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Guy Akplogan : "Personne ne nous avait dit qu’on avait besoin d’agrément pour mener nos activités"

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Cour : Qu’est-ce que vous avez à dire par rapport aux déclarations du ministre Koupaki ?
Il a dit sa vérité M. le président

Il a dit la vérité ou il a dit sa vérité ?
Je n’ai pas d’observations sur ce qu’il a dit.

A l’idée de ce qu’il connaît, de par son expérience sur la tontine à l’américaine, il dit que dans tous les cas, cela ressemble à la sombre expérience que la Côte d’Ivoire a connue. Côte d’Ivoire, justement où vous avez été interdit de poursuivre ladite activité. Parlez-nous un peu de cette activité ?
Je n’ai jamais été interdit d’activité en Côte d’Ivoire. J’ai été chef personnel dans une structure en Côte d’Ivoire. Je n’étais pas promoteur. Et c’était pratiquement des placements en ligne alors que moi je l’ai dit même en séance avec la BCEAO que je fais des activités tangibles dans le BTP. Nous ramenons les matières premières de la Chine que nous échangeons et le coût redevient moins cher.
On avait démarré par l’activité de dragage. Et on ramenait des appareils nécessaires à l’exercice de cette activité. Donc, quand je prends le cas du forage, nous avons des appareils qui permettaient d’avoir de bons rendements. Ce qui nous permettait d’avancer et de payer nos contacts jusqu’au 10 janvier sans interruption.

Aviez-vous cru que l’activité ne pourrait jamais connaître une fin aussi grave ?
Dans le monde de gérance classique, moi j’ai passé un temps de ma jeunesse au collège Dantopka et j’ai connu des moments où on pouvait acheter des marchandises et les revendre avec des taux, si on peut appeler ça taux ou bénéfice à chiffre élevé. Ça dépend du prix de revient pour qu’on puisse avoir de bénéfice.
Quand je mettais en place la structure, il y a d’autres types d’activités qui me permettaient de dire que si j’allais dans les pays et que je ramenais des matériaux moins chers, je devrais réaliser assez de bénéfice. C’est ça qui m’a permis de démarrer une activité de ce genre.

Vous êtes ingénieur en informatique. Qu’est-ce qui vous a permis d’avoir une conscience aussi élevée dans le monde des finances ?
J’ai connu le fonctionnement des investissements en ligne avec la monnaie électronique « egold » et en Côte d’Ivoire ça a bien marché. Par jour, sur le temps, on avait des bénéfices assez consistants. Mais dans mes études j’ai compris que le site à partir duquel on faisait ces placements pouvait à tout moment avoir des problèmes parce que c’est par rapport à des marchés donnés qu’ils ouvrent le site pour avoir des clients.
Il y a des sites qui ne sont pas fiables et on peut avoir un souci un beau matin. C’est ce qui s’était passé en Côte d’Ivoire. Donc, je me suis dit qu’avec cette affaire, si je dois aider mes frères comme je voulais le faire, je préfère faire des investissements sur place, qu’on pouvait toucher et comprendre. Et je n’avais pas démarré dans le but d’atteindre le territoire national.

Quel était le taux légal lorsque vous entrepreniez cette activité sur le territoire national ?
C’était entre 5 et 7%

Vous êtes allés ensuite entre 100% et 160%
Dans le monde des placements comme je l’avais dit, on appelle ça des placements à haut risque et on ne raisonne pas en terme de taux mais en retour d’investissement.

C’est le principe ?
Oui, M. le Président

Qu’est-ce qui vous empêchait de pratiquer les taux des banques ?
Ce n’est pas d’ordre financier mais plutôt de permettre aux gens de gagner plus avec des activités qui me permettaient, moi, de donner plus. Ce n’était pas le fonctionnement bancaire qui était mon objectif principal.

Vous avez des épargnes objectives mais vous présentez vos taux sur des principes subjectifs. Comment est-ce que cela est permis ? Est-ce que vous avez un agrément pour lequel vous exploitez votre site ?
Non ! Pas avant d’aller en prison.

Pourquoi ?
Parce que déjà, après la crise quand nous sommes allés chez le ministre de l’intérieur, je ne suis plus rentré.

