Jean-Claude Houssou sur l’an 4 dans le secteur énergétique : « Disposer de 180 MW, c'est historique dans notre pays »

La rédaction 17 avril 2020

Dans le cadre de la reddition des comptes, à l’occasion de la célébration des 4 ans de l’avènement au pouvoir du Président Patrice TALON, les membres du Gouvernement planchent pour mettre en lumière les grandes réalisations de leurs secteurs respectifs. Dans ce cadre, Dona Jean-Claude Houssou, Ministre de l’Energie a répondu aux questions des journalistes ce mardi 7 avril 2020, ouvrant ainsi le bal de la saison « Le temps des moissons » consacrée à ce 4ème anniversaire.
Certains parlaient de désastre il y a quelques années au regard du tableau que présentait le secteur de l’Energie avec son corollaire de souffrances infligées aux populations. Ce secteur perçu comme levier du développement connaît une métamorphose aujourd’hui. A la clé, les réformes en vue de la satisfaction des besoins des populations en énergie électrique. Quel bilan peut-on faire après quatre ans de gouvernance de la rupture dans le secteur de l’Energie ? On en parle sur ce plateau avec le ministre de l’énergie Dona Jean-Claude Houssou.

Monsieur le Ministre, quel est l’essentiel de ce que prévoit le PAG dans le secteur de l’énergie ?
Bonjour à tous. Vous n’êtes pas sans savoir le caractère éminemment stratégique de ce secteur pour le développement socio-économique de tout pays et je crois que le gouvernement de la Rupture l’a compris très tôt puisque même pendant la campagne électorale, le chef de l’État disait bien ceci « l’énergie doit devenir le sang qui coule dans les veines de nos concitoyens ».
Evidemment la parole a joint l’acte ou l’acte a été joint à la parole notamment à travers le programme d’actions du gouvernement qui fait une part belle à ce secteur puisque pas moins de 10 % de l’ensemble des projets phares du programme d’actions du gouvernement est consacré donc au secteur de l’énergie à travers quatre projets phares. Premièrement c’est étendre et augmenter la capacité thermique de notre pays pour rendre encore plus disponible l’électricité ou au coût abordable. Deuxièmement c’est la focalisation sur les énergies renouvelables plus que jamais parce qu’on ne peut pas être dans un pays doté naturellement d’énergie solaire et lui tourner le dos comme le fait le tournesol en fin de journée, donc c’est montré effectivement que nous faisons partie des 121 pays les plus ensoleillés et il faut en tirer parti. Troisième projet phare c’est bien sûr notre société de distribution nationale dont l’ambition est de faire en sorte que cette société soit restructurée et soit capable de répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain, tant l’ambition du gouvernement est de transformer structurellement ce pays pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens et pour cela il faut que cet intrant qu’est l’électricité, cet intrant stratégique, soit disponible en quantité et en qualité et à l’heure, en prenant en compte les préoccupations environnementales et le dernier projet phare du gouvernement qui, en plus a une vision qui va au-delà de la disponibilité simple de cette énergie, c’est de faire en sorte qu’on en fasse une meilleure utilisation. Donc, les quatre projets phares parlent effectivement de la maîtrise de l’énergie et de l’efficacité énergétique. Vous voyez qu’à travers ces grands projets phares que nous déployons à grands pas avec des réformes audacieuses profondes, parfois je dirais difficiles mais c’est à ce prix, que nous allons transformer littéralement ce secteur et en même temps que l’ensemble dépend du programme d’actions du gouvernement et je crois que vous avez eu raison de dire que ce secteur est en pleine métamorphose.

Monsieur le Ministre, on voit que le secteur de l’énergie est au cœur du PAG. Quel était le visage que présentait justement ce secteur à votre arrivée en 2016 ?
Evidemment, je crois que beaucoup s’en souviennent ou beaucoup l’ont oublié déjà, que notre pays était soumis à des délestages sauvages, qui pouvaient durer des jours parfois pour certaines régions où on n’informait même pas les gens sur les situations, éventuellement leur donner de la visibilité sur quand est-ce que l’énergie électrique va revenir. On doit faire l’expérience d’un frigidaire dont les denrées ont pourri parce qu’il n’y a pas d’énergie, on doit faire l’exemple des artisans qui ne pouvaient plus faire leur métier. D’ailleurs ça me fait rappeler une anecdote : je marchais un samedi, il y a un réparateur de télé qui m’aperçoit, me reconnaît et à lui de dire ‘’Monsieur le ministre, Monsieur le ministre, vous savez, c’est à cause de vous que je ne peux plus mentir à mes clients’’. J’étais interloqué car je ne comprenais pas pourquoi. Il me dit ‘’depuis que le gouvernement de Patrice Talon a ramené l’électricité, je ne peux plus mentir à mes clients. Je disais que c’est à cause des délestages que je ne travaille pas’’. Et là, on voit que à travers un certain nombre d’indicateurs de performance économique le taux de croissance, en l’espace de quatre ans a décollé durablement avec toutes les actions concomitantes qui contribuent au développement de notre pays, on voit réellement la place qu’occupe l’énergie électrique dans le développement socio-économique de notre pays et cette disponibilité qui s’est accrue se traduit évidemment par une augmentation des activités que ce soit génératrices de revenus mais je dirais plutôt des activités créatrices de valeur pour notre pays et ça, c’est heureux et on peut remercier et féliciter un homme qui a une ambition pour ce pays, qui a une vision, qui est déterminé et engagé et je crois que ça se traduit aujourd’hui par les résultats que nous observons dans ce secteur.

