Iréné Josias Agossa, Président du RLC : « Nous n'aurons plus jamais comme argument, que c'est le Pouvoir qui nous a empêchés d'aller aux élections »

28 mars 2022

A moins de 10 mois des législatives du 8 janvier 2023, le parti Restaurer la Confiance (RLC) dont le leader est Iréné Josias Agossa vient d’obtenir du Ministère de l’intérieur, son récépissé provisoire. 17ème des partis légalement reconnus, RLC ne veut pas être du reste dans la course pour le Palais des gouverneurs. Pour son président Iréné Agossa, l’étape de la clarification a sonné. Ce qui est primordial pour lui, c’est de prendre toutes les dispositions afin que l’opposition soit fortement représentée au prochain Parlement.

Monsieur le Président, vous venez d’obtenir votre Récépissé définitif après certainement un parcours de Combattant. Quels sont vos sentiments après l’obtention du précieux document et qu’est-ce qui reste à faire ?
Merci monsieur le journaliste. D’abord, je pense qu’il serait bien de dire un mot sur le rôle que joue la presse dans notre pays et le rôle qu’elle doit continuer de jouer dans l’enracinement de notre démocratie. La presse par son professionnalisme aura un grand rôle à jouer dans la réussite des élections législatives de 2023 pour que nous puissions mener le combat de la démocratie, des idées, des visions afin que des députés dignes du nom soient au Parlement.
Ceci étant, nous venons effectivement d’obtenir notre Récépissé définitif, en tant que parti politique en République du Bénin. Comme nous l’avions dit déjà à l’issue des travaux du congrès constitutif du parti, nous sommes de l’opposition et notre déclaration en tant que parti appartenant à l’opposition se fera dans les prochains jours. Mais avant toute chose, je tiens à féliciter tous les militantes et militants qui se sont donnés partout sur toute l’étendue du territoire, dans toutes les communes afin que l’obtention du Récépissé soit aujourd’hui une réalité.
Aujourd’hui, Restaurer la confiance (RLC) est enfin arrivé à une étape de clarification. Tous ceux qui, dans un passé récent, croyaient que RLC avait participé à l’élection présidentielle pour juste confirmer l’élection du Président Patrice Talon, ou bien était créé par le Président Talon, ou encore était créé juste pour confirmer les lois issues des réformes, sont partis d’eux-mêmes. Les mercenaires politiques temporaires qui étaient au sein du groupe pour jouir, ont certainement eu ce qu’ils voulaient. Mais ils sont partis. Ces départs n’ont pas créé de problèmes au parti. Bien au contraire, cela a ouvert la voie à de nouvelles adhésions massives.

Les prochaines élections législatives sont fixées au 8 janvier prochain. Déjà, qu’avez-vous à dire par rapport à la décision de la Cour Constitutionnelle qui a pris de court certaines chapelles politiques ?
Nous pensons que la Cour est en train de jouer son rôle et nous ne sommes pas surpris du tout, puisque tout cela est contenu dans notre logique, le Parlement qui vient sera un Parlement de transition qui va aborder les véritables problèmes du pays, donc régler les problèmes d’injustice, régler les problèmes de déséquilibre, le manque de confiance etc. Nous sommes d’avis avec La Cour et nous-mêmes nous allons jouer notre rôle en tant que parti d’opposition. Ce qui est primordial pour nous, c’est de prendre toutes les dispositions à notre niveau, pour qu’à terme, nous je veux dire l’opposition, soyons présents au Parlement prochain, et nous nous battons déjà pour cela.

Votre formation politique est régulièrement enregistrée. Mais, le constat est là. En 2019, tous les partis ayant une existence légale n’ont malheureusement pas pu prendre part à la compétition. En 2023, seriez-vous sur la ligne de départ de la course au Palais des gouverneurs à Porto-Novo ?
Nous sommes totalement prêts et engagés pour les législatives de 2023. Un parti politique a pour ambition de conquérir le pouvoir. Et que ce soit les législatives, les locales, les communales, ou la Présidentielle, mon parti a pour ambition de conquérir ces espaces du pouvoir. Nous avons été à la présidentielle, il n’est pas question que nous n’ayons pas l’ambition de participer aux élections législatives. Ces élections législatives sont importantes pour notre processus démocratique pour restaurer la confiance entre le peuple et ses institutions, restaurer la confiance entre les élus et les électeurs. Il est indispensable que notre tendance soit présente au Parlement. Nous devons nous battre en tant qu’opposant, pour participer aux élections, prendre toutes nos dispositions, de manière à contourner tout ce qu’il y a comme stratégie mise en place par le Pouvoir, pour nous empêcher d’aller aux élections. Nous n’aurons plus jamais comme argument, que c’est le Pouvoir qui nous a empêchés d’aller aux élections. Et RLC a eu raison dans cette logique, parce que aujourd’hui, ‘‘Les Démocrates’’ sont-ils en train de confirmer Talon, en disant qu’ils veulent participer à cette élection ? Est-ce qu’aujourd’hui, ils ont eu la libération des détenus politiques, le retour des exilés politiques avant de se décider à participer aux élections législatives ? Donc ils ne nous avaient pas simplement compris. Or l’objectif en fait, c’est de défendre le peuple à travers l’expression libre de sa souveraineté. Donc participer à cette élection, c’est participer à la vie politique de notre pays, et faire en sorte que l’opposition soit présente au Parlement.