Vous aviez dit ce matin que vous aviez investi pour la mesure d’agrément à 7 millions n’est-ce pas ?
Oui

7 millions ont été remis à Ahizime et que Tegbenou a investi au moins 223 millions. Et l’activité vous a plus ou moins enrichi. Je voudrais vous demander si cet enrichissement a profité à vous seul ? Est-ce que qu’il y a des gens dans notre société qui ont eu à bénéficier de votre enrichissement tant au niveau des autorités qu’au niveau du citoyen lambda ?
Non, M. le président.

Pour avoir les couloirs faciles et mener facilement votre activité, vous avez intéressé les gens. Peut-on savoir les montants ?
On y est parvenus beaucoup plus par les relations.

Où habitez-vous ?
Dans la commune d’Abomey-Calavi

Les gens sont allés dans votre maison pour prendre possession de vos biens ou ce n’était pas vous ?
Non, M. le président.

Et vos biens, en dehors de ce service ?
A l’époque j’étais parti et les gens du quartier m’ont interpellé qu’ils avaient pris la clé chez un de nos agents pour faire passer les forces de l’ordre à l’époque. C’est là que j’ai compris qu’ils ont vandalisé mon bureau puisque j’avais une construction qui était en cours à Calavi et j’ai demandé de m’amener sur les lieux pour vérifier tout ce qui y était. Le bureau était pratiquement vandalisé et on me demandait si je pouvais inventorier, estimer ce qui était déjà parti. J’ai dit que je ne pourrai pas parce que lorsque je partais, je ne savais pas que je n’allais plus revenir dans mon bureau. Et avant que je ne puisse faire ce point, il faut que chaque agent, de chaque bureau puisse faire leurs inventaires de ce qu’il y avait là avant qu’on ne sache ce qui a disparu. Dans mon bureau par exemple, il y avait un coffre-fort. Dans notre comptabilité et dans le bureau du Directeur général, il y a aussi un coffre-fort.

Et dans votre maison, n’y avait-il pas de coffre-fort également ?
Oui, il y avait un coffre-fort, mais il n’y avait pas d’argent qui m’manquait chez moi.

Vous aviez combien de maisons dans la Zopa ?
J’ai plusieurs maisons.

Entre 2011-2012, est-ce que votre voisin qui est établi au Sud Est de votre maison à étage carrelé, au tant bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, vous a appelé, vous a joint au téléphone pour vous dire que les gens sont venus pour prendre quelques biens et vous leurs aviez dit oui et qu’ils sont venus de votre part de les laisser travailler ?
Ce n’était pas des voleurs. Au fait, c’était des petits qui travaillaient par rapport aux meubles donc c’était des matelassiers qui ont travaillé tard dans la nuit au-delà de 00h. Quand le commandant Coffi m’a appelé pour me signaler leur présence, je lui ai dit que les gens sont en train de travailler, mais que je ne leur ai pas demandé de travailler jusqu’à une heure tardive.

C’était sur les matériels du bureau que les matelaciers travaillaient ?
Ah non !

Dites-nous le cadre ?
Non, je ne sais pas. J’étais à Kandi.

A 2h du matin, je ne vais pas rappeler le jour, on est venu vous chercher à la prison, est-ce vrai ?
C’est exact.

La cour : Akplogan vous avez dit que vous avez des partenaires. Vous avez rencontré le Chef de l’Etat. Un citoyen peut-il rencontrer un chef de l’Etat aussi facilement ?
Non

Comment avez-vous pu rencontrer le Chef de l’Etat en ce moment-là ?
Il y a le frère Tègbènou qui le connaît particulièrement.

On peut comprendre que le Chef de l’Etat est régulièrement à vos côtés ?
Oui Monsieur

Donc les Béninois vous voient ?
Il y a la télé qui nous accompagne parfois

Donc, quand vous rencontrez le chef de l’Etat c’est médiatisé !
C’est médiatisé quand on va faire des dons, c’est au nom du chef de l’Etat

Faites-vous des dons au nom du chef de l’Etat ?
Oui

Au moment des faits, l’Ortb était là ?
Il y a l’ORTB, canal 3 et Golf

Donc, si on va aux archives au niveau de l’Ortb, Canal3 et de Golf, on vous verra avec le Chef de l’Etat Thomas Boni Yayi. C’est bien cela ?
Oui

En train de faire des dons sur le terrain ?
Il ne nous accompagnait pas pour faire des dons. Nous le faisons en son nom.

Est-ce que le Chef de l’Etat sait que vous faites la collecte de l’épargne sans autorisation ?
Oui, dans la mesure où on est allés le voir du fait de la demande d’agrément qui traînait et il nous a permis d’aller vers Monsieur Amoussouga pour nous accompagner.

