Orientation sociale sur nécessaire fond de justice sociale : cri de détresse et appel au chef de l’Etat au nom de la solidarité

23 juin 2021

Après une première mandature de développement à pas de charge et tous azimuts, il fait bon s’occuper un peu plus de l’humain et des problèmes que rencontrent les citoyens dans leur vie de tous les jours. C’est la nouvelle stratégie du gouvernement à laquelle il revient à tous les citoyens de contribuer au mieux.

Dans une récente réflexion portant conditions d’efficacité de la nouvelle orientation sociale de la politique du chef de l’Etat, nous avons exprimé l’idée que la résolution des problèmes sociaux en instance en était une ; et nous demandions humblement à sa Haute Autorité de bien vouloir nous permettre d’exposer dans une prochaine réflexion, la situation des arriérés salariaux de certains de ses agents ayant servi dans les postes diplomatiques à une époque donnée et actuellement à la retraite professionnelle.

Pourquoi avons-nous sollicité cette autorisation préalable au Père de la nation ?
Ce n’est pas par voie de presse que l’on recourt habituellement à la bienveillance du chef de l’Etat ; c’est par le truchement d’une audience privée. Qui peut être au fait de ce principe mieux que ceux-là même qui ont eu la lourde charge de représenter en toute responsabilité, le Président de République hors de nos frontières ou qui y ont contribué ; qui mieux qu’eux peut comprendre que le chef de l’Etat a des Ministres et qu’il appartient à ces derniers de régler les problèmes d’ordre administratif des citoyens ? Qui plus qu’eux peut se sentir aussi mal à l’aise de se voir obligés d’entreprendre la démarche que nous menons publiquement en sa direction ? Mais il est un fait que sa Haute Autorité est le dernier recours de tous citoyens lorsqu’ils ont fini de tout essayer pour recouvrer leurs droits légitimes et que tous leurs efforts sont restés vains. Que leur reste-t-il à faire lorsqu’ils ont fini de frapper aux portes de leur Ministère de tutelle qui n’est autre que celui des Affaires Etrangères et de la Coopération, à celles du Ministre des Finances, a celles du Médiateur de la République, à celles du Président de l’Assemblée nationale ? Que faire d’autre alors qu’ils sont allés jusqu’à obtenir de leurs épouses qu’elles mènent le combat avec eux en sollicitant le concours des personnes susceptibles d’avoir l’écoute du chef de l’Etat et, qu’en définitive, ils n’ont pu obtenir une audience avec sa Haute Autorité ? Que faire d’autre alors que, dans le cadre d’un dialogue social, nous avons entrepris des échanges avec la CGTB afin de permettre une audience responsable avec le Ministre des Finances ? Que faire de plus, quand l’on a ainsi fini de tout essayer aussi bien sur le plan administratif, le plan politique, le plan syndical que sur celui de la médiation, sans succès ? C’est ainsi que nous avons jugé opportun de prendre le peuple à témoin et de solliciter son soutien moral auprès du Président de la République dans cette période où la mandature a amorcé une étape plus sociale et où la solidarité citoyenne et nationale devrait avoir le vent en poupe. Et, il faut bien dire que, tout compte fait, nous ne rougissons pas de solliciter publiquement la clémence du chef de l’Etat, d’autant qu’il n’est pas question d’une affaire privée, mais qui implique toute une frange de la population.

Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Eu égard à l’entité en cause. Il s’agit d’un ensemble d’environ 300 agents de l’Etat ayant servi dans les missions diplomatiques à l’étranger comprenant des ministres plénipotentiaires des affaires étrangères, des commis de chancellerie, des opérateurs radio, des chiffreurs et des attachés consulaires, ces derniers étant militaires de leur état.
Eu égard à la nature et à la teneur du problème. Il ne s’agit pas d’une revendication promotionnelle ; il ne s’agit pas d’une revendication de prime, pas plus que d’une revendication fantaisiste contestée par le Ministère des Finances ; tant s’en faut. Il s’agit tout simplement d’arriérés de salaires. L’Etat est redevable à ces personnes d’arriérés lorsqu’ils officiaient en poste à l’étranger ; et lesdits arriérés salariaux ne font l’objet d’aucune contestation susceptibles de refréner leur paiement ; ils ont été calculés en concertation avec les services compétents du Ministère des finances.
Comment s’expliquent ces arriérés ? A la suite de la prise des différents actes de reclassement et de promotion intervenus entre janvier et décembre 2003, les agents civils et militaires ont eu droit à des rappels. Malheureusement, les rappels des agents ayant servi dans le postes diplomatiques et consulaires durant la période sus-indiquée n’avaient pas été calculés en tenant compte des index de correction appliqués à leurs salaires du fait qu’ils étaient en mission à l’extérieur du Bénin. Cette situation avait engendré des moins perçus en leur défaveur ; et c’est là tout le problème.

L’écoute du chef de l’Etat n’a pas fait défaut
Il serait inconvenant et totalement irresponsable de laisser entendre que le chef de l’Etat est resté indifférent au problème lorsqu’il a été porté à sa connaissance. Il est vrai que le bureau de l’Association des Ambassadeurs et Ministres Plénipotentiaires à la Retraite n’a pas pu le rencontrer, mais il sait que le Président de la République a demandé aux services compétents de le renseigner davantage sur le sujet. Il ne serait, par ailleurs, pas honnête de laisser penser que les doléances des agents concernés datent du présent gouvernement. Il conviendrait de noter cependant que le précédent régime avait commencé à payer les arriérés en question en satisfaisant les attachés consulaires, militaires de leur état.

La sensibilité du problème
Les plaignants sont d’âge avancé et ont la nette impression qu’ils sont laissés pour compte. La chose devient triste et si dramatique lorsque l’on a la douleur de constater que bon nombre d’entre ces seniors s’en sont déjà allés sans percevoir ce que l‘Etat leur doit, laissant épouses et enfants dans les liens du besoin. Trois cent agents, c’est déjà une forte population et lorsque l’on prend en compte le nombre de citoyens que le problème que nous soumettons à sa Haute Autorité affecte en réalité, l’on devrait, pour le moins, quadrupler ce chiffre. Les plaignants se sentent abandonnés et délaissés. La corporation à laquelle ils appartiennent n’est pas encline aux actions d’éclat au risque de mettre le gouvernement en difficulté et d’entamer sa dignité et sa crédibilité sur la scène internationale ; au nom de cette dignité et de cette crédibilité, ils se sont faits violence pour ne s’adonner à aucun esclandre par respect pour le Président de la République. Ils ont trainé jusqu’à présent dans les bureaux s’arrachant les cheveux pour savoir comment s’y prendre pour ne pas éclabousser le pouvoir, mais ils n’en peuvent plus. C’est alors que, saisissant le vent du social qui oriente désormais la politique gouvernementale, nous avons jugé opportun d’attirer humblement l’attention de sa Haute Autorité sur le problème. Nous savons qu’elle sera sensible à notre cri de détresse, d’autant qu’à n’en point douter, les plaignants réinjecteront ce qui leur sera payé, pour important qu’en sera le montant, dans l’économie nationale. Nous lui en savons gré d’ores et déjà.
Ambassadeur Candide Ahouansou

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