Le leitmotiv d’un parti politique, c’est la conquête du pouvoir d’Etat par la voie des urnes. Cela suppose une idéologie, un discours et un programme d’actions. Pouvez-vous nous lever un coin de voile sur ce que vous envisagez vendre aux électeurs afin qu’ils soient acquis à votre cause ?
Notre participation, nous l’avons déjà dit, aux élections de 2023, est une nécessité ; non seulement pour la démocratie, mais aussi pour notre tendance politique et pour la paix dans notre pays aussi. Vous savez, notre démocratie a souffert de quelque chose que nous n’avons pas souvent dénoncé : la bipolarisation liée aux personnes des anciens chefs d’État. Dès le début de notre démocratie, ce qui nous a plombés, c’est la guéguerre Kérékou-Soglo, et qui a empêché l’émergence de toute autre vision politique. Si vous n’êtes pas de Kérékou, vous êtes de Soglo, et si vous êtes de Soglo, vous êtes mal vu par ceux de Kérékou, ou bien vous êtes des traîtres de l’autre, ainsi de suite. Et cela n’a pas permis de régler les véritables problèmes au Parlement. Par exemple, les problèmes de déséquilibre et d’injustice au niveau de notre peuple. Pour son deuxième mandat Kérékou a su gérer cette adversité et a permis l’émergence du Président Yayi Boni. Mais Boni Yayi n’a pas tiré leçon de ce que Kérékou a fait. Il a créé sa tendance et maintenant nous fait vivre la guéguerre Yayi -Talon. Donc il faut que vous soyez de Talon, ou de Yayi. RLC s’est totalement démarqué de cette guéguerre et notre participation à ces élections législatives, sera celle d’une nouvelle tendance qui s’identifie à travers sa vision, l’offre qu’il faut pour résoudre les problèmes de notre pays que sont le chômage, la précarité, l’autonomie énergétique, notre capacité de production, l’éducation et la formation de nos enfants, la santé, et la défense nationale dans le contexte géopolitique d’aujourd’hui. Donc poser les véritables problèmes de notre pays pour que nous soyons un pays fier de son peuple et de ses citoyens, et un pays dont les citoyens sont aussi fiers. Nous, nous sommes de la tendance de ceux qui ne veulent pas personnaliser les débats au Parlement. Nous voulons empêcher que le Parlement soit le ring de la tendance Boni Yayi contre la tendance Patrice Talon. Ces deux tendances ont prôné dans notre pays les démocraties de système : c’est-à-dire que le président Boni Yayi, lui a prôné la démocratie du Changement et le peuple l’a combattu à travers les autres je veux dire, le président Talon et le groupe politique qui l’a suivi, pour qu’il soit au pouvoir. Mais en voulant combattre la démocratie du Changement, eux ils ont instauré la démocratie de la Rupture. Ces démocraties de système vont encore détruire plus notre démocratie. Puisque les démocraties de système ne sont rien d’autre qu’une rupture démocratique.
Nous devons arrêter avec la rupture démocratique et restaurer la démocratie universelle, avec ses principes de base, c’est-à-dire la séparation des pouvoirs, et la libre expression plurielle qui exige un soutien indéfectible à la liberté de presse...et le fait de s’assurer que rien ni personne ne vienne empiéter sur aucun de ces droits qui nous appartiennent à nous tous. L’expression libre du peuple doit être le baromètre de notre démocratie.

