Municipales et communales de Mai 2020 : L’aspect 10%, l’autre challenge aux listes en compétition

Angelo DOSSOUMOU 29 janvier 2020

Municipales et communales du 17 mai 2020. Le compte à rebours a commencé. Après la convocation du corps électoral par le chef de l’Etat, les ambitions pour briguer les sièges de conseillers municipaux et communaux dans les différents arrondissements sur l’ensemble du territoire national sont décuplées. Dans les états-majors des partis politiques, les tractations, les stratégies à peaufiner et les opérations de charme à l’endroit de l’électorat vont bon train. Mais si tout ce déploiement d’énergie par les formations politiques est dans l’ordre des choses à l’approche de tout scrutin, l’aspect 10% à réunir avant d’avoir voix au chapitre dans la gouvernance à la base est un facteur inédit qui impose des méthodes à l’antipode des habitudes développées par le passé.

En effet, d’après les articles 242 et 288.3 du code électoral, l’attribution des sièges aux différentes listes en compétition pour les législatives et les communales est conditionnée par l’aspect récolte des 10% au moins des suffrages valablement exprimés au plan national. Et quand on sait que dans le starting-block du prochain scrutin, ils seront plus de 4 partis à solliciter les suffrages des populations, alors tout est réuni pour un match où les menus fretins n’auront pas droit de cité. D’ailleurs, suivant la cartographie politique actuelle, les partis pouvant se targuer d’une implantation au plan national sont peu nombreux.

Guerre sans merci pour survivre

A l’évidence, à part les deux grands blocs de la mouvance présidentielle à savoir le Br et l’Up, le parti Fcbe si ses membres arrivent à regarder dans la même direction et dans une moindre mesure le Prd, le scepticisme sur la capacité des autres partis reconnus et en voie de reconnaissance ne serait pas exagéré. Sinon, de l’Udbn en passant par la Dud, les Fcdb, Moele-Bénin, le parti de la Flamme renouvelée sans oublier le Gsr et le Per, la cacophonie des ambitions au niveau des formations politiques légalement reconnus mais moins cotées sur l’échiquier national peut être une aubaine pour les mieux implantées. En plus, sans doute pressé par l’échéance du 17 mai 2020 et lassé d’une résistance qui ne fait plus recette, Restaurer l’espoir, en attendant peut-être le Pcb et l’Usl, s’active pour régulariser sa situation juridique et rejoindre le rang des prétendants aux sièges des conseillers municipaux et communaux.
En somme, pour une bataille où le paramètre 10% est visiblement un tamis pour jeter les poids plumes aux oubliettes, quand on n’est pas sûr de son fait, l’aventure du 17 mai prochain s’avère périlleuse. Autrement, le bureau politique du Prd, par exemple, ne se serait pas jeté corps et âme ces dernières semaines pour sillonner monts et vallées afin d’être à la hauteur du défi électoral qui l’attend. Pareil pour les deux grands blocs de la majorité présidentielle au sein desquels, pour faire le plein de confiance dans la perspective du prochain scrutin, tous les coups sont permis. De surcroît, lors des législatives de 2019, à eux deux, ils n’ont pas pesé mieux que 30% des électeurs. Alors, malgré l’apparent avantage qu’ils ont actuellement sur leurs adversaires, la vérité des urnes peut tourner autrement.

La fin justifie les moyens

En fin de compte, pour les partis légalement reconnus et qui sont dans l’optique de s’engager dans la course aux municipales et aux communales, il est clair que sans possibilité de réunir les 10% du suffrage exprimé sur l’ensemble du territoire national, ce serait tout simplement aller à l’aventure. De ce fait, avant de mesurer par eux-mêmes au lendemain du 17 mai prochain leur force et leur place sur l’échiquier politique national, l’heure est à l’exposition des muscles. Heureusement, que dans le secret de l’isoloir, des choix seront opérés et, chacun en saura plus sur la cartographie réelle post réformes du système partisan au Bénin.
En attendant, une réalité saute à l’œil : la vis pour briguer des sièges dans les hôtels de ville et au Palais des gouverneurs est très resserrée. Et donc, libre aux partis politiques en compétition de ne pas se rater et de convenablement faire leurs emplettes sur le terrain. De toute façon, avec les réformes politiques qui implique l’aspect 10% mais aussi la non possibilité d’alliance de partis pour la bataille à venir, il était dit et écrit que dans la cour des grands, les canards boiteux n’auront plus leur place. Par conséquent, ceux qui, jusqu’ici et en dépit de tout, ne l’ont pas encore compris, l’apprendront en mai prochain à leurs dépens.





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