Mais avant vous, le tableau était sombre.
Je confirme. Mais aujourd’hui ces musées sont devenus de vraies centrales et en plus les souffrances de nos concitoyens à l’époque n’étaient pas seulement du côté de l’électricité parce que par manque d’énergie électrique on ne pouvait pas suffisamment produire de l’eau et en mettre donc en secours ; ce qui faisait que chaque fois qu’il y avait coupure, et Dieu seul sait qu’il y en avait. Je comptais quand même du bureau du Ministre de l’Energie une dizaine par jour. Qu’est-ce que ça devrait être pour le citoyen moyen chaque fois qu’il y avait coupure d’électricité parce que par manque d’énergie électrique on produisait à flux tendu, donc chaque fois qu’il y avait coupure d’énergie, il y avait coupure d’eau, et d’ailleurs, il y avait un indicateur très simple qu’on trouvait dans les salles de douche chaque fois qu’il y a disponibilité d’eau on en mettait en réserve au cas où. Aujourd’hui je crois que nos concitoyens s’en souviennent encore avant 2016.

Vous venez de peindre un tableau sombre. Monsieur le Ministre quelle a été la thérapie proposée par le gouvernement ?
Je crois que le mot que vous avez utilisé, thérapie, est bien juste tant les souffrances de nos concitoyens étaient grandes, vraiment, et l’activité économique on peut le voir à travers les éléments macro-économiques dans notre croissance, etc. étaient en panne et le gouvernement, avec une détermination sans égale mais surtout avec méthode, discernement et une vision désormais claire dans ce secteur, a effectué un diagnostic parce qu’on ne peut pas aller en amateur. Il faut qu’on ait tous les éléments sur lesquels nous allons travailler pour transformer ce secteur, ce que nous avons fait très rapidement dans les semaines qui ont suivi l’avènement de ce gouvernement en mettant en place ce qu’on appelle le PRSE, le Plan de Redressement du Secteur de l’Energie à travers des actions à court, moyen et long termes. Quand on se met sur le schéma de diagnostic qui vous amène sur des actions à court, moyen et long termes, ça traduit tout simplement qu’il y a une vision, on veut donner de la visibilité sur l’ensemble des actions et ce que je peux dire aujourd’hui et on aura l’occasion de revenir dessus, c’est que les résultats que ce gouvernement obtient désormais dans ce secteur prouvent, s’il faut encore répéter, que les décisions qui étaient prises dès avril 2016, sont des décisions justes parce que des actions aujourd’hui sont en cohérence avec cette vision donnée dès 2016 et en cohérence avec le plan d’actions qui avait été lancé.

Nous l’avons constaté dans cet élément témoin monsieur le Ministre, les groupes loués ont été installés sur les différents sites. Pourquoi ce choix de location ? Pourquoi ne pas opter pour l’acquisition de ces groupes ?
Ce qu’il faut noter, c’est dans le cadre des mesures courtes, et qui dit court terme, dit mesures d’urgence parce que l’instruction du chef de l’État était claire, c’était de ‘’faire en sorte que pendant les fêtes de fin d’année 2016 que mes concitoyens aient la lumière. Je veux que fin 2016, l’ensemble de mes concitoyens fêtent avec la lumière’’. Je peux vous dire que ce fut un branle-bas de combat pour se mobiliser pour qu’en quelques mois on puisse avoir disponibles des moyens de production. On ne peut pas, pour le court terme, opter pour une solution de moyen ou long termes. Deuxièmement il y a des sociétés spécialisées dans les urgences, la mobilisation d’urgence qui coûte évidemment très cher, le coût de revient de l’électricité très cher, donc ça ne peut pas être un moyen de production à long terme mais ça permet effectivement à travers cette mobilisation urgente de parer au plus pressé rapidement en urgence. Nous avons opté pour cette solution-là de manière qu’à partir du mois de mai 2016 on a lancé les opérations d’appel d’offres pour pouvoir aboutir au respect scrupuleux des instructions du Chef d’État de donner de la lumière pour nos concitoyens. Mais aussi je peux noter que dans le cadre de ces actions à court terme, en plus de l’allocation des moyens de production urgente pour satisfaire ce besoin nous avons également travaillé à la réhabilitation de plusieurs centrales que j’avais qualifiées en avril 2016, de musées, notamment à Porto-Novo à Parakou et à Natitingou. Nous avons donc obtenu du constructeur de ce moteur-là, pour donner satisfaction le plus rapidement possible, parce qu’il les connaît mieux que quiconque et qui sont aujourd’hui capables de fournir 30 MW en plus de tout ce que nous avons. Mais ce qu’il faut noter également, c’est que ces mesures à court terme vont dans la diversification des sources d’approvisionnement d’énergie électrique. Par exemple, on s’est dit qu’on ne peut pas être dans une situation de souffrance pour nos concitoyens et se faire en fait contraindre par un code que nous avons volontairement signé, je veux parler du code bénino-togolais qui a été signé avec la création de la Communauté électrique du Benin (Ceb) en 1968. C’était une très bonne initiative en ce temps-là mais les choses ont aujourd’hui évolué. 50 ans après, nous sommes dans une vision régionale et nous avons des difficultés dans notre pays ; donc il faut voir comment ménager la chèvre et le chou et pour satisfaire nos concitoyens. Cela se traduit comment ? Le Bénin a demandé une dérogation spéciale auprès du Conseil interétatique de la Ceb pour pouvoir être en capacité de diversifier ses sources d’approvisionnement parce que jusque-là c’était seulement la CEB qui pouvait alimenter les deux pays. Donc, grâce à cette dérogation que nous avions rapidement obtenue, nous avons pu aller chercher d’autres fournisseurs d’énergie électrique notamment Paras Energie qui, dès le mois de février 2017, a commencé à fournir 60 MW supplémentaires pour pouvoir parer au plus pressé en plus donc des moyens de location d’urgence que nous avions mis en place.

