Législatives 2023 : Forces et faiblesses des partis en lice

27 décembre 2022

Sept partis en lice et 763 candidats titulaires se disputent les 109 sièges et la majorité à l’Assemblée Nationale. La campagne lancée, chaque formation politique s’élance pour conquérir le maximum de suffrages en allant au contact des populations. Chacun d’entre eux peut compter sur des concours de circonstances et des faiblesses des adversaires sur le terrain pour prétendre prendre l’avantage lors du scrutin du 08 janvier prochain. Les sept partis sont entrés en compétition en comptant sur leurs capacités à gagner l’élection. De solides arguments plaident en faveur de quelques partis tandis que d’autres sont considérés comme des outsiders. Ainsi les favoris de cette compétition selon une certaine opinion sont sans nul doute l’Union Progressiste Le Renouveau (UPR), le Bloc Républicain (BR), le parti Les Démocrates (LD) et la Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE).

Trois gros avantages pour l’UPR, le BR et la FCBE
Trois partis disposent de trois gros avantages dans la course aux Législatives prochaines. L’Union Progressiste le Renouveau, le Bloc Républicain, la Force Cauris pour un Bénin Emergent ont le mérite d’être les trois forces politiques dont l’existence est matérialisée par des élus et une reconnaissance institutionnelle. Ayant pris part à la dernière élection entre partis lors des communales en 2020, ils ont pu définir leur électorat et leurs fiefs respectifs. Ainsi, l’UPR s’est établi plus grand parti politique avec 783 élus à travers le pays dont 736 élus communaux et 47 députés élus en 2019. En plus de cela, le parti avait glané 994.000 voix lors de cette dernière élection soit 39% des suffrages exprimés. L’UPR a érigé plusieurs fiefs du nord au sud et de l’est à l’ouest. Le Bloc Républicain talonne l’UPR de près dans l’électorat. Il a réussi à glaner 930.000 voix soit 37% des suffrages, 719 élus dont 36 députés. Le partis du cheval cabré a un bon ancrage dans le nord et dans les Collines où il a plus d’élus et de suffrages. La FCBE a également un capital de suffrages à son actif totalisant 372.000 voix et 396 élus lors des dernières communales. Le parti de Paul Hounkpè a réussi à fidéliser l’électorat naturel du parti dans le Borgou, l’Alibori et dans les Collines en essayant d’exister dans l’Atacora et la Donga. Ces trois partis ont cet avantage non négligeable sur lequel ils peuvent s’appuyer. En disposant de conseillers communaux, de maires et de députés pour certains, ils ont des grands électeurs qui vont pouvoir drainer des voix lors du scrutin. En dehors de ce capital de suffrages, d’élus et de fiefs, les trois grands favoris bénéficient du financement public qu’ils perçoivent depuis 2020 conformémement à la charte des partis politiques. Ce qui fait que ces partis peuvent disposer de plus de moyens pour leur campagne en dehors des entrées par le biais d’autres sources de financement. C’est donc trois facteurs qui donnent une nette avance à l’UPR, au BR et à la FCBE sur les autres partis en lice pour ces législatives. Cependant le terrain est ce qui commande et les données peuvent changer avec d’autres pesanteurs qui peuvent entrer en jeu.

L’effet de ‘‘victime’’ du parti Les Démocrates
En dehors des principaux partis placés en tête de peloton, le parti Les Démocrates va jouer les trouble-fêtes de ces Législatives. Bien que n’ayant jamais particpé à aucune élection, le parti de l’ancien président Boni Yayi bénéficie de la sympathie populaire. Il incarne le camp des exilés et des prisonniers dits ‘‘politiques’’ et se positionne comme rempart des causes perdues. Certains du lieu de leur exil, n’hésitent pas à apporter leur soutien au parti de la flamme allumée. L’électorat est habitué à accorder le bénéfice du doute à des acteurs politiques qui ne parlent pas le même langage que l’Exécutif. En outre, le parti a également réussi à se postionner dans l’opinion populaire comme le seul parti de l’opposition crédible. Il pourra donc bénéficier d’éventuels votes sanctions et une grande mobilisation des électeurs pourrait largement profiter au principal parti de l’opposition. Mais tout n’est pas rose pour le parti Les Démocrates. Eric Houndété et ses amis ont été contraints de laisser sur le carreau plusieurs de leurs éléments. Des ex-ténors et leaders bien connus des populations devront rester à la touche pour soutenir des candidats novices et non préparés pour ce challenge.

La 8ème Législature, un os dans la gorge de l’UP-R et du BR
Les partis de la 8ème législature vont faire face à leur bilan à l’occasion de ces législatives. Les circonstances des législatives de 2019 ont entretenu une rupture entre le peuple et ses représentants. De leur installation jusqu’à ce jour, les députés de cette législature n’ont pas eu bonne presse. Ils ont été attaqués de toutes parts et pendant tout leur mandat. Le principal chef d’accusation porté contre cette mandature finissante est l’unipolarisation du parlement où seuls les partis de la mouvance présidentielle ont siégé. Cette configuration a créé une sorte de méfiance et un problème de légitimité auprès des populations. Alors, quoique de bonnes actions ont été menées dans le cadre de leurs activités parlementaires, le bilan est souvent peint en noir. La pluaprt des électeurs menacent de sanctionner cette législature à travers les partis qui y ont siégé. C’est la grande faiblesse de l’UPR et du BR. Aussi porteront-ils la charge de la cherté de la vie qui sévit depuis plusieurs mois. Ils sont pointés du doigt pour leur appartenance au pouvoir actuel.

Quid des outsiders MPL, UDBN et MOELE-Bénin
Les partis Mouvement Populaire de Libération (MPL), Union pour le Développement d’un Bénin Nouveau (UDBN) et le Mouvement des Elites Engagées pour l’Emancipation du Bénin (MOELE-Bénin) sont considérés comme les petits poucets de cette élection. Hormis l’UDBN qui s’est essayé à une bataille électorale en 2020, les autres participent pour leur première fois à une compétition. En dehors d’être des partis nouveaux dans le sérail électoral, ces lieutenants sont pour la plupart à leur premier essai. Peu connus, inexpériementés et sans moyens, l’on se demande s’ils pourront franchir la barre des 10% pour lever un siège dans une circonscription électorale telle que l’exige la loi. L’UDBN qui avait pris part aux dernières communales avait à peine réussi à réunir 2% des suffrages soit 54.000 voix. Ce taux très insignifiant obtenu à cette élection ne lui permet pas de voir l’avenir avec sérénité. Quant au parti MPL qui se réclame de l’opposition, il n’a visiblement pas réussi à rallier les frustrés ni à voler la vedette au parti Les Démocrates. MOELLE-Bénin peine également à s’affranchir de la personne de Jacques Ayadji dont le seul nom fait le parti. Cependant, seule la vérité des urnes fixera chacun.Ainsi donc, ce n’est qu’au soir du 08 janvier 2023 que les vrais visages des partis politiques seront connus.
Ange M’poli M’TOAMA





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