Judith Dahui, à propos de la révision de la constitution béninoise : « La nouvelle disposition va permettre de corriger les choses »

Patrice SOKEGBE 4 novembre 2019

« En ce qui concerne l’élection d’au moins 24 femmes à l’Assemblée nationale, je puis vous dire que je n’ai pas une impression particulière. Ce n’est une impression ni de joie ni de tristesse. Selon moi, c’est le cours normal des choses. C’est comme si quelque chose qui devrait être fait est en train d’être régularisé. C’est l’impression que j’ai. Ce n’est pas des graines de maïs qu’on jette au femmes pour qu’on s’en acclame. Depuis longtemps, les hommes ravissaient toutes les places dans le combat politique, dans presque toutes les sphères de décision. S’ils sentent aujourd’hui le besoin de se faire assister par les femmes, il n’y a pas à acclamer cela. Les femmes béninoises ne sont pas des paresseuses. Nous avons des femmes assez compétentes. Elles se sont longuement battues devant cette injustice. Nous avons vu nos devancières qui se sont réellement battues contre cette forme de discrimination. Ce sont les mêmes femmes qui se retrouvaient dans les ONG et autres qui luttaient contre cela. Si une situation favorisant la femme se présente, c’est toujours les femmes qui combattent cela. Mais en réalité, ce sont les femmes qui font le bonheur des hommes. Pendant les campagnes électorales et autres meetings politiques, vous verrez que les femmes sont toujours mobilisées en masse, et après on jette quelques pièces pour les contenter, vu la situation socio-économique que nous vivons. Ce faisant, elles ne permettent pas à leurs sœurs d’accéder à des postes de responsabilité. Aujourd’hui, nous devons prendre conscience, et savoir que c’est la femme qui doit faire le bonheur de son semblable. Nous devons véritablement sensibiliser nos sœurs des villages et leur faire comprendre qu’elles ont le droit de se faire élire, qu’elles peuvent se souder les coudes pour aller loin. Les dispositions n’ont pas dit rigoureusement 24 femmes à l’Assemblée nationale. Cela veut dire qu’on peut aller au-delà. Le nombre de femmes dans la nouvelle législature n’honore pas le Bénin. La nouvelle disposition va permettre de corriger les choses ».
Propos recueillis par Patrice SOKEGBE



Dans la même rubrique