Il ne vous a pas arrêté dans l’exercice de cette activité ?
Non

Prévenez-vous le chef de l’Etat Thomas Boni Yayi avant de faire ces dons ?
Généralement, les gens viennent en son nom. Pour moi, il est informé.

Qui vous envoie l’Ortb et les autres médias pour la couverture ?
On avait des contrats avec canal 3 par exemple.

Vous venez de dire que c’est en février 2010 que vous avez fait la demande de l’agrément
Non, c’est en 2009

C’est en 2009 ?
Oui ! C’est en 2010 qu’on a pu avoir le récépissé suite à l’intervention du chef de l’Etat

C’est quoi un récépissé ?
C’est ce qu’on obtient quand le dossier est déposé. Il y a des séances de travail où on nous disait qu’il manque des pièces. Après des aller-retour, le dossier a été acheminé vers la Bceao à Dakar. Je crois que c’est là qu’on a eu le récépissé qui prouve qu’on a déposé le dossier pour l’agrément.

Le récépissé n’est donc pas l’agrément ?
Je ne crois pas. Il nous a été dit que trois mois après si on n’a pas de réponse que cela peut-être c’est considéré comme un d’agrément.

Qui vous a dit cela ?
Je ne me rappelle pas.

Vous avez dit que c’est en 2009 que vous avez commencé par avoir de problèmes, il vous a été conseillé de créer une Ong ?
Oui maître

De qui avez-vous reçu ces conseils ?
Du professeur Amoussouga

Le professeur Amoussouga ?
Oui maître

En quelle qualité vous a-t-il donné ses conseils ?
Sur instruction du chef de l’Etat.

Sûr ?
Oui, sur instruction du chef de l’Etat

Mais en quelle qualité, vous a-t-il donné ses conseils ?
Je ne saurais le dire

Alors, Il était dans les organes du pouvoir en ce moment-là ?
Oui

En tant que quoi ?
Il était conseiller du chef de l’Etat

Lorsque vous avez été reçus par le Directeur de la Bceao ? de quoi aviez-vous débattu ?
On a débattu du taux qu’on appliquait dans nos activités

Du taux ?
Oui

Est-ce qu’à un moment donné de cette rencontre avec la Bceao, vous avez parlé d’agrément ?
La Bceao a invité le Coordonnateur de la cellule à une séance. Ils nous ont expliqué les normes. Mais compte tenu du nombre de clients qu’on avait déjà, ils ont promis nous accompagner à régulariser la situation en diminuant progressivement le taux.

Doit- on comprendre qu’au cours de cette rencontre avec la Bceao, cette dernière vous a fait part de l’illégalité dans laquelle vous exercez, et vous a promis une couverture aux fins de la régularisation de cet exercice ?
En fait, on nous a dit de continuer. Personne ne nous a dit d’arrêter. On nous a dit de continuer le temps d’avoir l’agrément.

A quel moment tout ceci là se passait ?
Entre 2009 -2010

Si à cette rencontre, il vous avait été demandé d’arrêter, auriez-vous obtempéré ?
Arrêter signifierait qu’on rompt les contrats des clients. Cà risquait de créer un trouble à l’ordre public. Cela voudrait dire que tous les clients ne peuvent pas venir en même temps réclamer leurs sous pendant qu’il y a des exigences que nous devons respecter. Nous avons des unités de productions dans lesquelles nous avons investi. Et donc nous respections les contrats à échéances. Jusqu’au 10 juin où nous avons cessé les activités sur les conseils du Procureur de Calavi, on ne devait rien à personne. Si on arrêtait brusquement, ça risque de créer un problème dans le pays

Tout à l’heure vous avez dit que vous faisiez des dons. Où est-ce que vous trouvez les moyens ?
Nous étions constitués en association avec plusieurs unités de production. Nous sommes des frères en Christ. Donc, on avait d’autres collègues célestes qui cotisaient pour faire des dons.

Qui sont ceux qui cotisaient ? Quel est le montant ?
Il y a Tégbénou, Idohou (..) on se mettait ensemble et selon leur possibilité on se cotisait. Généralement ces dons peuvent coûter trois millions, voire cinq.

A quel moment précis vous avez commencé par faire des dons ? Est-ce que c’est avant la création de votre Ong Icc services ou bien après ?
Avant

18-12-2018, La rédaction


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