Législatives du dimanche prochain : Vivement la bonne capacité d'analyse des élus

Patrice SOKEGBE 6 janvier 2023

Sans aucun doute, les élections législatives du dimanche prochain réservent de grosses surprises. Au regard des mouvements observés de part et d’autre sur le terrain, l’on pressent une Assemblée nationale assez diversifiée. Mais la grande crainte, c’est d’avoir un parlement au sein duquel la grande capacité d’analyse des élus ne soit pas à la hauteur des attentes. Depuis longtemps, les Béninois n’ont pas eu droit à des débats dépassionnés, objectifs et constructifs. Il est assez fréquent de voir certains députés se lancer dans des invectives stériles, qui n’apportent aucune plus-value à l’essor du pays. En plus de proposer des lois, de contrôler l’action gouvernementale et de prendre part à l’adoption des lois et du budget de l’Etat, le député est aussi un éclaireur, un éveilleur de conscience. Car, sa casquette de représentant du peuple ne lui confère pas le droit de détruire l’existant. L’on reste nostalgique des toutes premières législatures où les grosses cylindrées politiques étaient éloquentes dans leurs diverses analyses et donnaient du plaisir à les suivre.
En somme, le peuple a soif des débats objectifs autour des questions liées à la lutte contre le terrorisme, l’insécurité foncière, aux taxes et impôts, à la sécurité de l’emploi, à la bonne gouvernance, aux changements climatiques, à l’éducation et autres. Mais, ceci n’est possible que si les futurs députés s’arment en connaissances et s’informent sur la situation actuelle du pays dans ces divers domaines. Il serait bien malheureux de compter des parvenus qui ne seraient pas capables de défendre la moindre cause. Aussi, est-il utile d’ajouter que le parlement doit être un haut lieu où la force des arguments prédomine. Il est vrai que c’est l’endroit où les intérêts personnels s’entrechoquent, mais cela ne doit pas amener les divers acteurs à employer la violence, les faux-fuyants et le mensonge pour tromper.
En principe, l’Assemblée nationale reste un lieu où même les analphabètes peuvent siéger puisque l’analphabétisme n’est pas synonyme d’être bête. A ce sujet, la langue officielle utilisée ne doit pas être une barrière, étant donné qu’ailleurs comme au Sénégal, le Wolof est assez utilisé au parlement comme le lingala en RDC. Mieux, l’expérience a montré que les analyses faites dans les langues locales sont plus objectives et plus structurées que celles faites dans les langues étrangères. Car les intervenants font preuve de sagesse pour faire passer le message. En attendant qu’au Bénin cela ne soit une réalité, espérons déjà que les électeurs fassent le bon choix. Tirer le bon grain de l’ivraie, c’est la seule chose qui vaille pour une 9ème législature au service du développement.





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