Qu’en est-il de votre idéologie proprement dite et de votre vision aux plans politiques, sociaux, économiques, et autres ?
En ce qui concerne notre idéologie, c’est clair que nous sommes des libéraux avec un penchant social. Ainsi, nous sommes des sociaux-libéraux ; nous fondons notre base sur le souverainisme. Ce qui veut dire que nous allons défendre nos valeurs, ainsi que celles de notre pays le Bénin. Pour nous, la décision doit être proche des populations qui seront impactées par son application dans la résolution de leurs problèmes. En clair, le peuple doit se sentir concerné dans la gestion du pays.

Politique
Sur le plan politique, nous avons pour ambition de faire participer les populations à la gestion du pouvoir, sur la base d’un nouveau contrat républicain ; ceci, à travers le vote d’une loi référendaire. Nous allons mettre en place une constituante, qui se chargera d’élaborer une constitution qui prend en compte les profondes aspirations du peuple béninois, à travers notamment les libertés et la défense de nos valeurs, ainsi que le maintien de nos acquis. En somme, nous devons avoir une nouvelle constitution. C’est la première des choses pour laquelle nous allons nous battre, et qui va constituer bien sûr le fondement de notre offre pour la restauration de la confiance. Et nous proposons que désormais, toute modification de notre constitution soit soumise à un référendum.
Cette nouvelle donne nous servira de passerelle pour nous pencher sur la loi d’amnistie générale qui fera donc l’objet d’un débat parlementaire. Cette loi définira clairement qui peut être considéré comme exilé politique et prisonnier politique. Ce qui, dans l’application, permettra le retour des exilés politiques au pays et la libération des prisonniers politiques. La réforme du système partisan doit être réétudiée de fond en comble, afin que les partis politiques puissent jouer convenablement leur rôle, tel qu’indiqué dans un processus démocratique digne de ce nom.
Dans la même veine, nous allons voir sur le plan politique comment renforcer le pouvoir du peuple, à travers des propositions de lois que nous allons élaborer pour qu’elles soient plus précises sur les plans social et économique. En effet, sur le plan social, il est clair que nous allons nous pencher sur le règlement du problème de nos valeurs. Nous, nous sommes par exemple contre l’interruption volontaire des grossesses. Pour nous, l’unité de nos valeurs, c’est la famille. Elle constitue l’élément de base de nos valeurs culturelles. Nous pensons que nous n’abritons pas l’âme, nous sommes l’âme. Etant une identité de Dieu, nous sommes âmes, nous n’avons donc pas le droit d’interrompre la vie sur la base de notre seule volonté. Nous irons contre cette loi et proposerons une autre qui serait plus conforme à l’unité de la famille qui nous caractérise au Bénin, et qui veut que les enfants naissent dans les bonnes conditions et permette à ce que la valeur familiale soit maintenue.

Social
En outre, sur le plan social, nous allons aussi abroger la loi 2017-05 du 29 août 2017, qui parle de l’embauche. Car, cette loi a créé une forme d’inégalité, a dévalorisé le travail, a créé le chômage et surtout la précarité. On renvoie les gens des sociétés comme on veut. Nous ne pouvons plus continuer avec cette loi qui ne s’occupe que des riches. C’est-à-dire qu’elle rend les riches plus riches et appauvrit toujours les pauvres.
Nous allons revaloriser le travail en permettant aux travailleurs de vivre de leur travail. On ne peut pas vivre dignement avec ce que l’on gagne de son travail dans les conditions actuelles dans notre pays. Nous allons revaloriser le travail. Travailler doit être une source de satisfaction.
Dans le cadre de la lutte contre la corruption, nous allons renforcer le pouvoir des médias dans le cadre de la dénonciation des actes de corruption. Nous, nous sommes contre la mise en place des structures de lutte contre la corruption qui sont encore d’autres structures d’entretien de la corruption. La corruption sera désormais mise à nue par la presse et il y aura une loi pour protéger ceux qui pourront faire de l’investigation dans ce sens. La lutte contre la corruption est une priorité pour nous et ce seront les médias qui seront renforcés dans ce sens.

Education
Sur le plan de l’éducation, nous allons donner la chance à tous les Béninois de pouvoir être formés, de manière à ce que du CI jusqu’à la 3ème, l’apprenant soit pris en charge par l’Etat.
La santé, c’est une priorité. Nous allons réformer le système de santé à travers des lois claires qui vont protéger les agents de santé, les services qui impliquent la santé et faire en sorte que l’équipement en ce qui concerne les centres de santé pour la détection du mal et la prévention bien sûr soit irréprochable. Nous sommes en train de réfléchir déjà à des lois parce que trois ans, c’est peu. Il faut déjà commencer par faire le travail.

