Lutte contre la transhumance politique au Bénin : Des principes de base pour freiner les démissions et adhésions

23 septembre 2022

Une pagaille monstre. Une grosse pierre dans le marigot de la réforme du système partisan. Beaucoup l’auront compris. La panacée pour renforcer le militantisme, enraciner la culture idéologique dans les têtes et les cœurs ou encore aider à une discipline politique au Bénin, n’aura tenu que le temps d’un mandat législatif à savoir celui de 2019. A l’approche du renouvellement de l’actuel parlement, le constat du grand fossé entre les bons vœux des concepteurs de la réforme du système partisan et la réalité du terrain est là. Du moins, il ne se passe plus de jour sans l’annonce d’une démission d’un parti ou de l’adhésion à un autre. Un marché autour des acteurs politiques qui s’anime par ces temps-ci et qui remet en cause toute la théorie construite autour d’un idéal politique matérialisé par les toilettages de la charte des partis politiques et du code électoral. Hélas ! Les multiples annonces tendant à faire croire que l’ère des démissions et ralliements tous azimuts et de la création anarchique des partis politiques n’auront pas totalement tenu la promesse des fleurs.
En effet, si en matière de création de partis politiques, les initiatives personnelles ont beaucoup diminué, il n’en est pas de même en ce qui concerne les démissions des partis, la plupart du temps pour des intérêts personnels. Justement à ce sujet, s’il est vrai qu’au regard de la Constitution en vigueur, il est impossible d’empêcher un citoyen de quitter un groupe pour en rejoindre un autre, il est cependant possible d’ériger des principes de base capables de dissuader davantage les velléités de transhumances politiques. Ainsi, pour ce qui est des élus notamment les députés, au-delà de la formule de la prise en compte des sièges arrachés dans les urnes pour la répartition du financement public aux partis politiques, il est impérieux comme ailleurs, d’exiger que les élus démissionnaires des partis cèdent leur siège à leur suppléant. A tout point de vue, ce préalable, ne serait-ce que pour ces militants de haute facture, est dissuasif. Sinon, à la veille de chaque élection et en fonction des schémas de positionnement qui se dessinent au sein des partis, la foire à l’enrôlement des acteurs politiques s’ouvrira.
Pour les militants ordinaires, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas à des postes électifs, la nouvelle dynamique politique voulue par tous, exige non seulement une relecture de la charte des partis politiques mais surtout des dispositions temporaires d’acceptation des démissions et adhésions. De toute évidence, un ralentissement dans ce processus qui est devenu banal ne ferait aucune entorse à la Constitution du Bénin qui veille à la liberté fondamentale du citoyen. En somme, ces chantiers que devront ouvrir le législateur aideraient à donner un visage plus plaisant à la réforme du système partisan. Certes, ils ne feront pas totalement disparaitre ces échos assourdissants des adhésions et démissions mais, nous épargneraient du brouhaha de cette saison de mercato politique. D’ailleurs, sans une certaine sérénité plus ou moins imposée à travers des mécanismes juridiques qui régissent le militantisme et le fonctionnement au sein des partis politiques, autant déjà faire le deuil de la réforme du système partisan. Et comme personne ne souhaite qu’il en soit ainsi, que les députés et l’Exécutif qui ont les prérogatives, prennent alors leurs responsabilités. Bien évidemment, avant qu’il ne soit trop tard.





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