L’intrigue Eléonore Yayi

Moïse DOSSOUMOU 7 septembre 2019

Eléonore Yayi Ladékan retourne au gouvernement. Tout comme Alassane Séidou et Jean-Michel Abimbola, elle a réussi à obtenir la confiance de deux chefs d’Etat. D’abord, Boni Yayi et ensuite Patrice Talon. Ancienne directrice du centre des œuvres universitaires et sociales de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), puis ministre des enseignements maternel et primaire sous Boni Yayi, elle a par la suite de son éviction, consacré son temps aux activités académiques en tant qu’enseignante. Les dernières élections rectorales l’ont hissé au poste de vice-recteur de l’Uac. Discrète en politique, elle a réussi le tour de force de susciter l’intérêt de Patrice Talon pour sa personne. Pourquoi son entrée dans le gouvernement de Patrice Talon suscite autant de débats ?
Primo, rien qu’à considérer son patronyme, on peut être surpris de sa nomination au poste de ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. D’une manière ou d’une autre, des liens de parentée la rapprochent de l’ex chef d’Etat qui n’a pas de bons rapports avec son successeur. Pour avoir servi Boni Yayi à des postes importants, et surtout pour sa grande discrétion, il y a de quoi être surpris de sa nouvelle position dans la République, surtout que rien ne la prédestinait à une telle promotion.
Secundo, au vu des récents événements qui ont secoué le Bénin et les Collines en grande partie d’où la nouvelle ministre est originaire, on peut se dire que c’est un clin d’œil que Patrice Talon fait en direction de Savè. En effet, les échauffourées liées aux législatives non inclusives du dimanche 28 avril dernier ont occasionné beaucoup de dégâts. Dans le centre du pays, la confrérie des chasseurs s’est particulièrement illustrée dans des actes de violence. Pour l’essentiel, ils proviennent de Tchaourou et de Savè. Pour décrisper l’atmosphère et ramener le calme, le chef de l’Etat s’est personnellement impliqué dans le dossier en initiant une série d’audiences avec les différentes forces vives de ces localités. Cette nomination surprise découle probablement des engagements pris à ces occasions.
Tertio, dans un passé récent, Eléonore Yayi a milité parmi les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), regroupement dont Boni Yayi est le leader charismatique. Depuis peu, ce parti a du mal à obtenir son certificat de conformité à la nouvelle charte des partis politiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, il n’a pu participer aux dernières élections législatives. Cette situation a renforcé l’inimitié entre patrice Talon et son prédécesseur. La nomination de Eléonore Yayi a tout l’air d’un bon casting car elle jette du doute dans les esprits. Elle crée une certaine confusion car on pourrait croire qu’elle a reçu l’onction des Forces cauris pour un Bénin émergent. Niet, rétorque Nourénou Atchadé, qui martèle que la nouvelle ministre a pris ses distances avec le regroupement Fcbe depuis plusieurs années et qu’elle ne saurait être considérée comme la représentante de ce parti d’opposition au sein du gouvernement.





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