Lutte contre la mauvaise gouvernance : Des Osc exigent la Cour des comptes par une révision ciblée de la Constitution

Fulbert ADJIMEHOSSOU 11 juin 2018

Une Cour des comptes au Bénin, ce n’est plus seulement un souhait. C’est désormais une exigence pour laquelle les Osc réunies au sein de la Coalition « Maintenant la Cour des comptes au Bénin », entendent se battre. A cet effet, elles ont rendu publique vendredi dernier au siège de l’Ong Alcrer une déclaration pour plaider dans ce sens. « Ce n’est pas un slogan. C’est l’expression de notre détermination à rendre effective l’institutionnalisation de la Cour des comptes au Bénin, sans plus tarder parce qu’elle exerce un contrôle externe performant sur les finances publiques. Elle est indispensable pour sanctionner les déviances dans la gestion des fonds publics, lutter contre la prévarication des deniers publics, en amont comme en aval », a déclaré Martin Assogba, Président de la Coalition. Ces Osc se fondent sur l’ultimatum de l’Uemoa qui fait obligation aux pays membres de créer la Cour des comptes et sur les recommandations du rapport d’évaluation du Système national d’intégrité adopté par le Conseil des ministres du 30 novembre 2016.
Pourtant, c’est depuis 2002 que les premières initiatives de la création de cette Cour ont pris corps sans pour autant aboutir. La Société civile ne compte plus attendre, surtout après trois échecs de révision de la loi fondamentale. Elle demande alors une révision ciblée des articles 131 et 134 de la Constitution du 11 décembre 1990. « Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre le temps et laisser l’horloge de la politique nous dicter sa loi aux dépens des enjeux de développement qui ne sauraient s’accommoder des aléas politiques », a martelé Martin Assogba. Il a été soutenu dans son argumentaire par les autres responsables de cette coalition. « Une cour des comptes maintenant, c’est notre combat à tous. Nous avons tous suivi le débat autour du scandale du siège de l’Assemblée nationale et de plusieurs dossiers liés à la gestion des finances publiques. Le fait que la chambre des comptes soit là où elle est ne lui permet pas de faire son travail. Il nous faut batailler pour faire en sorte que cette Cour fonctionne », a laissé entendre Fatoumatou Batoko Zossou.





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