Le Prd : un poids électoral, un positionnement et des interrogations

Angelo DOSSOUMOU, Isac A. YAÏ 21 septembre 2020

Des vérités entre les lignes qui convergent vers une envie irrésistible : être aimé et être plus considéré. C’est la grande leçon à tirer des recommandations du Parti du renouveau démocratique (Prd) au sortir de sa dernière université de vacances qui a eu lieu en fin de semaine dernière à Porto-Novo. Si le parti de Me Adrien Houngbédji tient, comme à la prunelle de ses yeux, malgré les dénonciations des coups et les croque-en-jambes de ses partenaires politiques, à continuer d’être membre de la mouvance, il veut surtout saisir l’occasion de la prochaine présidentielle pour se faire mieux valoir. Car, ne comprenant pas jusqu’ici qu’en dépit des services loyaux rendus au cours de la 7ème législature et de son statut du plus vieux parti à l’ère du renouveau démocratique, il ne soit pas associé à la gouvernance de la rupture, le parti arc-en-ciel cherche déjà les voies et moyens pour changer la donne dès que possible.
A coup sûr, si les Tchoco-Tchoco n’ont pas d’élus et donc peu de possibilités de réunir les 16 parrainages pour envisager une candidature à l’interne en 2021, ils se sont rendus compte que l’autre enjeu du prochain scrutin, ce sera le taux de participation. Effectivement, si la traversée de désert au plan politique des inconditionnels de Me Adrien Houngbédji est actuellement une évidence, leur poids de 6% de l’électorat national pour la prochaine présidentielle peut attiser des convoitises. D’ailleurs, et il faut être aveugle pour ne pas le voir, le Prd n’a pas rappelé pour la forme que malgré l’armada des deux blocs de la mouvance que sont l’Union progressiste et le Bloc républicain, il continue toujours de régner sur Porto-Novo, Sèmè-Kpodji et Adjarra. Un peu comme pour dire même si je n’ai la possibilité d’avoir un candidat à l’interne, faute de parrainages, néanmoins, vous devriez au risque d’un scrutin à un faible taux de participation, compter avec moi. Car, 6% dans la balance dans un contexte où le désintérêt pour la chose politique va grandissant, ce n’est pas rien.
Au vu de tout ceci, la 4ème force politique au Bénin, suivant les résultats des dernières élections communales, veut se faire désirer. Un appel du pied qui prend tout son sens avec des Tchoco-Tchoco qui ne cachent pas leur mal être au sein d’une famille dans laquelle ils ne comptent aujourd’hui que pour du beurre. Ce faisant, 2021 est l’ultime chance pour, non seulement continuer d’exister en tant qu’entité politique mais aussi, mériter qu’ils soient davantage impliqués dans la gouvernance du Bénin. Et ceci peut bien se comprendre puisque la première vocation d’un parti politique, c’est la gestion du pouvoir et non une existence inutile. Alors, si possibilité il y a pour le Prd d’atteindre cet objectif, il ne s’en priverait pas. Maintenant, la grosse interrogation est de savoir qui pourra réussir à mieux courtiser les Tchoco-Tchoco prêts à tout pour être du bon côté et se garantir les 6% voire plus du Prd ? Puisqu’en politique, la certitude est de l’ordre de l’irrationnel, certainement, les mois de novembre et décembre permettront à tout un chacun d’être plus avancé.





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