Mise en application de la loi d'amnistie : Hounkpè, Ahouanvoebla et Atayi-Guèdègbé partagés

La rédaction 11 novembre 2019

Reçu sur l’émission 90 minutes pour convaincre sur la Radio nationale de ce dimanche, Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance, fait partie de ceux qui espèrent qu’un procès ait lieu afin de situer les responsabilités des événements survenus au lendemain des législatives d’avril 2019. Il ne partage pas le même point de vue avec les autres invités, c’est-à-dire l’He Augustin Ahouanvoebla de l’Union progressiste et Paul Hounkpè des Fcbe.

« Loin d’être un jusqu’au-boutiste et contre l’apaisement de la crise post-électorale, je déplore qu’on n’arrive pas à faire le bilan comptable des personnes qui sont mortes à cette occasion au moment où certaines recouvrent la liberté par des arrangements qu’on sait ». Ainsi déplore Joël Atayi-Guèdègbé quant à la mise en œuvre de la loi sur l’amnistie. L’expert en gouvernance et acteur de la société civile va plus loin et précise que « depuis la conférence nationale, nous allons de report en report concernant certaines situations de violences flagrantes des droits de la personne, d’usage de la force. Cette force doit rester à la loi même quand c’est l’usage de la force qui est faite par les forces de défense et de sécurité, nous avons besoin de comprendre dans quelles conditions exactement, les choses se sont passées ».

Selon cet acteur des Osc, il faut plutôt la prise de certaines résolutions pour que plus jamais cela n’arrive d’une manière ou d’une autre, et que ni les citoyens ne prennent les armes contre l’Etat ou ne détruisent les biens d’autrui. Mais ses vis-à-vis ne sont pas du même avis. Ils se réjouissent plutôt de l’application de cette loi. « Il ne faut pas être hypocrite. Ce n’était pas donné au départ et ceux qui ont contribué à cela doivent-être remerciés », a laissé entendre Paul Hounkpè, Secrétaire exécutif du parti Fcbe. Abondant dans le même sens, Augustin Ahouanvoebla de l’Union progressiste (Up) affirme que le pardon est un acte de sacrifice mais un acte qui libère aussi. « En tant que Béninois, la tolérance doit être au cœur de toutes les actions que nous menons », a-t-il affirmé. Il faut rappeler qu’après la promulgation de la loi d’amnistie, 63 prévenus arrêtés suite aux événements d’avril et mai 2019 ont été libérés le vendredi 8 novembre 2019.
Christian ATCHADE (Coll.)





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