Irrégularités relevées dans la gestion du Cncb : Le rapport des députés ne cite pas la DG Alimatou Badarou

24 janvier 2022

Aussitôt venue, aussitôt partie. Un court séjour à la tête du Conseil National des Chargeurs du Bénin (Cncb) mais, après le passage de la mission d’enquête parlementaire, dans la structure qu’elle avait dirigée de Novembre 2019 à mars 2020, l’ancienne Dg Alimatou Badarou peut, aujourd’hui, se frotter les mains. Incomprise et à tort jugée pour sa gouvernance du Cncb durant les quelques 4 mois de gestion, elle ne peut que se réjouir de constater que non seulement, elle n’a pas été épinglée dans le rapport des députés mais aussi qu’elle a vu juste en s’attaquant plutôt aux maux qui minaient le Cncb. Tenez ! La synthèse du rapport de la mission de contrôle de gestion du Cncb fait état de ce qu’il y a eu 18 milliards de manque à gagner pour l’Etat. De façon détaillée, les irrégularités se notent, entre autres, sur le plan financier avec des états financiers des exercices 2017 et 2018 qui ont été examinés par les commissaires aux comptes mais n’ont pas été arrêtés par le Conseil d’administration alors que ceux de 2019 et 2020 l’ont été. Plus grave, les états financiers des exercices 2019 et 2020 ont été arrêtés par le Conseil d’administration bien que ce dernier ait déploré n’avoir pas été informé d’apurements passés sur recommandation du commissaire aux comptes peut-on lire dans le rapport de la commission présidée par l’He Gérard Gbénonchi. Une situation qui pose de sérieux problèmes de gouvernance.
Auditeur financier et donc méticuleuse sur les questions de gestion et de l’orthodoxie financière, Alimatou Badarou face au désordre financier institué au Cncb, ne pouvait que faire des mécontents autour d’elle puisque pour la survie de la structure dont elle avait la charge, elle avait fait supprimer plus d’une vingtaine de primes indûment perçues. Au nombre de celles-ci, il y avait des primes de Tabaski, de Noël etc. Aussi, pour se conformer aux règles de l’Ohada qui précisent que c’est le Conseil d’administration qui fixe le salaire des DG, elle s’était privée de percevoir une rémunération durant les 4 mois passés au Cncb. Une rigueur qui certes n’a pas payé pour son maintien à la tête de la société mais, qui, au regard des nombreuses irrégularités notées, lui donne raison sur ses détracteurs. A coup sûr, avec sa fermeté, elle aurait été au poste, qu’il serait difficile qu’il soit reproché dans la gouvernance du Cncb, des cas de créances passées en perte définitive sans l’accord du Conseil d’administration et des prêts au personnel qui sont passés en perte définitive.

Des griefs à n’en point finir contre les gestionnaires
Par ailleurs, il est à noter au Cncb, le défaut de recensement et d’évaluation des créances et dettes à leur valeur effective du moment, la non fiabilité des états financiers générés par Perfecto, la réalisation d’activités non prévues dans le budget et le Plan annuel de travail (Pta), l’absence de nomenclature budgétaire. A noter que « la retenue à la source de l’impôt sur les bénéfices des prestataires non domiciliés au Bénin, d’un montant de FCFA 692 255 099 n’a pas été prélevée conformément aux dispositions des articles 176 à 179 du Code Général des Impôts. Aussi, la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) d’un montant de FCFA 1 038 382 648 n’a pas été payée par le prestataire Bureau International Maritime (BIM) conformément aux dispositions des articles 220, 220 et 261 du Code Général des Impôts. Et le montant total de ces impôts de 1 730 637 747 constitue des manques à gagner pour l’Etat », indique le rapport. Ainsi, après plusieurs vérifications portant analyse du système de contrôle interne, il s’est avéré que plusieurs responsables du Conseil National des Chargeurs du Bénin (CNCB) sont impliqués dans cette affaire.
Forcément, la Criet devant autant d’irrégularités, a du travail. Alors que les députés ont lancé un appel à la justice afin que toutes les personnes impliquées dans ce scandale financier répondent de leurs actes, Alimatou Badarou peut dormir tranquille. Sauvée par sa rigueur, elle est quoiqu’on dise, un exemple à suivre. Autrement, pour ces DG qui confondent les sociétés d’Etat aux leurs, la Criet n’est jamais loin.





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