Les 30 MW ont permis aux Béninois de renouer avec l’électricité, des actions qui témoignent de la fin du délestage et c’est pour le bonheur des Béninois certainement ?
Vous savez, quand on parle d’électricité, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’il faut raisonner en système électrique et qui dit système électrique dit qu’il y a plusieurs pans, il y a particulièrement trois pans et que si l’un de ces pans n’est pas au rendez-vous, il n’y aura pas d’électricité chez vous. Il y a la production, produire cette énergie électrique, deuxièmement il y a le transport, il faut pouvoir la transporter. Si les moyens de transport sont en panne l’énergie que vous avez produite, qui est disponible, ne peut pas passer d’un endroit A à un endroit B, et troisièmement, c’est la distribution. Une fois qu’on a transporté l’énergie de son lieu de production dans les zones d’utilisation compte tenu de son niveau élevé de tension pour ne pas en perdre beaucoup lors du transport, il faut mettre en place ce qu’on appelle donc des transformateurs, des transformateurs qui vont permettre de transformer cette énergie élevée en énergie de potentiels plus faibles pour arriver donc à la maison ou dans la boutique à 220 V sachant que le transport se fait à 161 000 Volts. Donc, il faut que ces trois pans soient efficaces, soient opérationnels.
Donc, nous avons commencé par travailler sur la production, la rendre disponible, mais on ne peut pas travailler en série l’un après l’autre ; on doit fonctionner en parallèle si on veut que nos concitoyens aient à disposition le plus rapidement possible cette énergie électrique en quantité, en qualité et à l’heure. C’est pour ça que, en même temps que nous nous occupions de la production électrique, nous avons engrangé aussi des actions pour rendre viable, efficace notre réseau de transport. Je peux vous rappeler que notre réseau de transport, quand on est arrivé en 2016, il y a une bonne partie qui datait des indépendances, donc qui occasionnait évidemment des difficultés. Avec le moindre orage, il y avait des coupures, les élagages qui n’étaient pas forcement faits et qui pouvaient tomber sur des lignes. Tout cela créait en fait des difficultés supplémentaires à nos concitoyens. Nous avons donc travaillé sur ce deuxième pan également et nous continuons de le faire. Un exemple patent c’est la manière dont on alimentait le Bénin. Vous allez être ahuri, c’est que l’énergie qui quittait le Nigéria, passe par Sakété puisqu’il faut savoir qu’historiquement le Bénin est structurellement déficitaire en matière d’énergie électrique et vous allez voir comment on a changé de paradigme par rapport à ça. Donc c’est cette énergie qui arrivait à Sakété, parce qu’on a une sous-station à Sakété, importante source de transformation, avant d’aller au Nord, traversait Cotonou pour tourner autour de Cotonou, et allait jusqu’à Lomé, montait au Nord du Togo, arrivait à Kara et de Kara va rentrer dans le Nord du Bénin, pour aller alimenter le béninois ; tout un périple. C’est terrible et comme vous le disiez oui il peut y avoir non seulement des obstacles, des difficultés de quelque nature que ce soit sur ces lignes, et c’est nos concitoyens notamment du Nord qui en souffrait et donc nous avons révolutionné cet aspect-là et par deux actions majeures, et je tiens à saluer l’ensemble des PTF qui nous ont soutenu. Nous avons construit une ligne qui va d’Onigbolo jusqu’à Parakou, qui fait désormais de Parakou un hub en matière d’énergie électrique pour le Nord, cette ligne de 261 km exactement avec une puissance de 161 Kilovolts donc haute tension qui permet dorénavant d’aiguiller directement cette énergie dont on a besoin dans le Nord à travers ce que j’appelle même une dorsale verticale de notre pays et nous avions complété par une action non moins importante que nous avons inaugurée courant troisième semaine d’août 2019 : c’est la prolongation de cette ligne haute tension qui nous amène jusqu’à à Malanville.
Avant d’en venir à la construction des lignes, vous avez parlé de la location et l’installation des groupes électrogènes, mais qui ne sont pas restées indéfiniment, la procédure a évolué. Ces groupes, pour la plupart, ont été démobilisés.

