La culture, vecteur de décrispation : Patrice Talon, Nicéphore Soglo, Lionel Zinsou…fiers de célébrer ensemble le retour des trésors royaux restitués

Angelo DOSSOUMOU 21 février 2022

La beauté éblouissante des 26 objets d’art restitués par l’ancien colonisateur n’aura pas suffi pour éclipser certaines apparitions samedi dernier au palais de la Marina. Comme dans un conte de fée, l’ancien président de la République, ancien maire de Cotonou et surtout opposant au régime en place, Nicéphore Soglo était en bonne place à la cérémonie d’exposition des trésors royaux d’Abomey. Loin d’être anodine, cette présence témoigne de la force de la culture à faire taire les divergences politiques. Ne serait-ce que le temps d’une communion autour des trésors royaux restitués par la France, le patriarche fâché contre la gouvernance Talon, s’est réjoui d’une prouesse qui permet aujourd’hui à tous ses compatriotes de contempler sur la terre natale, la capacité artistique de ses aïeuls du royaume d’Abomey.
Que dire de Lionel Zinsou, challenger en 2016 de l’actuel locataire de la Marina et, par la suite, condamné à 4 ans d’inéligibilité pour dépassement des frais de campagne ? Nonobstant cette condamnation difficilement digérable pour tout acteur politique, la magie culturelle a opéré et non seulement, les deux anciens protagonistes de la présidentielle de 2016 ont pris le même vol pour rentrer à Cotonou mais aussi, partager la ferveur autour des 26 objets d’art exposés enfin sur la terre de leurs vrais propriétaires. En somme, Patrice Talon, Nicéphore Soglo et Lionel Zinsou, le même jour et au même lieu, partageant le même sentiment de fierté nationale, il n’y a, pour l’instant, que la culture pour réaliser cette alchimie. Peut-être bien, si les Ecureuils du Bénin réalisaient comme le Sénégal, la prouesse de gagner la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (Can), les observateurs de l’animation de la vie politique auront droit à un cachet aussi spécial.

Du moins, à part la culture, il n’y a que le sport en général et le football en particulier pour forcer, contre toute attente, une décrispation politique. D’ailleurs, en 2019 en Egypte, le billet des quarts de finale arraché face aux Lions de l’Atlas du Maroc, a momentanément fait oublier le climat politique délétère. Reste à présent à savoir quelle sera la suite à donner à l’image projetée samedi dernier au Palais de la Marina par ces acteurs politiques clés. En effet, devant la menace djihadiste, les difficultés liées à la cherté de la vie, un dégel politique pas circonstanciel mais pérenne épargnera bien de désagréments à la paix au Bénin. Et donc, au-delà des retrouvailles politiques marquantes autour des biens culturels, le peuple, soucieux de son mieux-être, se satisferait d’un dégel total et d’une union pour le développement du pays dans l’esprit de la jarre trouée du roi Guézo. Et tant que c’est possible, toutes les bonnes volontés doivent y œuvrer.





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