Lutte contre la corruption : Des remèdes s’enchaînent, le mal reste endémique

Moïse DOSSOUMOU 21 janvier 2022

C’est un mal endémique. Depuis des lustres, la corruption a pignon sur rue. Chaque régime qui passe promet lutter contre ce fléau qui, visiblement, résiste à tous les pseudos remèdes. En 2016, le ton des dirigeants est monté d’un cran. Patrice Talon, le réformateur s’est imposé le défi, sinon d’éradiquer, du moins de diminuer sensiblement l’impact de cette gangrène sur la mise en œuvre des politiques publiques. Erigée en situation d’urgence, la lutte contre la corruption et ses corollaires a pris une autre allure. A une vitesse vertigineuse, les décisions sont prises et appliquées. Les sanctions tombent et les fautifs identifiés et punis. A ce moment-là, le gouvernement croyait tenir enfin la solution. Comme s’il s’agissait d’une course contre la montre, les choses sont allées très vite.
A un rythme soutenu, des dossiers de scandales passent en Conseil des ministres. Les sanctions administratives s’enchaînent sans préjudice des poursuites pénales. Des directeurs généraux et de hauts responsables administratifs passent à la trappe. Les corps de métiers y passent. Les enseignants, notamment des directeurs d’écoles sont épinglés et jetés en pâture à l’opinion. Les rapports d’audits accablants sont sortis des tiroirs et révélés à l’opinion. Le comble, la justice s’en mêle avec une touche particulière. Créée en 2018, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) démarre en trombe avec des dossiers en cascade. Comme une épée de Damoclès, elle plane et sévit. La peur qui semble s’emparer des esprits ne disparaît pas pour autant. Les gens osent encore. Des scandales nés après 2016 avec des montants qui donnent le vertige sont toujours dénoncés.
Malgré tout, le ver demeure dans le fruit. Mais les décideurs ne semblent pas désemparer. Aux dernières nouvelles, le conclave gouvernemental du mercredi 19 janvier a accouché d’une décision liée à la lutte contre la corruption. Il s’agit de la création, à la présidence de la République, de la Cellule d’analyse et de traitement des plaintes et dénonciations. « En dépit des multiples actions entreprises pour lutter contre les faits de corruption et la mauvaise gouvernance ainsi que des sanctions disciplinaires et des poursuites judiciaires qui en découlent, des pratiques préjudiciables aux ressources de l’Etat persistent au sein de certaines structures de l’administration publique. Aussi, le Gouvernement, dans sa détermination à lutter contre l’impunité aux fins de préserver les finances publiques, a-t-il pris de nouvelles mesures pour la détection des actes répréhensibles et leur poursuite, en soutien aux structures existantes et dans le respect des textes en vigueur. C’est pourquoi, le Conseil a marqué son accord pour la mise en place, à la présidence de la République, d’un dispositif central de recueil de plaintes et/ou de dénonciations à l’encontre de tout agent public, quel que soit son niveau de responsabilité. Un tel dispositif permet également de renforcer la participation citoyenne au contrôle de la gestion des affaires publiques ».
« Analyser les plaintes et dénonciations ainsi que les éléments de preuve fournis par les plaignants ou dénonciateurs ; inciter les citoyens à surveiller la reddition des comptes par les personnes investies d’une parcelle de responsabilité ; mettre en place un mécanisme renforcé d’investigation sur les cas présumés de corruption ; proposer les modalités de poursuite pour chaque cas ; renseigner sur les suites données aux plaintes et dénonciations avérées ». Telles sont les attributions de cette Cellule. A l’aune des résultats qui seront engrangés, les Béninois seront situés sur la pertinence de sa création.





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