Monsieur le Ministre, pourquoi démobiliser ces sources d’énergie ? Cette option a-t-elle montré ses limites ? Monsieur le ministre on pouvait continuer avec ses groupes ?
Non, Monsieur le journaliste, on ne pouvait pas continuer. Ce sont des moyens d’urgence. Ce qu’il faut noter, c’est qu’on peut avoir le sourire de voir que ce que ce gouvernement a décrit en avril 2016, ce que ce gouvernement a prévu dans les années qui vont suivre 2016, se traduit exactement comme c’était prévu et ça c’est un exemple concret ; puisque nous étions engagés qu’au plus tard fin 2019, il n’y aurait plus de moyen de location pour produire de l’électricité au Bénin. Nous avons tenu ce pari, qui paraissait fou pour certains en 2016 tant il y avait de souffrances les années précédentes, mais nous avons tenu ce pari et ces moyens d’urgence sont démobilisés aujourd’hui complètement, ce qui confirme que nous sommes rentrés dans les moyen et long termes.

Monsieur et là nous allons parler du gros morceau Maria Gléta 2…
Ce qu’il faut noter encore une fois, c’est la traduction d’une vision, la traduction d’un travail méthodique avec discernement et qui de jour en jour, de mois en mois, donne de la visibilité à nos concitoyens à travers des réalisations concrètes. Mais tout ça, c’est grâce à cette ambition, cette détermination, cet engagement de ce gouvernement et du premier d’entre nous qu’est le Chef de l’État, qui s’est traduit par une feuille de route claire qui a été donc dessinée et qui progressivement est en train de porter ses fruits et pour paraphraser le titre de cette émission je crois que le temps des moissons est venu et on peut montrer ce qu’on peut continuer à moissonner parce que le meilleur est à venir. Vous savez, définitivement nous allons tourner le dos aux souffrances rencontrées par nos concitoyens pendant des décennies dans ce secteur, ce secteur éminemment stratégique qui est la clé ou le socle de tout développement socio-économique dans tous les pays du monde ; et celui qui a compris ça a compris beaucoup de choses et est, je dirais, en marche vers le développement de son pays. Et donc, dans les actions moyen terme, il y a effectivement la programmation de la construction d’un certain nombre d’infrastructures de production d’électricité.
C’est le premier projet phare que j’ai cité en début de cette émission donc augmenter, étendre la capacité thermique de production d’électricité pour rendre cette énergie électrique disponible à nos concitoyens et aussi dans le cas des activités industrielles, artisanales, etc. pour créer de la valeur et entraîner un vrai développement dans ce pays. Vous savez, dans le cas du PAG, la vision est qu’il faut transformer structurellement l’économie de notre pays pour pouvoir à terme arriver à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens. En fait, c’est cela l’objectif principal et tout ce que nous faisons concourt à cet objectif fixé par le Président de la République. Donc dans le moyen terme qu’on avait déjà prévu en 2016, nous arrivons en 2019 à la concrétisation de la première étape de la construction d’un certain nombre d’infrastructures de production d’électricité et pour la première fois dans notre pays, et vous allez voir que nous allons faire des centrales thermiques mais aussi et surtout nous nous orientons vers les Energies Renouvelables qui font l’objet du deuxième projet phare du secteur de l’énergie pour le PAG et nous reviendrons là-dessus plus tard.
Maria Gléta 2 est donc née et ce joyau fait la fierté des béninois parce que justement cette centrale vient dissiper les peines et ennuis de nos paisibles populations.

Monsieur le ministre, sourire aux lèvres, le joyau a été accueilli par les béninois. Maria Gléta, l’aboutissement paraît tout simple, mais partagez avec nous les difficultés que vous avez eues…
Tout d’abord, c’est une fierté nationale. C’est une fierté nationale à mettre à l’actif du Président Talon. On dit souvent dans notre langue que quand on trouve un bon habit sur le corps de son ennemi, il faut quand même avoir l’honnêteté de l’en féliciter. Nous sommes venus de très loin. Mais ce qu’il faut noter c’est que compte tenu de son engagement, de sa détermination, nous n’avions pas personnellement, en tout cas, moi je n’avais aucun doute sur cet aboutissement ; puisque là, c’est historique cette réalisation dans notre pays et avec également la manière de réaliser. Ce n’est pas que le produit qu’il faut voir c’est la manière aussi qu’on a mise dedans qui s’est traduite par le fait que donné pour 18 mois, nous sommes arrivés à l’heure, avant l’heure. Prévu pour 110 milliards nous avons dépensé 90 milliards, moins que ce qui est prévu. Pour ceux qui se souviennent des décennies précédentes il n’y a pas beaucoup de projets qui peuvent avoir un rendez-vous aussi impressionnant ; et puis troisième élément c’est que ce qu’on appelle le contenu local d’un projet majeur comme celui-là a également été au rendez-vous à travers la mise en place d’un certain nombre d’infrastructures sociocommunautaires pour ne pas dire socio-économiques, puisque ça permet la construction d’une voie de 3 km qui part du carrefour Tankpè jusqu’à la centrale qui est complètement pavée aujourd’hui et qui apporte satisfaction à la population. Cela a permis la construction de 25 salles de classe dans la localité et a permis la suppression et on est toujours en cours d’ailleurs, la suppression des toiles d’araignée dans cet environnement, dans ces localités qui aujourd’hui vont voir leur vie complètement changée. Cela a permis aussi la construction d’infirmerie et la construction d’un bâtiment pour la Police républicaine et j’en passe. Mais ce qu’il faut noter également, en termes d’impact local c’est que 80 % des entreprises qui ont travaillé sur ce site sont des entreprises béninoises ; c’est pas tous les jours qu’on construit une centrale de ce niveau-là, et quand nos concitoyens entrepreneurs, industriels, ont eu l’occasion de s’impliquer dans ce type de construction, ça leur permet aussi de montrer leurs compétences et pour pouvoir compétir je dirais à l’international, et deuxièmement, il faut savoir également que 90 % de l’ensemble des agents du personnel qui a travaillé sur ce site a été du personnel béninois et particulièrement un bon nombre venant des localités environnantes.

