Interdiction de 3ème mandat dans l’espace Cedeao : De l’intime conviction d’Akufo-Addo à la réalité

Angelo DOSSOUMOU 4 octobre 2021

Une position personnelle du président ghanéen Nana Akufo-Addo et président en exercice de la Cedeao mais, elle est celle la mieux partagée par les populations des différents pays qui composent cette organisation régionale. En effet, après les derniers coups d’Etat au Mali et en Guinée Conakry, moult questions se sont posées sur les causes de cet état de chose mais, jusqu’ici, nombre de présidents se refusent de véritablement voir la réalité en face. Si le Bénin, au retour de la Session extraordinaire des chefs d’Etat de la Cedeao sur la Guinée et le Mali à travers son Ministre des affaires étrangères Aurélien Agbénonci, a préconisé la révision du pacte additionnel de la Cedeao sur la Démocratie, le président ghanéen n’est pas, quant à lui, passé par quatre chemins pour dévoiler son intime conviction. “Je pense qu’à ce stade, une partie du protocole de la CEDEAO sur la bonne gouvernance interdit le troisième mandat dans n’importe quel pays. Je suis convaincu que c’est quelque chose que nous devrions faire pour empêcher ce genre de chose de se produire”. S’il est vrai qu’il parlait à titre personnel, sa solution à lui reste cependant l’interdiction des candidatures pour le troisième mandat dans l’espace Cedeao. Une évidence pour lui. Mais, il serait curieux de savoir ce qu’en pensent, par exemple, les présidents Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé.
A tout point de vue, cette position personnelle du président en exercice de la Cedeao Akufo-Addo ne passera pas comme une lettre à la poste si elle venait à être proposée pour être entérinée par le syndicat des présidents révisionnistes. Sinon, d’ailleurs, il est fort à parier que le président ghanéen aurait déjà suggéré cette idée à ses pairs. Mais devant les susceptibilités, il n’est plus curieux que la proie soit laissée pour l’ombre. C’est sans doute le pourquoi de l’insistance du président ghanéen sur le contexte de ses propos, entendez : ‘‘je parlais à titre personnel et non en tant que président actuel de la Cedeao’’. Un peu comme pour dire, il y a des lignes difficiles à bouger et pour l’instant, des susceptibilités à aménager. En somme, quand c’est à un révisionniste que la tâche est confiée d’aller faire la morale à des putschistes, il y a tout simplement quelque chose qui ne tourne pas rond.
Mais passons. Au-delà de l’image projetée par la Cedeao par ses récentes prises de position notamment après le coup d’Etat en Guinée, ce qui importe aux populations béninoises, c’est l’assurance véhiculée jusqu’ici par la Constitution révisée du 11 décembre 1990. A moins d’un cataclysme, il est clairement souligné que ‘‘le président de la République ne peut faire plus de deux mandats de sa vie’’. Cela suppose que quelles que soient les retouches à la loi fondamentale, deux mandats, c’est deux mandats et c’est stop et fin. Enfin, si des esprits retors ne trouvent pas les moyens de tordre le cou à ce qui a été si bien écrit. D’ailleurs, ces oiseaux de mauvais augures et ces profiteurs insatiables spécialistes de déification des présidents en fin de mandat ne manquent jamais. Heureusement que Patrice Talon ne se laisse manipuler par personne et qu’à son tour, en mai 2026, il honorera la démocratie béninoise. Quant à certains pays de la Cedeao, ils peuvent toujours espérer un jour, la solution Akufo-Addo et dès lors, des alternances en série. Sait-on jamais ?





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