Gouvernance du Bénin de 2021 à 2026 : ‘’Mandat hautement social’’ : les attentes des syndicalistes

1er juin 2021

Les attentes sont énormes. Au plan social, la gouvernance sous Patrice Talon, au cours du premier quinquennat, n’a pas été des plus reluisantes. A juste titre, le ton est donné à l’investiture par l’homme du palais de la Marina pour le compte du second mandat. « Ce mandat sera hautement social. Mon souhait en ce qui me concerne personnellement, c’est qu’il soit établi à la fin du mandat que j’ai donné le meilleur de moi-même pour notre satisfaction commune », a lâché Patrice Talon devant l’opinion nationale et internationale, le 23 mai dernier à Porto-Novo, la capitale. Pour le secrétaire général de la Csa Bénin, Anselme Amoussou, le Chef de l’Etat parle beaucoup du bien-être collectif, alors que les travailleurs ont tendance à parler du bien-être individuel. Car, le bien-être collectif passe par le bien-être individuel. « S’il a estimé qu’il faille mieux traiter ses ministres, je pense qu’il faut traiter autant les travailleurs. Il faut rappeler au Chef de l’Etat l’amélioration du Smig qui est actuellement à 40.000 Fcfa. C’est inconcevable dans un pays qui veut se développer », a déclaré Anselme Amoussou.
A ce sujet, les partenaires sociaux sont d’ailleurs unanimes. Au dire du secrétaire général de la Cgtb, Bassabi Moudassirou, en se référant aux propos du Chef de l’Etat, ‘’il faut commencer par desserrer la ceinture. Cela veut dire que le panier de la ménagère va s’améliorer, que les salariés seront payés comme cela se doit, et que les perspectives concernant l’ajustement du coût de vie au revenu seront sérieusement débattues, notamment les questions du Smig, la hiérarchisation des salaires et les arriérés salariaux’’. Anselme Amoussou insistera sur le fait que le social est le paiement des retards sur salaires. ‘’Ça doit être l’amélioration des revenus des travailleurs, la révision ou l’amélioration des contrats des aspirants au métier d’enseignant. Il faut que l’Etat leur propose un contrat plein’’. C’est dire que pour les partenaires sociaux, Patrice Talon doit aller au-delà des discours pompeux sur le social. Le secrétaire général de la Cosi-Bénin, Noël Chadaré a été, on ne peut plus clair à ce propos : « Lors de la première mandature, les travailleurs ont mangé leurs pains noirs. Ils n’ont pas connu d’augmentation d’indice salarial, ni l’augmentation du Smig, ni la hiérarchisation des salaires. L’emploi a été précaire. Ce qu’on attend, c’est que le gouvernement augmente l’indice salarial. Le salaire finit aussitôt perçu. Le maïs, l’eau, l’électricité, les impôts et autres coûtent chers… ».
Ainsi, s’il est vrai que quelques efforts sont notés sous le premier quinquennat du président Patrice Talon, les attentes sont loin d’être comblées. C’est prenant sans doute la mesure de la situation, de ce fossé entre sa gouvernance macroéconomique et le mieux-être du citoyen lambda qu’à l’occasion de son discours d’investiture, l’homme s’est voulu rassurant. Soit ! Mais pour ce second quinquennat, les acteurs sociaux souhaitent que ces promesses se matérialisent, que l’homme soit au cœur de la gouvernance. « Le reproche qu’on a fait au premier mandat du président Talon était qu’il manquait cette petite touche. On avait le sentiment que, parce que c’était un mandat dit de réformes, elles étaient tellement douloureuses qu’on s’est demandé si le Chef de l’Etat savait qu’il dirigeait des humains », relève Anselme Amoussou. Des pas ont donc été franchis mais il reste beaucoup à faire.
« Il faut reconnaître que des efforts ont été faits, notamment les cantines scolaires, les microcrédits aux femmes, la construction des points d’adduction d’eau sur l’étendue du territoire, l’électricité et autres. C’est bien, mais il ne faut pas se limiter à cela. Il faut penser aux travailleurs qui produisent la richesse. Se limiter à ce qui a été fait, on n’aura pas un bilan hautement social », prévient Noël Chadaré avant d’ajouter : « Il faut véritablement créer des emplois, parce que le chômage est devenu endémique. Il faut créer des emplois de longue durée. Il faut également que le projet Arch entre véritablement dans sa phase de généralisation. Ceci permettra aux travailleurs de l’informel de bénéficier de la protection sociale et du micro-crédit. En même temps qu’on fait cela, on peut continuer les œuvres sociocommunautaires qu’on apprécie d’ailleurs », a-t-il conclu. Selon le Secrétaire général de la Csa-Bénin, Anselme Amoussou, il faudra surtout accorder une place de choix au dialogue social pour des résultats plus probants.





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