Dans la fourniture de l’énergie qu’est-ce qui va changer désormais ?
C’est un changement radical qui s’est opéré et qui continue de s’opérer dans notre pays dans le cadre de cette dynamique insufflée particulièrement dans le secteur. Je vous ai rappelé tout à l’heure quand on parle d’électricité, il faut parler du système électrique avec ses différents pans ; production, transport, et distribution. Au niveau de la production effectivement voilà un pas de géant qui vient d’être réalisé et inauguré au mois d’août dernier, qui va consolider plus que jamais la disponibilité électrique au niveau du Bénin. Le fameux changement de paradigme dont on parle, particulièrement dans le secteur de l’énergie, est en marche à travers cette belle réalisation, qui va permettre en plus des centrales réhabilitées à Porto Novo, Parakou et Natitingou, la turbine à gaz qu’il y a à Maria-Gléta qui a été complètement rénovée qui va nous permettre désormais de disposer de 180 MW dans notre pays ; de passer de près de 0 MV à 180 MW. Ce qui veut dire, désormais si je prends en compte ce qu’on appelle le pic de consommation de notre pays, le pic de consommation c’est le moment de la journée où on consomme le plus d’énergie, ça se passe entre 19 heures et 22 heures, notre pic oscille actuellement entre 220 ou 240 MW. Vous savez, disposer maintenant de 180 MW, c’est historique également dans notre pays, c’est disposer déjà de plus de 60 % de ce pic de consommation, autrement, nous sommes résolument engagés sur cette route de l’autonomisation énergétique de notre pays puisqu’en l’espace de trois ans nous sommes passés de près de 0 % en termes d’autonomie en matière d’énergie électrique à plus de 60 % aujourd’hui. D’ailleurs, dans la journée, certains jours nous atteignons même 80 % voire 90 de cette autonomie tant l’utilisation par exemple un samedi ou dimanche, la consommation dans la journée est en deçà de ce que ça peut être dans la semaine. Donc des fois, on avoisine ces 180 MW, des fois mêmes moins. Aujourd’hui, le Bénin en l’espace de 2 ou 3 ans, a mis en place des réalisations concrètes à travers des réformes importantes. L’exemple de Maria Gléta permet aujourd’hui de dépasser les 60 % d’autonomie. Je vous donne rendez-vous au nom du gouvernement à fin 2021 et le Bénin sera complètement autonome en matière énergétique.

Peut-on affirmer aujourd’hui que la centrale de Maria Gléta 2 va impacter sensiblement le processus de création de richesse au Bénin ?
C’est sans aucun doute. Sans aucun doute parce que ce qu’il faut savoir, avoir les moyens de production propre, il n’y a pas mieux. on ne peut pas parler d’indépendance industrielle ou économique sans parler d’indépendance énergétique et c’est cette voie d’indépendance énergétique qui a été tracée par le Président Patrice TALON et que nous suivons chaque jour et les résultats que nous engrangeons au fur et à mesure montrent que cette voie qui est tracée est la voie la plus juste, et tous les éléments qui concourent à emprunter sereinement, sûrement, avec détermination cette voie montrent sans aucun doute que nous allons y arriver et que l’impact socio-économique se montre déjà, vous n’avez qu’à voir le taux de croissance en 2018 ce que c’est en 2019 ce qu’on prévoit pour nous en 2020, c’est réellement une croissance du taux de croissance.

