Médiation de Yayi pour la réconciliation de la famille cauris : Les Fcbe face à leur destin

Arnaud DOUMANHOUN 7 janvier 2020

Changement de cap ! Le navire Cauris tangue, mais il est fort probable qu’il ne coule pas. Et pour cause, le commandant Boni Yayi a repris le contrôle du gouvernail. Les coulisses n’ont pas encore livré leur verdict. Mais nous sommes beaucoup plus proches de la fumée blanche qui sort du sanctuaire que d’autre chose. Rentré au pays le 22 décembre, le leader charismatique, président d’honneur des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) s’est très vite mis à la tâche pour un règlement de la crise qui perdure et fragilise sa formation politique.
Deux rencontres importantes. La première avec le camp formé par le duo Paul Hounkpè et Théophile Yarou, considéré à tort ou à raison comme des traîtres par leurs rivaux. La seconde avec celui desdits fidèles à la ligne directrice du parti, avec à la clé Nourénou Atchadé, Eugène Azatassou et autres. Si l’héritage reste le parti Fcbe, Boni Yayi en demeure le dépositaire et à juste titre, garde le parapluie de leader charismatique sous lequel les parties en conflits veulent bien se réfugier.
Le camp Hounkpè, en excluant certains leaders du bureau politique national du parti afin de satisfaire aux exigences du ministère de l’intérieur, en vue de l’obtention du récépissé qui atteste de l’existence légale de cette formation politique a, qu’on le veuille ou non, sauvé les meubles. Autrement, Fcbe serait encore aujourd’hui, dans la même situation que les autres partis de l’opposition membres de la résistance au régime du Nouveau départ, c’est-à-dire sans une identité juridique. A quel prix Hounkpè et Yarou ont-ils négocié le virage pour décrocher le précieux sésame, le mystère demeure entier, toujours est-il que le destin est commun et que les Fcbe jouent leur survie sur l’échiquier politique national.

Mission : réconcilier ‘‘Fidèles’’ et ‘‘traîtres’’
Boni Yayi l’a sans doute compris. A dessein, il a pris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des dissidents. Mais avant, il a dû avaler son ego, lui qui avait déploré au prime abord, l’acte posé par le camp Hounkpè sans son onction. Et l’entreprise de Boni Yayi porte déjà des fruits. « A propos des tentatives de déstabilisation de notre parti politique Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), nous sommes en train, grâce à la volonté des uns et des autres sous le leadership du président d’honneur, Dr Boni Yayi de sortir plus soudés et plus aguerris pour faire face aux défis futurs… », a écrit Valentin Djènontin, le Secrétaire général déchu par le camp Paul Hounkpè, qui lui succède d’ailleurs à ce poste.
Djènontin annonce d’ailleurs que ‘‘le parti Fcbe aura un candidat pour l’alternance au sommet de l’Etat’’. Alors peut-on d’ores et déjà clamer que l’unité fragilisée est véritablement revenue au sein des cauris ? Les jours à venir nous édifieront.





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