Economie
Sur le plan économique, il faut finir avec le capitalisme sauvage, qui met tout le monde au travail, mutualise les efforts. Mais dès qu’il y a des profits, ces profits sont gérés par une minorité. Nous sommes un pays pauvre. On ne peut pas continuer dans ce sens. Pour le faire, nous allons revoir la loi sur la production énergétique de notre pays. Notre pays doit avoir une loi sur la production énergétique qui nous permettra d’exploiter au maximum notre potentialité énergétique. Pour nous, l’avenir de notre pays n’est pas seulement dans le coton, dans les autres produits agricoles. Mais c’est aussi et surtout dans notre situation géographique dans la sous-région qui nous porte dans le domaine de l’hydrocarbure. Nous devons absolument revoir les investissements dans ce sens. Revoir les investissements pour que l’énergie soit produite sous la bannière d’une loi et qu’elle libère des capacités dans notre pays et que nous puissions investir dans le gaz, etc. Nous avons besoin de cette énergie pour relancer la production locale, pour mieux faire face au marché nigérian. Nous allons nous repositionner par les lois par rapport au Nigeria, comme nous l’avons fait avec le Niger en ce qui concerne notre port. Nous devons exploiter au maximum le marché nigérian, avec un allègement fiscal sur la réexportation vers le Nigeria.
En ce qui concerne toujours le plan économique, il faut repenser le secteur de la recherche. La recherche appliquée doit être fondamentalement mise en place dans le secteur agroalimentaire. C’est pour ça d’ailleurs que la loi sur l’énergie est indispensable pour accompagner les découvertes que nous allons faire en ce qui concerne la recherche appliquée sur le plan agroalimentaire. Nous pouvons mettre déjà à hauteur de 2% du PIB, le financement pour les recherches appliquées. Il n’y a pas de développement sans une recherche. L’Université aura son sens et nous pourrons avoir une corrélation nette entre la recherche scientifique à l’université et les décisions qui seront prises au niveau de l’Etat. Nous avons pensé qu’une loi devrait aller dans ce sens pour permettre à ce que nous évoluions dans le cadre d’une économie stable et adaptée à notre pays.

Et que préconise votre parti pour une meilleure implication de notre pays dans le concert des nations, tant au plan régional qu’international ?
Sur le plan sous régional et diplomatique, nous sommes des souverainistes, nous avons dit. Donc, nous voulons une CEDEAO des nations. Donc les décisions qui seront prises à ce niveau, il faut qu’on consulte les peuples pour qu’ils s’engagent à pouvoir être membre de la CEDEAO, de l’UEMOA et ceci par un référendum. Nous adopterons la même démarche en ce qui concerne la francophonie. Est-ce que aujourd’hui nous sommes d’accord que notre pays appartienne à l’espace francophone ? Est-ce que nous allons continuer à parler le français ? Est-ce que nous allons continuer à accepter l’assistance de la France et à travers l’Union européenne ? La géopolitique actuelle demande un positionnement et une responsabilité à assumer. En gros, nous allons faire en sorte que notre pays démarre sur le plan national, sous régional et sur le plan international.
Nous allons aussi demander, en ce qui concerne le budget de la défense, qu’il y ait une croissance qui doit être l’équivalent de ce que nous prenons comme risque dans la région. Donc, il faut augmenter ce budget de la défense en tenant compte des risques que nous prenons dans la sous-région. Nous allons dégager aussi des fonds pour pouvoir relancer la recherche en ce qui concerne l’utilisation des ondes pour la protection des biens et des personnes et la protection du territoire national dans notre pays. Nous avons une capacité énorme. Le Bénin peut se transformer en une puissance en réglant ce problème de gestion des ondes. Nous en avons besoin.

La 9ème législature comptera 109 députés et au moins 24 femmes issues des 24 circonscriptions électorales. Cela fait beaucoup de dossiers à présenter et sans doute, un casse-tête dans le positionnement des candidats. Au niveau de votre parti, comment comptez-vous gérer la guerre des ambitions et être à jour le jour J ?
En ce qui concerne la nouvelle loi qui veut que les femmes soient au Parlement, nous ne sommes pas du tout contre.
En ce qui concerne les positionnements, nous, nous n’avons pas de véritable problème de positionnement d’autant plus que c’est la base qui va désigner ceux qui sont capables de la représenter au Parlement.
Nous allons organiser des genres de primaires en ce qui concerne tous nos adhérents à la base et faire en sorte que ceux qui sont préférés à la base soient bien sûr désignés pour être représentants du peuple au Parlement.
D’ailleurs, ça ne va pas nous créer d’ennuis nous au sein de RLC. Mais, nous allons faire en sorte que si nous sommes en discussion avec d’autres partis, que cela ne crée pas d’ennuis et que cela ne nous éloigne pas de l’objectif capital : c’est que l’opposition soit présente et soit majoritaire au Parlement prochain.