Les béninois sont pressés, certains se demandent s’ils auront Maria Gléta 3 ?
Je disais tantôt que ce gouvernement et particulièrement pour ce secteur, travaille avec méthode, avec discernement ; tout ça avec un chapeau qui est la vision ; une vision claire avec une feuille de route également claire et sur cette feuille de route, le premier projet phare qui est d’augmenter la capacité de production d’électricité passe par la construction d’infrastructures de production, exemple Maria Gléta 2, mais également deux autres centrales thermiques sont prévues derrière notamment une de 120 MW également encore dont nous travaillons aujourd’hui au lancement prochain de l’appel d’offres puisque c’est dans le cadre de producteurs indépendants, c’est l’occasion de vous rappeler que le vœu du gouvernement de faire en sorte que les investisseurs privés puissent investir massivement dans ce secteur qui est éminemment capitalistique ; donc une deuxième centrale de 120 MW et une troisième centrale de 25 MW également dans le tuyau. Mais à côté de ça, le gouvernement veut avoir un mix énergétique responsable. Cela veut dire être en capacité d’utiliser toutes les possibilités que nous avons en plus de nos possibilités propres pour produire de l’énergie, je veux parler du solaire, c’est pour ça que depuis le 19 décembre dernier nous avons lancé un appel d’offres international pour la construction de quatre centrales solaires de 50 MW à la fois 2 × 10 MW et de 2x15 W à Bohicon, Parakou, Djougou et à Natitingou. C’est une très bonne nouvelle qui viendra compléter et ces centrales viendront s’ajouter aux premières centrales dont on va lancer la construction dans les semaines à venir de 25 MW à Illoulofin à Onigbolo, une centrale d’envergure solaire financée donc par l’Union européenne et l’Agence française de Développement, et qui va montrer que l’orientation vers l’énergie renouvelable de notre pays n’est pas un vain mot et ça se traduit dans des actions ; et donc vous m’avez parlé de Maria Gléta 2, de 3, de 4 et des centrales solaires, vous allez en avoir 1,2,3,4 et cinq.

Monsieur le ministre expliquez-nous un peu le fonctionnement des lignes d’interconnexion…
Je reviens sur le système électrique avec trois pans. Production, transport, distribution. Si l’un de ses pans est défaillant, on ne pourrait pas attendre l’énergie électrique. Donc le gouvernement fait feu de tout bois. Je disais que ces différents pans doivent être attaqués en même temps donc en parallèle ce qui fait qu’en même temps que nous travaillons pour une disponibilité plus accrue avec des infrastructures propres installées sur notre territoire, nous travaillons également pour rendre fiable le réseau électrique que ce soit haute tension, moyenne tension et basse tension, parce que la situation que nous avions rencontrée à notre arrivée était préjudiciable justement à la disponibilité accrue de cette énergie. Je donnais l’exemple tantôt quand l’énergie du Nigéria devait passer par Sakété et aller d’abord au sud du Togo, remontait à Kara avant de rentrer au nord du Bénin. Aujourd’hui, ces souffrances occasionnées par ce type d’aiguillage sont définitivement terminées, puisque nous avions deux projets majeurs qui sont rendus opérationnels aujourd’hui, c’est la ligne qui va d’Onigbolo jusqu’à Parakou, longue de 261 km et 161 000 kV et celle qui va de Parakou jusqu’à Malanville en passant par Bembèrèkè/Kandi, ce qui nous permet de dire aujourd’hui que pendant ces quatre années nous avons changé la configuration du système électrique béninois. Je répète, pendant ces quatre ans nous avons changé la configuration du système électrique béninois, notamment, en matière de transport par la création de ce que j’appelle maintenant la dorsale interne du Bénin qui va du sud jusqu’au Nord sans passer d’abord par un pays voisin.

