Municipales et Communales de 2020 : L’élection de toutes les vérités

Angelo DOSSOUMOU 7 janvier 2020

2020, année électorale et pour la course à la conquête des mairies, ça se bouscule déjà sérieusement dans le landerneau politique béninois. À la sortie des élections législatives de 2019 où la bataille pour l’Assemblée nationale a manqué de piquant à cause de l’absence de nombre de partis politiques, tout doucement, on s’achemine vers des communales et des municipales largement plus inclusives et donc plus ouvertes. Ainsi, si les législatives passées n’ont pas véritablement permis de mesurer la popularité ou l’encrage de bon nombre de formations politiques, le rendez-vous de mai prochain sera, assurément, l’heure de vérité. Du duel mitigé entre le Bloc Républicain (BR) et l’Union progressiste (UP) qui a laissé plus d’un sur sa faim, on s’achemine, à coup sûr, vers des élections où, à part ceux des partis qui tardent à régulariser leur situation au Ministère de l’intérieur, auront leur mot à dire.
D’ailleurs, sur le terrain, les prémices d’une bataille qui ne sera aisée pour aucune des formations politiques qui ambitionne de remporter les municipales et les communales se voient aisément. Des débauchages entre le BR et l’UP, aux descentes de mobilisation et de remobilisation de la base, les ingrédients sont en train d’être réunis pour l’affirmation d’une suprématie. Au même moment, le Prd qui ne décolère toujours pas d’avoir pour la première fois depuis le renouveau démocratique raté le train du Palais des gouverneurs, mettra tout en œuvre pour retrouver sa vraie place sur l’échiquier politique national. Pour ce qui est des Fcbe, avec les tractations pour la réconciliation des deux camps, il va sans dire que si les objectifs de son leader charismatique sont atteints, les cauris seront une force redoutable dans la conquête de plusieurs mairies surtout que jusqu’ici, ses têtes de pont passent pour l’opposition la plus affirmée au régime en place.

L’essai pour rester grand
Toujours dans cette course aux mairies qui retient les attentions et mobilise les énergies, il y a des novices qui ont tout à démontrer. En premier lieu, il y a l’Udbn qui, manifestement surtout que les alliances ne sont plus d’actualité, fera en mai prochain, son baptême de feu en ce qui concerne sa présence en tant que parti politique dans un scrutin d’envergure. Ensuite, s’ils peuvent se prévaloir d’être légalement reconnus, Moele-Bénin, Fcdb, Dud, Per, la Flamme renouvelée sont attendus au carrefour de la pesée de leur influence au sein de l’électorat béninois.
Autrement, tout ce beau monde ne résistera pas à sa fusion à l’une ou l’autre des formations politiques plus grandes. Justement, c’est en cela que la vérité des urnes en mai prochain est capitale pour mieux dessiner la carte politique sous la rupture. Car, sans le Prd, les Fcbe pour ne citer que ceux-là dans une compétition électorale, ce serait prétentieux d’affirmer que dans le cœur des Béninois, les deux blocs actuellement représentés à l’Assemblée nationale sont les plus représentatifs. Alors, devant autant de défis d’affirmation, les communales et les municipales de 2020 nous diront qui pèse combien. Mais avant, l’heure est pour les uns, aux stratégies pour démontrer que sans un heureux hasard, on peut être aussi grand pour avoir un maximum d’élus et pour les autres, pour définitivement se réaffirmer politiquement et tourner les regards vers une possible alternance l’année prochaine.

2020 avant 2021
Ce qui est sûr, les communales et les municipales qui se tiendront en mai seront d’un grand enjeu pour les partis qui sont absents à l’Assemblée nationale et qui ont besoin des maires pour rassembler les 16 parrainages nécessaires pour se présenter à la présidentielle de 2021. A ce niveau, au vu de ce qui se dessine, des combinaisons des élus issus de différentes formations politiques pour soutenir une candidature ne sont pas à exclure. Et dans ce méli-mélo, c’est l’opposition radicale qui ne peut compter que sur elle-même, qui a tout à gagner.
De toute façon, les législatives exclusives de 2019 sont derrière nous et les élections communales et municipales de mai 2020 seront tout sauf une partie de plaisir. Les acteurs politiques en sont conscients et pour la conquête d’un électorat de plus en plus frileux, il n’y a pas de temps à perdre. Alors, à chacun ses armes et son discours. Les urnes sont impatientes de nous dire qui sont les plus convaincants.





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