Il est reproché à la 8ème législature de n’avoir pratiquement pas joué son rôle de contre-pouvoir indispensable pour tirer le meilleur d’une gouvernance. Que faut-il pour corriger cet état de chose ?
Vous parlez là du contrôle de l’action du gouvernement. La conséquence grave bien sûr du parlement monocolore actuel est l’absence du contrôle de l’action gouvernemental puisque c’est la même tendance au pouvoir exécutif qui se retrouve encore seule au parlement. Notre présence au parlement fera donc que les pouvoirs seront équilibrés et permettra à ce que toutes les autres institutions de contre-pouvoir puissent effectivement jouer leur rôle et rétablir progressivement la confiance entre le peuple et ses instituions et garantir une paix durable. Et dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale, nous allons œuvrer pour que la commission des finances de l’Assemblée nationale soit présidée par un membre de l’opposition.

Avant la campagne, la précampagne a déjà commencé avec son cortège de promesses électorales. En toute sincérité, que valent aujourd’hui les promesses des acteurs politiques quand on sait que généralement après les votes, c’est l’indifférence ?
En ce qui concerne les promesses électorales, c’est tout à fait inhérent à la campagne électorale. La campagne électorale, c’est qu’il faut exposer sa vision à travers des programmes bien clairs. Mais il faut faire l’effort désormais pour que ces promesses soient plus proches des réalités. Et ce que nous avons dit nous, c’est des choses qui sont proches de la réalité. Parler d’une loi référendaire, c’est possible ; parler d’une loi sur l’énergie, c’est possible ; parler aujourd’hui de la recherche de pourcentage adapté à la recherche scientifique, des recherches appliquées dans l’agro-alimentaire et surtout aussi des recherches pour la défense nationale, c’est possible. Mais tout ceci ne peut se faire qu’à travers un management donc, un dialogue. Parce que si vous êtes au Parlement, ça dépend du nombre que vous êtes. Donc, vous devez pouvoir manager avec tous les autres pour qu’ils sentent que ce que vous êtes en train de dire n’est pas pour seulement vos intérêts mais pour l’intérêt du pays et cela demande une qualité d’hommes.

Que pouvez-vous dire pour conclure cet entretien pour redonner espoir aux Béninois ?
Oui, je remercie le journal Fraternité, qui nous a donné cette opportunité ; et je reviens toujours sur le rôle de la presse pour les élections à venir et pour l’avenir politique de notre pays.
Les débats doivent être menés. Ce que nous avons dit nous, ce n’est seulement que ce qui est la vérité pour tous. Donc, il faut que ce que les autres disent et ce que nous nous disons puissent se croiser pour donner l’opportunité au peuple de choisir. Nous n’avons aucun intérêt à aller vers les violences. Nous devons faire en sorte que la culture des urnes soit une réalité chez nous. Tout doit être géré à travers les urnes, et pour se faire, nous devons nous battre pour que le processus électoral soit un processus indiqué, un bon processus qui ne va pas connaître des failles. Un processus qui va s’améliorer au fur et à mesure des lois qui vont permettre de restaurer la confiance...
C’est ça ce qui serait important pour nous. Je souhaite d’ailleurs que l’opposition se batte pour pouvoir être ensemble, pour pouvoir constituer un groupe solide, capable d’influencer les décisions au Parlement. Nous ne devons pas oublier notre premier objectif. C’est d’être au Parlement face à nos adversaires politiques aujourd’hui que nous connaissons tous, qui ont mis en place un Parlement monocolore. Nous devons relever ce défi et RLC est prêt à consentir à tous les sacrifices pour que cela soit une réalité. Tous les sacrifices dans le sens bien sûr du processus démocratique dans notre pays. Nous souhaitons bien sûr que les listes soient conçues dans le bloc que nous avons proposé et que chacun soit désormais engagé pour le développement de notre pays. C’est clair qu’il n’y aura plus aujourd’hui quelqu’un qui dira que l’élection n’est pas ce qu’il faut pour le développement de notre pays. Nous allons œuvrer pour que l’élection de 2023 soit un nouveau départ, et ce Parlement serait digne d’un Parlement qui va restaurer la confiance afin que l’espoir soit désormais permis.





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