Monsieur le ministre parlons des moissons parce que nous amorçons le dernier virage nous allons aborder les réformes à la SBEE très rapidement…
Permettez-moi de terminer sur la précédente c’est que, en l’espace de trois ou quatre ans nous avions augmenté les longueurs de ligne dans notre pays au niveau tension de près de 15 % en l’espace de quatre ans ; nous avons augmenté en termes de basse tension (c’est ça qui permet d’aller chez les gens), près de 20 % en l’espace de quatre ans. Faites un petit calcul si on divise ça par quatre, même par 10, et on prend ce 10ème de tout ce qu’on a réalisé en quatre ans, si depuis 50 ans on faisait le 10ème par an, je crois que le Bénin serait au ciel du développement ; donc ça c’est important à noter de la même façon qui revient rejoindre la question d’impact économique et social de toutes ces évolutions, vous savez qu’en l’espace de quatre ans nous avons augmenté le nombre de clients à la SBEE de près de 20 %, on est passé de 570.000 clients en 2016 sachant que 2015 c’était plutôt 530.000 ; aujourd’hui nous sommes à plus de 635.000 clients et nous allons poursuivre. Et tout ce qui a été des désagréments pendant les deux dernières années notamment en matière de pénurie de compteurs est conjugué définitivement au passé puisqu’il y a meilleure disponibilité de ce matériel pour satisfaire le plus possible nos concitoyens. Mais, vous avez posé une question très pertinente sur les réformes, particulièrement de la société nationale de distribution, vous savez, nous avons constaté que nos concitoyens ont trop souffert par manque de cette énergie électrique d’une part, mais aussi ont souffert du fait que la notion clientèle n’était pas au cœur des préoccupations de la SBEE. C’est pour ça d’ailleurs que le gouvernement en a fait un projet phare, la restructuration de la société de distribution à travers un certain nombre de réformes, des réformes profondes, je dirais même courageuses et parfois difficiles mais nécessaires parce que c’est à ce prix et à ce prix seulement qu’on va restructurer effectivement, efficacement mais surtout durablement, ce secteur notamment la société nationale d’électricité. On a commencé d’abord à mettre en place un contrat-plan, un contrat entre l’État et la SBEE à travers un certain nombre d’indicateurs de performance que ça soit en matière technique, taux de perte ; durée moyenne de connexion, etc. Ce qui nous permet d’ailleurs très rapidement de diviser par 5 la durée moyenne de coupure, et de l’autre côté, le temps moyen de dépannage qu’on a trouvé qui était de 10 à 11 heures est passé à 2,5h. Là aussi, nous avons divisé cette durée par 5, ce qui montre déjà avec le contrat-plan et des indicateurs de performance que nous avons mis en place, y compris au niveau de ressources humaines, efficacité, formation, etc. Ça commence donc à prendre corps et à produire des résultats. Mais le travail, la profondeur du changement est telle que nous ne pouvions nous contenter que d’un contrat plan. C’est pour ça d’ailleurs que le gouvernement avait décidé au-delà de ce qui avait été préconisé dans le cadre de l’accord de don MCA II, pour rendre plus efficace cette entreprise. L’analyse du gouvernement a débouché sur le constat que le mal est profond et nos concitoyens sont impatients et il faut aller vite et en profondeur pour que les résultats soient durables. C’est pour ça que le gouvernement a pris la décision de passer en gestion déléguée cette entreprise nationale. Donc nous avions effectué un appel d’offres international pour pouvoir recruter une entreprise internationale du secteur qui a fait ses preuves d’efficacité, de performance dans le secteur et donc cet appel d’offres international a débouché effectivement sur la compagnie canadienne Manitoba Hydro International pour venir, je dirais, distiller ce qui lui a permis d’être performant dans ce secteur au niveau de la distribution et profiter de l’occasion pour faire monter en compétence nos compatriotes pour qu’au bout de la période de gestion déléguée qui est de quatre ans, nos compatriotes puissent prendre à nouveau les rênes de cette entreprise importante pour pouvoir poursuivre ce chemin de performance attendue. Je profite de l’occasion pour rappeler que c’est bien d’une gestion déléguée qu’il s’agit, ce n’est pas une privatisation ; la preuve tous les agents de la SBEE sont toujours en place et nous recherchons à travers cette gestion déléguée une efficacité accrue des performances pour que cette entreprise majeure dans le paysage socio-économique de notre pays puisse devenir une entreprise viable, par rapport à ses mission,s une entreprise viable c’est-à-dire économiquement équilibrée pour ne pas dire financièrement équilibrée et puis une entreprise qui, tout en mettant la clientèle au cœur de ses préoccupations, soit aguerrie pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain.

Il y a eu un allégement au niveau de la grille tarifaire, une amélioration de la grille tarifaire, des services au profit de la clientèle.
Dans ces réformes nous avons fait en sorte que le maître mot, le souci principal soit la clientèle. Vous savez, il y a eu tant de souffrances notamment au niveau des agences ; j’avais même l’habitude de dire que la SBEE étant une société d’État, société EPIC, c’est-à-dire entreprise ou entité publique à vocation industrielle et commerciale, que le « C » était mort et que tout ce que le gouvernement entreprend dans ce domaine aujourd’hui c’est de tout faire pour que ce « C » soit ressuscité, mais soit ressuscité avec brillance ou avec brio et que la clientèle soit au cœur des préoccupations de l’entreprise et des agents qui travaillent dans cette entreprise et les queues énormes qu’on avait dans les agences, nous avions fait des actions qui ont commencé à porter leurs fruits. Je veux parler du réaménagement de certaines agences et ça se poursuit aujourd’hui et puis le paiement désormais par Mtn et Moov, la dématérialisation de l’achat de crédit d’électricité, de son lit on peut acheter ses crédits 24h/24, on n’a plus besoin d’aller faire la queue où des fois on vous dit, on est désolé, revenez demain. Le gouvernement de Patrice Talon est en train de révolutionner ce secteur, pour ne pas dire ce pays, et je compte sur vous pour en être des ambassadeurs.

