pour y faire face.

Profiter de l’asphaltage
Les communes exposées aux inondations pluviales ont de raisons d’espérer mieux. Avec les travaux d’asphaltage, Cotonou, Abomey-Calavi auront moins de casse-tête puisque à plusieurs endroits, les eaux pluviales pourront être drainées par les ouvrages construits, mais à condition que l’incivisme ne les comble pas plus tôt et que les mairies jouent leurs partitions par le curage.





Dans la même rubrique