Monsieur le ministre en 2016 vous étiez en colère. Aujourd’hui vous l’êtes toujours ?
Ma colère s’est transformée en sourire. Grâce a la vision qu’on a pour ce secteur aujourd’hui, à la détermination, à l’engagement du Chef de l’État pour une transformation durable de ce secteur et le fait que les actions suivent la parole et que derrière, les réalisations confirment que les choix qui ont été faits sont des choix justes, exemple de ce que j’ai qualifié de musée qui est devenu aujourd’hui des centrales opérationnelles à Porto Novo, Parakou et Natitingou. Ça c’est un exemple concret de la réalisation de l’État, vous avez vu la réalisation de Maria Gléta, la quantité de ligne de transport et de distribution qu’on a mise en œuvre. Vous savez qu’au niveau de la distribution nous avons fait également une prouesse qui n’est pas beaucoup sortie, on a entendu effectivement les plaintes légitimes de nos concitoyens, vous savez qu’entre novembre et décembre 2019, la Sbee a installé 35.000 compteurs ; faisant passer le nombre de clients de 605.000 à aujourd’hui 640.000. C’est extraordinaire et il y a suffisamment de compteurs aujourd’hui pour que nous réduisions le délai d’attente entre le moment où on fait une demande et le moment où on vous installe un compteur. Tout ça montre que cette dynamique est une dynamique plus qu’extraordinaire surtout parce que, ça porte des fruits qui permettent d’améliorer les conditions de vie de nos concitoyens à travers l’impact socio-économique que ça peut avoir, notamment quand je prends les artisans, quand on voit qu’il y a beaucoup de projets en cours qui vont concourir dans les deux prochaines années à augmenter significativement le nombre de localités éclairées dans notre pays, je prends les exemples de l’électrification rurale où le gouvernement s’est fait un point d’honneur à faire en sorte que ce que nous appelions le parent pauvre de notre système électrique puisse rattraper le temps perdu à travers des réformes. Ainsi en septembre 2018 on a pris un décret portant électrification hors réseau pour faciliter les investissements privés dans le milieu rural et d’ailleurs une des réformes majeures de ce gouvernement dans le secteur de l’énergie c’est le nouveau code de l’électricité qui a été voté le mois dernier à l’unanimité à l’Assemblée nationale et qui va révolutionner le secteur. Vous savez que le précédent code de l’électricité date d’une quinzaine d’années et ne répondait plus aux préoccupations de notre temps et là, il y a dans le nouveau, des innovations extraordinaires dont le cadre réglementaire pour rassurer les investisseurs. Ce cadre réglementaire désormais fait des améliorations en matière de mesures fiscales, il fait des améliorations en matière d’énergies renouvelables. Vous savez, les composantes par exemple pour des installations solaires sont exonérées de droits de douane pour encourager l’accélération de ça, c’est également l’autorité de régulation du secteur l’ARE qui est, comme disent certains, le gendarme, mais on n’a plus de gendarmes dans le pays c’est plutôt la police du secteur qui a un rôle régalien, important à double volet. D’un côté protéger le consommateur pour qu’il puisse avoir cette énergie dans les meilleures conditions possibles et puis de l’autre, garantir la viabilité du secteur c’est-à-dire l’équilibre économique et financier de ce secteur. Pour faire ce travail, il nous faut une structure qui soit autonome et cette autonomie a été donnée à l’Autorité de Régulation de l’Electricité à travers un certain nombre de dispositifs qui lui permettent aujourd’hui de s’autofinancer, à travers un certain nombre de taxes que des parties prenantes peuvent lui verser donc ça lui permet d’avoir les moyens de sa politique ; donc toutes ces réformes doivent conduire inlassablement et surtout durablement à améliorer ce secteur qui dans quelques temps doit être un exemple en Afrique parce qu’en même temps que nous travaillons sur l’amélioration de notre système électrique, nous contribuons également à ce que j’appelle l’intégration régionale. N’oubliez pas que le Bénin est la capitale du Système d’Echange d’Energie Electrique Ouest Africaine le WAPP, c’est d’ailleurs pour ça qu’on est en train de construire à Calavi ce qu’on appelle le dispatching c’est-à-dire l’endroit où on va gérer tout le flux électrique de toute l’Afrique de l’Ouest. Désormais ce sera du Bénin et à côté ce sera la création de la salle des marchés parce qu’on crée la bourse de l’électricité ce qui va permettre d’avoir encore plus de disponibilité puisque l’interconnexion de l’ensemble des 14 pays continentaux de la CEDEAO va se terminer l’année prochaine et donc on va avoir plus de disponibilité et à terme, à moindre coût.

L’énergie vient renforcer alors le Bénin qui est une terre d’opportunités
Vous savez, vous avez raison de dire que l’énergie est plutôt au cœur du Bénin désormais terre d’opportunités grâce au président Patrice TALON. Mais ce qu’il faut noter, c’est que le délestage n’existe plus dans notre pays. Le délestage, c’est un phénomène volontaire quand l’offre n’est pas suffisante pour répondre à la demande. Deuxièmement nous avons beaucoup progressé notamment, des réalisations majeures avec des réformes difficiles encore une fois mais audacieuses. Il faut féliciter ce gouvernement à travers ce courage qu’il a eu pour pouvoir avancer sur ces terrains y compris jusqu’à la mise en gestion déléguée pour profiter des expériences des acteurs majeurs internationaux qui ont de l’expérience dans le secteur ; mais également il faut voir que nous avons grimpé à une vitesse grand V entre 0 % environ d’autonomie énergétique électrique qu’on avait pour arriver à plus de 60 % aujourd’hui. De 0 MW installé, je ne parle pas des moyens de secours ou d’urgence même ça c’est une parole donnée, parole tenue, nous sommes passés de zéro à près de 180 MW aujourd’hui qui fait que notre autonomie est déjà au moins à 60 % et je vous donne rendez-vous fin 2021 pour une autonomie totale comme je parle d’intégration régionale dans quelques temps ne soyez pas surpris de voir que le Bénin peut vendre l’énergie.

Mot de la fin du Ministre.
Merci beaucoup. Vous voyez que c’est simplement magique, c’est magique, s’est structuré, c’est méthodique, c’est déterminé et c’est simplement la marque de fabrique de ce gouvernement, pour ne pas dire du Président Patrice Talon.





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